Giroud et les girouettes


Olivier Giroud aurait fait taire les critiques après ses deux buts inscrits devant le Luxembourg. Le débat reste pourtant ouvert. Mais pourquoi Didier Deschamps le défend-il à ce point ?

Olivier Giroud célèbre son second but de la partie (et son 23e en équipe de France) en chambrant ses détracteurs. (Photo : Associated Press)

Il nous arrive, parfois, de participer à ces débats aussi bruyants que radiophoniques qui nous rappellent ces chaudes discussions de vestiaires après l’entraînement frisquet du mardi soir au Stade des violettes.  Cette semaine, ça discutait fort sur le cas de Giroud qui aurait un passe-droit en équipe de France. Défendre l’ancien avant-centre de Tours et Montpellier revenait à passer pour un ringard ou un aveugle. 

De plus, vous aviez forcément tort car toutes les consultations Internet visaient, à une écrasante majorité, à l’écarter du onze de départ au profit de qui vous voulez… sauf lui ! Quand l’opinion publique, les réseaux sociaux et les spécialistes du café des sports s’allient, il faut être sélectionneur basque pour résister aux vents qui font tourner les girouettes. 

Avant le match contre le Luxembourg, le “football circus” s’interrogeait sur l’opportunité de titulariser le grand Olivier Giroud à la pointe de l’équipe de France, et ce d’autant que le jeune (et talentueux) Kylian Mbappé débarquait à Clairefontaine. Il était en forme, le prodige de Bondy. Il devait débuter. Lui, de son côté, il ne revendiquait rien.

De même, les confessions sincères de Karim Benzema au micro de Christophe Dugarry renforçaient les doutes et le scepticisme autour de la présence du grand avant-centre d’Arsenal (1,90 m), aussi souvent remplaçant que blessé dans son club anglais. A 30 ans, il n’avait été titulaire que 12 fois depuis le début de la saison pour 28 matchs disputés. Il avait inscrit 12 buts. Benzema, lui, continuait de briller à la tête du grand Real Madrid et de se construire un palmarès et des statistiques de grand champion. Un sentiment d’injustice flottait dans l’air…

Didier Deschamps, lui, a d’autres chiffres. Sur les dix-huit derniers mois, Olivier Giroud avait marqué 13 reprises en 21 sélections. Aucun tricolore n’avait fait mieux que lui. De plus, Antoine Griezmann s’est épanoui sur cette même période à ses côtés tant dans la construction du jeu que dans l’efficacité devant le but. En inscrivant deux des trois buts de la victoire face au Luxembourg, le football circus s’est rendu compte, par hasard, que le brave Giroud entrait dans le top 10 des meilleurs buteurs de l’histoire de l’équipe de France avec 23 buts en 60 sélections soit un ratio de 0,38 but par par match.

Bon, le débat n’est pas terminé. Il faut bien meubler cette semaine sans vrai rendez-vous de football. Sur ces 23 buts, 15 ont été marqués lors de rencontres amicales, écrivent, avec pertinence, les anti-Giroud. Cela dit, ils oublient les buts importants, également inscrits en compétitions internationales, comme le but face à la Roumanie en début d’Euro 2016, ou les déviations efficaces pour Griezmann. 

Au-delà de la bataille des chiffes, Giroud possède également un style d’attaquant pivot qui n’existe pas beaucoup dans notre football. C’est aussi un remplaçant bon camarade chez les Bleus chez lesquels il est devenu l’un des cadres forts du groupe de Deschamps. Malgré tout ça, Olivier Giroud devra une nouvelle fois convaincre lors des prochains matchs des Bleus car, la réalité est plus simple : il n’a pas la carte ! La carte de ces joueurs qui peuvent tout se permettre même d’être inefficace devant le but, mauvais sur le terrain mais impayable devant les micros et caméras. Giroud n’est pas bling-bling, comme Deschamps l’était en son temps. Ca créé des liens.       



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