Golf - EPGA - Justin Rose : « Personne ne m'oblige à jouer un tournoi »

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Double vainqueur en titre du Turkish Airlines Open mais sur un parcours différent, Justin Rose revient à Antalya cette semaine. Le n°8 mondial en profite pour rouvrir le débat sur l'épaisseur des calendriers. « Vous êtes en course pour un triplé à l'Open de Turquie. Quelle importance donnez-vous à ce genre de record ?
C'est difficile de classer une performance comme celle-ci. Mais il faudrait d'abord que je remporte ce tournoi ! La pression sera obligatoirement un peu plus intense. Si j'y parviens, ce sera une première et un réel accomplissement pour moi. Le parcours ne sera pas le même cette année, puisque le tournoi revient au Montgomerie Maxx Royal après trois années sur le Regnum Carya. Appréciez-vous ce tracé assez boisé ?
Oui, je me sens vraiment bien ici. La météo bien sûr, chaude mais pas trop, mais surtout le style de golf que propose le parcours. On pourrait le comparer à Sotogrande, Valderrama, avec beaucoup d'arbres. J'adore le rough et les alentours du tracé, qui le rendent agréable à l'oeil. On verra ce que ça donne (sourire). Le calendrier s'étoffe un peu plus chaque année, surtout pour vous qui jouez sur le PGA Tour et le Tour européen. Quel est votre point de vue sur la question ?
C'est vrai que j'ai été assez critique vis-à-vis du calendrier des Majeurs cette année. Ils étaient beaucoup trop rapprochés, tous groupés, ce qui nous empêchait de les préparer de manière individuelle. La saison 2020 sera tout aussi riche, avec les Jeux Olympiques qui s'ajoutent, la Ryder Cup, la FedEx Cup... Tous ces tournois sont très importants. Et ils vont se jouer dans un mouchoir de poche, à la fin de l'été. Il va falloir faire des choix intelligents en début d'année... La différence avec les footballeurs, par exemple, c'est que nous sommes nos propres patrons. Personne ne m'oblige à jouer un tournoi. Donc si je prends des mauvaises décisions, je suis le seul responsable. Justin Rose « À force de vouloir jouer toute l'année sur un calendrier très chargé, on diminue peut-être nos chances de gagner... » Quelle importance revêtent les Jeux Olympiques à vos yeux ?
En trois mots : représenter son pays. Je pense que ma performance à Rio (médaille d'or, ndlr) s'explique par cette sensation extraordinaire que j'ai éprouvée à la cérémonie d'ouverture. J'ai vraiment ressenti quelque chose d'indescriptible. Dès que vous enfilez la veste de votre équipe nationale, vous êtes poussé à donner le meilleur de vous-même. Cela m'a donné une énergie folle pour m'imposer au Brésil. Avec ce calendrier chargé, imaginez-vous certains joueurs zapper des tournois du Grand Chelem ?
Non, je ne le conçois pas. Se qualifier pour le Masters est une chance tellement immense qu'il est impossible de passer à côté. Et n'oublions pas que tous, je dis bien tous les joueurs qui y vont, ont une chance de s'imposer. Je ne crois pas qu'on verra quelqu'un éviter un Majeur dans sa saison. Mais c'est une bonne question car à force de vouloir jouer toute l'année sur un calendrier très chargé, on diminue peut-être nos chances de gagner... Est-ce que les autres joueurs du haut niveau mondial partagent votre avis ?
Je vois et j'entends qu'ils ne sont pas satisfaits non plus de ce calendrier, mais il n'y a pas d'autre choix. Mentalement, tout le monde est dans la même situation. On va s'adapter, bosser différemment. Mais c'est vrai que jouer six, huit semaines d'affilée, tout en étant présent en Europe, c'est un casse-tête. Si je ne joue pas bien au HSBC Champions, par exemple, lorsque je reviendrai sur le PGA Tour mi-janvier, j'aurai 2000 points et 3 millions de dollars de retard. Il faut faire des choix, des sacrifices, et je ne suis pas le seul à le faire. Y a-t-il une solution pour sortir de ce schéma ?
Oui, bien jouer (sourire). Un bon jeu de golf est la clé de ce problème. Mon but, notre but dans ce grand calendrier, est de performer les bonnes semaines, dans les bons tournois. Si je veux faire franchir un cap à ma carrière, je dois gagner deux ou trois de ces grosses compétitions, celles qui peuvent tout faire basculer. Tout le reste, je l'ai plus ou moins fait. Mon objectif est de passer à la vitesse supérieure. »

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