Sur le Giro, il suffira d'une étincelle pour Arnaud Démare

Arnaud Démare, après une préparation en Sicile, se sent prêt à faire de grandes choses sur le Giro 2022. (Étienne Garnier/L'Équipe)

Revenu d'un long stage en altitude, Arnaud Démare débarque sur le Giro, qui débute ce vendredi, avec un train au grand complet et beaucoup d'envie. Le sprinteur n'a pas encore gagné en 2022 mais ne s'en formalise pas.

Le 17 avril, pendant que les meilleurs Flahutes du peloton s'écharpaient sur les secteurs pavés poussiéreux de Paris-Roubaix, Arnaud Démare (30 ans), qui n'avait jusqu'alors manqué qu'une seule édition de l'Enfer du Nord (en 2016, pour cause de blessure), regardait la neige tomber depuis un refuge posé sur les flancs de l'Etna. « En une journée, il est tombé quinze centimètres, c'était lunaire, raconte-t-il. Le lendemain, tout a fondu. Les jours suivants, on se serait crus en été. »

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Le Picard ne s'est pas exilé pendant quinze jours à 2 000 mètres au-dessus du niveau de la mer pour prendre le soleil en Sicile, mais pour effectuer un intense stage d'entraînement en altitude, accompagné d'un équipier (Ramon Sinkeldam), d'un entraîneur (Anthony Bouillod), puis d'un kiné et d'un nutritionniste le temps de quelques jours, afin de préparer au mieux le Tour d'Italie. S'il a été choqué par l'état déplorable des routes, le comportement des automobilistes et le peu d'attention porté au ramassage des déchets sur l'île, il juge avoir effectué « un solide bloc de travail » et s'estime « dans une bonne forme physique ».

Arnaud Démare

« J'ai vraiment de bonnes jambes »

« En fait, je me sens bien depuis le début de l'année, j'ai vraiment de bonnes jambes, mais parfois, on peut se sentir bien et ne pas réussir à faire ce qu'on veut : c'est comme ça, c'est le vélo », déplore-t-il, fataliste, lui qui n'a pas levé une seule fois les bras cette saison. Les responsabilités de cette entame piano sont partagées. Son train n'a pas toujours été à la hauteur, souvent diminué (Covid, bronchites), ce qui n'excuse pas tout : « De mon côté, reconnaît-il, je n'ai pas réussi à mettre en place le plan B pour faire sans eux quand il le fallait. » Résultat : malgré une forme encourageante à Milan-San Remo (10e), il n'a gagné aucun sprint à l'UAE Tour et à Tirreno-Adriatico (une 2e place derrière Caleb Ewan) et reste sur un petit fiasco à la Route Adélie (30e), début avril. Depuis, il n'a plus couru.

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En apparence, Démare ne semble aucunement affecté par sa période de disette. Il rappelle qu'il était arrivé sur le Giro 2019 dans la même situation et qu'il y avait pourtant remporté une victoire et même failli ramener le maillot cyclamen (vainqueur du classement par points) ; l'année suivante, en état de grâce, il avait raflé quatre succès, record de Bernard Hinault égalé sur l'épreuve. « C'est un bon souvenir mais c'est aussi presque du stress en plus, souligne-t-il. Refaire ce que j'ai fait cette année-là... c'était quelque chose d'exceptionnel. Là, je veux repartir étape par étape. »

Face à Mark Cavendish et Caleb Ewan (mais pas Tim Merlier, forfait), le triple champion de France aura deux adversaires de renom auxquels se mesurer avec son train au complet. S'il a profité de son séjour sicilien pour reconnaître la 5e étape entre Catane et Messine, il était hier entièrement tourné vers l'arrivée du jour à Visegrad, qu'il imaginait moins roulante avant la reco matinale. En attendant le déclic, Démare avance masqué et ses rêves se teintent de rose.

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