Le Ghanéen Alexander Djiku veut «intégrer pour de bon» la sélection

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Le défenseur de Strasbourg, l'un des nouveaux visages du Ghana, a connu ses deux premières sélections face au Mali (0-3) et au Qatar (5-1) lors de la dernière fenêtre internationale. À 26 ans, il entend s'installer durablement chez les Black Stars.

RFI : Alexander Djiku, comment avez-vous vécu ce premier rassemblement avec l'équipe nationale du Ghana ?

Alexander Djiku : Ça s'est très bien passé ! On connaît l'ambiance de l'Afrique, on sait que les joueurs aiment bien rigoler, je n'avais pas trop de doutes sur ma capacité à bien m'intégrer. Je connaissais déjà certains joueurs comme Enock Kwateng (défenseur de Bordeaux), mais aussi les frères Ayew... Ils ont longtemps joué en France, on échangeait beaucoup. Dès que j'avais un problème ou une question, je passais par eux. Ça a vraiment facilité mon intégration.

Vous êtes binational, votre mère est française et votre père ghanéen. Est-ce une forme d'accomplissement dans votre carrière ?

J'ai toujours eu cet objectif de jouer pour le Ghana dans un coin de ma tête et la fédération me suit depuis mon passage à Bastia (2014-2017). Je me suis longtemps donné le temps de la réflexion mais, à 26 ans, j'arrive à maturité et c'est le bon moment pour accepter cette sélection. Avant, j'étais concentré sur ma carrière en club mais j'avais le sentiment que devenir international accompagnerait ma progression.

Vous avez donc été titulaire lors de la défaite face au Mali 3-0 puis contre le Qatar (victoire 5-1)... Quel bilan tirez-vous de ce rassemblement ?

C'est plutôt mitigé ! Mais il faut savoir qu'on était beaucoup de nouveaux joueurs, une douzaine au total... C'est vraiment un renouveau pour le Ghana. Le sélectionneur (Charles Akonnor) a convoqué beaucoup de jeunes qui évoluent en Europe... On savait donc que ça allait être difficile au début, notamment au niveau des automatismes, c'était la première fois qu'on se côtoyait. Heureusement, après le Mali, on s'est bien rattrapé face au Qatar et c'était bien de terminer sur une bonne note.

Cela doit être assez grisant de participer à cette nouvelle aventure...

On sait qu'il y a des joueurs cadres. J'évoquais un peu plus tôt les frères Ayew mais il y a aussi Thomas Partey. D'autres ne sont pas venus parce que c'était le moment pour le sélectionneur de faire des tests et je pense qu'ils seront de retour lors du prochain rassemblement. Je suis très content d'avoir rejoint ce groupe mais maintenant, à moi de travailler au quotidien pour y revenir et intégrer pour de bon la sélection.

Quels sont vos objectifs avec cette sélection ghanéenne ?

Dans un premier temps, il faudra évidemment se qualifier pour la CAN en 2022 et puis, pourquoi pas la gagner ? Les Black Stars sont souvent placés mais ils n'ont jamais remporté un trophée (ndrl : ils ont remporté quatre CAN mais la dernière fois, c'était en 1982). Ils ont été demi-finalistes (2012, 2013, 2017), en finale (2010, 2015), c'est donc un objectif majeur. Après, il faudra aussi penser à la Coupe du Monde en 2022. Je me souviens de leur épopée en Afrique du Sud en 2010 où ils avaient atteint les quarts de finale... Pourquoi ne pas refaire le même type de parcours ?

La situation est plus compliquée pour Strasbourg. Votre club est 18ème de Ligue 1 (3 points en sept journées). Comment-vous expliquez ces difficultés ?

On a eu une préparation physique tronquée à cause de l'épidémie de Covid-19. Dix joueurs ont été positifs, dont moi-même, ça nous a perturbés. On a perdu beaucoup de points depuis ce début de saison mais désormais, tout le monde a retrouvé ses moyens physiques. Franchement, il n'y a pas d'affolement, pas d'inquiétude particulière. Il faut juste ne plus calculer et gagner le plus de points possibles.

Et pour y parvenir, Strasbourg va pouvoir compter sur le Sénégalais Habib Diallo, transféré de Metz à la toute fin du mercato. C'est une arrivée bénéfique ?

Ah oui, c'est sûr ! C'est un attaquant très physique, il est très imposant devant, il a aussi une très bonne protection de balle et c'est surtout un redoutable finisseur. L'année dernière, il avait inscrit 12 buts en Ligue 1, j'espère qu'il en fera de même avec nous ! Mais je n'ai pas beaucoup de doutes. Avec ce renfort, on retrouvera l'efficacité offensive qui nous fait défaut.

(Entretien réalisé avant la 7ème journée de Ligue 1. Strasbourg s'est incliné 3-2 à domicile face à Lyon malgré un but du Sénégalais Habib Diallo)