Gilles Simon après sa victoire contre Taylor Fritz : « Demain, je sais que je ne pourrai plus marcher »

Gilles Simon était exténué après son match contre Taylor Fritz. (P. Lahalle/L'Équipe)

À bout de forces, Gilles Simon a demandé à s'asseoir sur une chaise haute pour répondre aux premières questions en zone mixte après sa victoire trois sets et 3h06 face à Taylor Fritz. Les traits tirés, il a refait le film de sa victoire avant d'aller embrasser les siens en boitant bas.

« Dès le premier point du match, on a senti que vous êtes rentré dans la tête de votre adversaire...
Je pense qu'il y avait aussi un contexte particulier. Forcément lui doit jouer le Masters vu son classement (9e à la Race). Ce sont des situations très dures. Tous les joueurs en course pour le Masters en fin d'année à Bercy savent que ce n'est pas simple. Finalement contre moi, c'est un bon tour pour lui. Il a quand même une bonne opportunité même s'il sait aussi que ça va être dur et que le public sera prêt à lui gueuler dessus dès qu'il va rater.


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C'est logique qu'il soit tendu comme ça en début de match. En même temps, derrière il a eu une attitude incroyable, il n'a pas dit un mot, il s'est battu jusqu'au bout. Mais on est là pour faire du mieux possible, c'est tout le respect qu'on se doit et on s'est fait une grosse, grosse bataille. Au troisième set, je ne pense qu'à tenir le score et finalement je vois que lui aussi commence à fatiguer. Je donne tout ce qui reste et c'est passé.

De quoi vous donner des regrets d'arrêter ?
Comme je l'ai dit, mon classement (188e) reflète mon niveau de jeu. On a tendance à l'oublier parce que je fais un bon Roland ou que je joue bien ici alors on me dit mais pourquoi tu arrêtes ? Mais vous ne vous rendez pas compte de ce que ça demande comme effort de pouvoir juste faire deux matches alors que demain (jeudi) je sais que je ne pourrai plus marcher.

Le tennis ce n'est pas ça, c'est enchaîner les tournois pendant 52 semaines or je sais qu'à l'issue ce Bercy je ne pourrai pas jouer pendant quatre ou cinq semaines. Ça a été ma vie ces deux-trois dernières années, c'est pour ça que j'ai décidé d'arrêter. Voilà, j'essaye de choisir mes moments, mes tournois. C'est ma dernière année. Forcément j'avais de gros objectifs sur Roland et ici, des grosses inquiétudes aussi d'être au niveau. Je suis content de voir que j'arrive à tenir le niveau si je me prépare même si je sais la tonne d'efforts que ça demande.


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Vous avez dit sur le court vous être senti seul au début du 3e set mais toute la salle était derrière vous...
Quand je dis que je me sens seul, c'est parce que j'ai raté une belle occasion de finir en deux sets. Je sais qu'il faut être très chanceux pour gagner ensuite ce genre de match. Ce n'est plus seulement bien jouer, car lui aussi a des balles de break dans la raquette. Une balle qui sort d'un rien, mais si elle rentre il y a break, ça fait 4-2, ça défile et puis c'est fini. Donc voilà je sais qu'il y a un moment, c'est moi qui suis dans sa raquette plus que l'inverse.

Je sais que j'ai mal partout ; je sers, je n'ai plus de dos ; dès que je frappe un coup droit, j'ai plus de hanche ; j'ai les appuis en l'air, j'ai mal à la fesse, ça devient très compliqué... Mais voilà, je me dis à un moment que je suis encore là : ''Profites-en c'est ton dernier match, bah si t'as mal partout, si tu ne peux plus jouer, tu peux plus jouer, c'est pas grave donne tout ce qu'il te reste.'' Et puis tu lèves la tête, tu fais un point gagnant, les gens sont là, t'en fais un deuxième, les gens s'enflamment et tu te dis ''ah tiens ça peut peut-être repartir''. Et voilà ça revient comme ça. »


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