Golf - EPGA - Abu Dhabi Championship : Gary Stal, cinq ans après

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Il y a cinq ans, Gary Stal remportait l'Abu Dhabi Championship. Cinq ans plus tard, le Français tente de trouver un nouveau souffle et s'inspire de cette victoire pour retrouver l'Élite le plus rapidement possible. C'est une victoire de prestige que s'est offert Gary Stal en janvier 2015. Lauréat de l'Abu Dhabi Championship devant Rory McIlroy et Martin Kaymer, le Lyonnais était revenu de nulle part le dernier jour pour finalement terminer seul devant. Quelques semaines après sa victoire, le Français nous racontait sa folle semaine :
« Journal du Golf : un mois après la victoire, c'est toujours un truc de dingue, ce scénario de victoire ?
Toujours ! Treize trous à jouer et dix coups de retard sur Martin Kaymer, double vainqueur de Majeurs. Honnêtement, tu ne peux pas penser que le mec va "vendanger" ainsi la partie. Au 12, je venais d'enchaîner quatre birdies et j'étais -6 pour la journée, bien parti pour la 2e place. Je regarde le leaderboard, avant mon putt de 15 m, et je vois Kaymer passer de -23 à -20, juste deux coups devant moi ! Un bogey contre un birdie suffisait juste alors à le rejoindre. Je me suis dit de rester naturel, je tapais bien, puttais bien et mes longues cannes partaient nickel. Il suffisait juste de continuer. Et deux trous plus tard, triple-bogey de Kaymer, qui n'avait pourtant pas fait un bogey de la semaine (deux le jeudi, en fait, ndlr) ! Je me retrouve en tête du tournoi, devant lui et Rory McIlroy. Où avez-vous trouvé les ressources mentales pour finalement vous imposer ? Sur un tournoi si important, qui plus est...
C'est marrant, car le dimanche à Abu Dhabi, je me suis souvenu que j'avais toujours réussi à gagner mes tournois sur le Challenge Tour, après avoir mené. Cette capacité à aller au bout m'a rassuré quand j'ai pris la tête devant Kaymer. Sur la deuxième division j'avais beaucoup plus de pression, je partais de zéro. À Abu Dhabi, j'étais dans ma sphère, rien ne pouvait me gêner, j'avais l'impression de pouvoir faire birdie sur tous les trous. Je me sentais à l'aise, tout simplement, et toutes mes victoires depuis les rangs amateurs m'ont servi. Gary Stal «Rory m'a tendu la main, m'a félicité, mais c'est aussi le numéro un mondial qui venait de finir deuxième... Que veux-tu lui répondre ? Dans ces moments-là, tu peux juste dire "merci"» Lorsque vous avez croisé Rory McIlroy, juste avant la remise du trophée à Abu Dhabi, vous n'aviez pas vraiment les mots pour répondre à ses compliments ?
Rory, tu sens bien qu'il est cool, tu as tellement envie de lui parler. Il ne se prend vraiment pas pour une star et n'en rajoute pas sur son statut de numéro un mondial. Il a 25 ans, on est presque de la même génération et on doit avoir plein de choses à se dire. Mais je n'ose pas, déjà parce qu'il est au sommet et aussi car mon anglais n'est pas au top pour tenir une discussion. Et puis les situations sont parfois compliquées : quand je l'ai croisé dans le couloir qui menait au green du 18, j'avais envie de lui parler, mais je n'ai pas su quoi lui dire. J'étais abasourdi par la victoire. Rory m'a tendu la main, m'a félicité, mais c'est aussi le numéro un mondial qui venait de finir deuxième... Que veux-tu lui répondre ? Dans ces moments-là, tu peux juste dire "merci". Idem pour Kaymer, le mec vient de vendanger le tournoi, je n'allais pas lui dire : "merci, c'est cool de m'avoir laissé le tournoi." » Alexander Levy, qui partageait votre partie, nous a dit au détour d'un fairway que le tournoi ne vous échapperait pas. Votre ex-coéquipier en équipe de France a été d'une sacrée aide, n'est-ce pas ?
On a parlé pendant tout le parcours, Alex a été vraiment cool avec moi. Peu avant le 9, il me demande mon programme des semaines à venir. Je lui dis que je compte notamment jouer l'Inde, ou en Afrique du Sud, histoire de gratter une place pour le British Open. Il m'a répondu : "Continue de jouer comme ça, et tu n'auras même pas besoin d'y aller." Ensuite, quand j'ai pris la tête, il a bien compris que la pression était forte et qu'il n'y avait pas besoin d'en rajouter. On a parlé de tout et de rien et voilà, il a été top tout le long. On frôle l'esprit d'équipe, dans des moments pareils. Est-ce un héritage de vos années amateur et du temps passé ensemble ?
On a bien rigolé, en équipe de France. On partageait les chambres d'hôtels, les stages, nous sommes vraiment devenus potes dans ces semaines-là, on fonctionnait presque comme dans un sport collectif. Avec Alex (Levy), Jérôme (Lando-Casanova) et aussi Victor (Dubuisson), on avait vraiment appris à se connaître. Grâce à la Fédé, on a pu vivre tous ces moments vraiment tops à travers le monde, que l'on n'aurait peut-être pas tous pu se payer. Je tiens d'ailleurs à les remercier. »

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