Gilles Simon : « Je n'ai jamais cherché de reconnaissance »

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Gilles Simon est revenu samedi, lors d'une longue conférence de presse après sa défaite contre Marin Cilic au troisième tour, sur son dernier Roland-Garros, qu'il n'aurait jamais pu imaginer si réussi, et sur sa carrière, à laquelle il mettra un terme en fin de saison.

« Sur le court, vous avez évoqué des « grosses joies » et des « grosses frustrations » à Roland-Garros. Quand avez-vous senti que les frustrations prenaient le pas sur les moments de joie ?
Pour moi, c'est un mécanisme très simple : tu arrives à Roland-Garros, tu as envie de bien jouer et de bien faire. Les gens croient toujours - parce que c'est un peu ce que vous écrivez souvent, alors que ça n'a aucun rapport - que c'est parce qu'on est attendus. « Ah les Français, on les attend à Roland », mais moi, je sais bien que personne ne m'attend à Roland. Il n'y a pas un Français qui s'est levé en se disant : « il y a Gilles Simon, il va peut-être gagner à Roland cette année, c'est parti ». Non, ce n'est pas cette pression-là. C'est celle que je me mets.

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C'est un truc que tu ressens et ce truc peut tourner de deux façons : soit ça passe et tu sens une espèce de force qui vient, un truc ultra-positif, un public prêt à partir, et des émotions que tu n'auras nulle part ailleurs finalement. C'est là où on parle d'alchimie, un truc qui se passe. Soit c'est l'inverse : tu as envie de bien faire, ça ne passe pas, tu es tétanisé, tu vois le match défiler. J'en ai un en tête : (Salvatore) Caruso (défaite de Simon en trois sets au deuxième tour du tournoi, en 2019). Tu sors avec une espèce de rage en te disant « je ne l'ai pas senti arriver, je me sentais bon, prêt, je n'avais mal nulle part, j'étais au top ». C'est dur, mais tu apprends énormément sur toi-même.

« Ce Roland-Garros, ça reste un miracle, tellement improbable, que je n'en reviens pas. Je suis heureux de l'avoir fait »

Qu'auriez-vous répondu, il y a un mois, si on vous avait dit que vous feriez troisième tour à Roland-Garros ?
Je sais ce que représentent cinq sets sur terre battue, physiquement. Je sais que quand j'étais au top de ma forme, c'était déjà une grosse inquiétude pour moi, parce que cette surface me demande énormément d'efforts. C'est une surface où mon manque de puissance se ressent un peu plus. Il faut frapper beaucoup, s'engager beaucoup. Déjà, quand j'étais très en forme, c'est un tournoi où je savais que je pouvais cramper beaucoup plus qu'ailleurs.

Dernièrement, en Challengers, sur des matches en trois sets, quand j'arrivais au troisième de suite, je ne l'avais pas (physiquement). Ça participe à la décision de se dire : « c'est la dernière année. » Par contre, j'ai appris beaucoup cette année en Challenger sur terre battue. Tu vois des mecs, ça fait cinq, six ans, ils ne font que de la terre. Tactiquement, des choses se sont débloquées - il n'est jamais trop tard pour apprendre ! Je me suis senti finalement mieux dans mes schémas et dans ce que j'avais envie de faire sur terre battue que toutes les autres saisons. Mais ça reste un miracle, tellement improbable, que je n'en reviens pas. Je suis heureux de l'avoir fait.

Question simple : aujourd'hui, êtes-vous heureux ou triste ?
Honnêtement, je suis très heureux. J'ai fait et mis tout ce que j'avais à mettre. Je ne peux plus bouger la hanche droite, mais ce n'est pas grave. Ça aurait dû être comme ça dès le premier tour. Je me sens juste extrêmement chanceux. Évidemment, j'espérais faire mieux. J'ai déjà fait mieux, surtout face à Marin (Cilic), mais je sais reconnaître quand un joueur a fait un très bon match. Je crois qu'il a fait trois fautes ! En tout cas, il n'en a pas fait assez !

Aujourd'hui, si je joue un adversaire aussi fort que lui qui fait ce match, je n'ai plus les armes pour lutter, et on retombe dans une logique de classement et de résultats des semaines passées. Ce n'est pas vraiment une surprise pour moi et ça ne me rend pas triste. Je l'avais toujours dans un coin de la tête. J'avais une crainte du ridicule, parce que si c'est le premier tour et que tu es à 6-0, 2- 0, tu es seul sur le terrain, tu n'es pas bien. Là, ça tombe finalement sur un troisième tour et ce n'est pas grave.

« Jo, Richard, Gaël, ils sont exceptionnels, chacun à leur manière. Je pense que moi, je suis plus normal. Donc je suis un peu dans l'ombre de ces joueurs. Ça me va très bien »

Estimez-vous avoir eu une reconnaissance à la hauteur de votre carrière ?
Je n'ai jamais cherché de reconnaissance. Je me suis toujours dit : « si je l'ai, tant mieux, sinon, je survivrai. » On m'en a souvent parlé, parce que je fais partie d'une génération de joueurs qui étaient extrêmement charismatiques pour le coup, chacun dans des styles différents ; chacun incarne presque un personnage de bande dessinée. Que ce soit Jo, Richard, Gaël, ces mecs, dans la vraie vie, ils n'existent pas. Ils sont exceptionnels, chacun à leur manière.

Je pense que moi - je ne sais pas si ça veut dire quelque chose -, je suis plus normal ; donc, je suis un peu dans l'ombre de ces joueurs. Ça me va très bien, parce que dans ma personnalité, ce n'est absolument pas un problème. Sur le terrain, j'ai essayé de faire du mieux possible. J'ai essayé de gagner le plus de matches possible. C'est ce qui m'a habité toute ma carrière. C'est ce que j'ai essayé de faire. Si je suis reconnu pour ça tant mieux, sinon, tant pis. Je suis en tout cas à l'aise avec ce que j'ai fait. »

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