Gel des moteurs exigé par Red Bull : la FIA ne cèdera pas au "chantage"

Fabien Gaillard
·3 min de lecture

Le départ de Honda de la Formule 1 après 2021 oblige à envisager toutes les possibilités qui peuvent s'offrir pour continuer dans la discipline reine tout en ayant le plus de chances de disposer d'un package suffisamment compétitif pour jouer les titres. Avec cette perspective, l'option privilégiée par la marque est de pouvoir racheter au motoriste japonais la propriété intellectuelle des unités de puissance afin de pouvoir les construire et les utiliser seule à partir de 2022.

Mais la condition sine qua non à une telle éventualité a vite été posée par le géant autrichien de la boisson énergisante : ne souhaitant pas se lancer dans la très coûteuse aventure de la conception et du développement de moteurs, d'autant plus que ceux-ci seront alors en fin de cycle puisqu'une nouvelle formule doit voir le jour en 2026 au plus tard, il faut qu'un gel réglementaire soit mis en place dès 2022.

Lire aussi :

Le rachat du moteur Honda par Red Bull est-il envisageable ?

Si Mercedes, par la voix de Toto Wolff son directeur exécutif, s'est déclaré en faveur d'un gel, Ferrari a montré plus de réticence ; des prises de positions qui peuvent s'expliquer, au-delà d'une divergence sur la vision globale de la Formule 1, par les situations sportives des deux constructeurs à l'instant T.

L'interrogation autour des unités de puissance promet d'être un chapitre important de l'actualité des prochains mois et des prochaines années, avec les échéances 2022 et 2026 en tête, et la nécessité pour la discipline d'avancer pour garantir son attrait, sa pertinence mais aussi sa survie sur le plan économique, tout en tentant de maintenir à son bord le maximum de participants pour éviter une crise.

C'est bien l'enjeu autour de Red Bull, qui détient deux écuries. "Il nous fait une décision d'ici la mi-novembre", a asséné pour Motorsport.com Helmut Marko, conseiller spécial de la compagnie. "Notre projet ne marchera que si le développement moteur est gelé. Nous pouvons maintenir et construire des moteurs à Milton Keynes, mais nous ne pouvons pas les développer."

Interrogé par Auto Motor und Sport, Jean Todt, le président de la FIA, n'a pas manqué de renvoyer Red Bull à ses propres contradictions tout en indiquant clairement qu'il n'était pas question que la fédération soit l'objet d'un chantage sur ce sujet ou tout autre problématique. "En mai, Red Bull nous a dit qu'il ne devait pas y avoir d'arrêt du développement [des moteurs], sous aucun prétexte, car sinon Honda s'en irait. Désormais, c'est le contraire. Voilà à quel point les choses vont vite dans ce business."

"Je respecte chaque opinion et chaque requête, mais je ne vais pas me laisser être l'objet de chantage. Par quiconque. Les fabricants de carburant nous ont également menacés en disant qu'ils ne poursuivront que s'il y a une concurrence continue. Plus important encore, ils investissent leur argent dans le développement de carburants sans émission. En fin de compte, ce qui compte pour moi, ce sont les bons arguments, pas seulement les menaces."

Avec Christian Nimmervoll