Giro - Les tops et les flops du Giro 2020

L'Equipe.fr
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Le pouvoir aux jeunes, la domination de Démare, l'échec de Nibali ou les conséquences du Covid-19 dans le peloton, voici les tops et les flops de ce Giro 2020 remporté dimanche par Tao Geoghegan Hart. Une nouvelle vague sans complexe Un mois après la victoire de Tadej Pogacar (21 ans) sur le Tour de France, la nouvelle vague du cyclisme mondial a déferlé sur le Giro. Habituel lieutenant de Remco Evenepoel, Joao Almeida (22 ans) a enfilé le maillot rose pendant 15 étapes. Le jeune Portugais a épaté le peloton pour sa première saison complète chez les pros. Sa résilience et son punch ont donné un coup de fraîcheur à ce Tour d'Italie. Trop juste sur les pentes du Stelvio, Almeida a passé le flambeau à deux autres jeunes grimpeurs : Tao Geoghegan Hart (25 ans) et Jai Hindley (24 ans) qu'on n'attendait pas à ce niveau. Leur duel en haute altitude a offert un beau suspense à ce 103e Giro avant que le chrono de Milan ne les départage. Les trois hommes devront confirmer les promesses de l'automne en 2021 et cette fois, ils seront attendus. Le coup de poker de Peter Sagan Sevré de victoires en 2020, Peter Sagan avait comme un compte à rebours au-dessus de la tête pour mettre fin à cette inhabituelle disette. Le triple champion du monde s'est cassé les dents à trois reprises sur Arnaud Démare et une sur Diego Ulissi, et ce compte à rebours a commencé à virer au rouge. Mais, Sagan est un coureur spécial et il l'a rappelé sur la 10e étape. Les 177 kilomètres entre Lanciano et Tortoreto ont été éclaboussés de la classe du Slovaque. Oubliés les sprints massifs, c'est en attaquant qu'il a brisé sa série noire de 2020. Sur un parcours hérissé de nombreuses petites côtes, Sagan n'avait pas les faveurs des bookmakers. Mais le Slovaque a résisté dans l'ordre aux Groupama-FDJ décidés à le reprendre puis à la bataille entre favoris pour lever les bras seul au terme d'une performance majuscule. La domination d'Arnaud Démare Quatre sprints massifs, quatre victoires. Sur ce Giro comme depuis la reprise, Arnaud Démare était sur un petit nuage. Trop puissant et trop bien entouré, il était simplement intouchable sur les routes italiennes. Et cette fois, la tunique cyclamen ne l'a pas quitté jusqu'à Milan. Avec 14 victoires en 40 jours de course depuis la reprise, Démare est dans la forme de sa vie. On regrettera juste qu'il n'ait pas pu batailler trois semaines avec Caleb Ewan, Sam Bennett et Wout Van Aert sur le Tour de France.

L'étape du Stelvio
Les amoureux de vélo ont croisé les doigts très fort pour que la neige ou le froid ne prive pas le peloton d'une ascension du Stelvio. Ces prières ont été entendues et le monstre des Dolomites a comme prévu éparpillé les coureurs et relancé la bataille au classement général. Livré à lui-même dans les lacets enneigés, Almeida a cédé tandis que Geoghegan Hart et Hindley, dans la roue de Rohan Dennis, se sont envolés pour commencer à croire, très fort, à la victoire finale. Elia Viviani passe à côté Un sprinteur est jugé sur ses victoires et le compteur d'Elia Viviani restera bloqué à zéro en 2020. Recrue phare de Cofidis, le sprinteur transalpin n'avait jamais vécu cela chez les professionnels. Sur les routes italiennes, il disposait de quatre cartouches, quatre occasions d'enfin lever les bras. Toutes ont manqué le coche, et plutôt largement : un seul top 5. Pire, son poisson-pilote Simone Consonni a signé le meilleur résultat de l'équipe nordiste avec une quatrième place sur la 11e étape. L'ancien champion d'Europe devra se racheter en 2021. Les traces du Covid-19 Un test positif et dehors : le coronavirus a fait figure d'épée de Damoclès du départ du Giro en Sicile à son arrivée à Milan. Si les 21 étapes ont eu lieu, le Covid-19 a laissé sa marque sur ce Tour d'Italie automnal. Le virus a tour à tour renvoyé Simon Yates, Steven Kruijswijk ou encore Michael Matthews à la maison ainsi que les équipes Jumbo-Visma et Mitchelton-Scott. Le grimpeur néerlandais aurait-il pu s'inviter dans la course au maillot rose ? Michael Matthews aurait-il pu gagner une étape ? On ne le saura jamais et seuls 133 coureurs ont fini ce Giro pas comme les autres. Vincenzo Nibali décevant Comme d'habitude, le Requin de Messine portait les espoirs des tifosi sur ses épaules. Sur le podium des six derniers Giro, Nibali était l'assurance tout risques du public italien. Mais cette fois, le double maillot rose (2013, 2016) est passé à côté. Largué à plus d'une minute, puis deux du surprenant Joao Almeida, le Sicilien et son équipe promettaient un feu d'artifice en troisième semaine. Avec Piancavallo, le Stelvio ou Sestrières, les organisateurs avaient rempli son kit de munitions. Autant d'ascensions qui se sont transformées en pétards mouillés, Nibali a vu de (très) loin la bataille pour le maillot rose. Sa 7e place finale est presque comme une anomalie dans son palmarès si riche.