Golf - Mag - Nicolas Colsaerts : «Le grip, c'est un peu comme les pneus d'une voiture»

L'Equipe.fr
L’Equipe
Usées, pleines de cornes, intelligentes, sensibles et surtout uniques relais entre le corps et le club, les mains des golfeurs pros ont une vie propre et des histoires plein les paumes. Celles de Nicolas Colsaerts lui permettent de balancer des missiles indécents, ont une peur bleue des couteaux et avouent une faiblesse pour les mottes de beurre en dehors du frigo.

Golf - Mag - Nicolas Colsaerts : «Le grip, c'est un peu comme les pneus d'une voiture»

Usées, pleines de cornes, intelligentes, sensibles et surtout uniques relais entre le corps et le club, les mains des golfeurs pros ont une vie propre et des histoires plein les paumes. Celles de Nicolas Colsaerts lui permettent de balancer des missiles indécents, ont une peur bleue des couteaux et avouent une faiblesse pour les mottes de beurre en dehors du frigo.

Usées, pleines de cornes, intelligentes, sensibles et surtout uniques relais entre le corps et le club, les mains des golfeurs pros ont une vie propre et des histoires plein les paumes. Celles de Nicolas Colsaerts lui permettent de balancer des missiles indécents, ont une peur bleue des couteaux et avouent une faiblesse pour les mottes de beurre en dehors du frigo.Attention, ça va trancher ! Nicolas Colsaerts : «Je ne prends pas vraiment soin de mes mains. Je fais quand même attention de ne pas traîner trop près de lames bien aiguisées. J'ai même une phobie des couteaux ! Je ne me suis jamais fait saigner les mains à l'entraînement, mais je les ai déjà eues dans un sale état. À l'époque j'avais des grips un peu puissants, pleins de grosses cordes qui râpaient quand on les prenait en hiver. J'ai de temps en temps les mains qui suintent un peu donc j'utilise soit du talc liquide, soit une sorte de mouchoir imbibé d'un truc qui colle super fort que j'ai trouvé il y a quelques années. Ça marche vraiment bien. Dès qu'il fait un peu chaud et que les mains peuvent glisser, c'est le top pour conserver un bon contrôle du club malgré la sueur qui peut se glisser jusque dans le gant.»Grip, crayon, même combat «J'ai utilisé tous les grips existants depuis mes débuts. J'ai commencé en baseball, j'ai passé un peu de temps en overlap et je suis en interlock aujourd'hui. J'ai juste dû faire un peu évoluer la position de mon pouce droit il y a dix ans, mais ça n'a pas bougé depuis. Je prends un club en mains comme on prend un crayon pour écrire dans un sens. Mon grip ne bouge pas et je n'y prête pas vraiment attention. Vous changez votre grip en fonction de votre crayon ? Vous faites attention à la façon dont vos doigts se mettent sur les stylos ? Moi non plus...»Fer 3 fin ou motte de beurre? «Les mains, c'est la partie du corps qui a le plus de rendu en provenance du club. C'est le premier lien avec mon club et donc le principal vecteur de sensations. Je ne sais pas si j'ai des mains plus sensibles que les autres, peut-être un peu... Mais c'est dans les mains que ça se passe chez moi. Tout le monde a déjà tapé un coup de fer 3 un peu fin en hiver et c'est plutôt dans les doigts qu'on le sent, pas vrai ! À l'inverse, un bon contact c'est comme un couteau dans une motte de beurre qui a passé vingt minutes à l'extérieur du frigo. Ça passe tout seul, c'est fin, c'est un peu gras même. Il y a juste ce qu'il faut de résistance, mais ça passe de façon très fine. C'est clair que c'est grâce aux mains qu'on ressent cette perfection du contact. Je n'ai pas de souvenirs précis de très bon contact... sûrement parce qu'il y en a beaucoup (rires) ! Ça tombe bien c'est mon métier.»Pneus contact et pistol grip «J'ai toujours des grips un minimum cordés. Je n'ai pas des pneus de motocross non plus, mais j'ai des semi-cordés. À l'époque j'avais des trucs qui accrochaient vraiment fort, mais je me suis calmé. Mes grips ne sont pas très épais, je dois avoir une couche de scotch seulement, question d'habitude. En revanche sur le putter, j'en ai un peu plus dans les doigts. C'est un grip de chez Odyssey tout simple, un classique de chez eux, au-dessous duquel j'ai entre 5 et 7 couches de scotch. Les gros grips qui sont à la mode, ce n'est pas pour moi... C'est avant tout une question de forme globale. J'aime bien avoir un peu plus de matière sur le haut du club pour ma main gauche, le fameux “pistol grip”, et surtout une zone de plat sur tout l'avant du grip.»Vérifier la pression «Je prête attention à la pression que j'imprime sur mon grip pour certains coups très particuliers. La plupart du temps ce sont des coups autour du green qui demandent des doigts un petit peu plus légers. Un petit chip bord de green qui nécessite un peu de spin, un petit lob fin très proche du bord du green, ce genre de situations. Le reste du temps, la pression est assez constante et sur une échelle de 1 à 10 je dois être entre 7 et 8. Ça peut descendre à 2 ou 3 sur ces fameux coups un peu plus fins. En revanche, plus je veux frapper et moins je vais serrer mon driver. C'est d'ailleurs une mauvaise conception assez répandue : ce n'est pas en serrant le manche comme un âne que ça va aller plus loin. Au contraire, plus on va serrer le grip et moins le club va passer vite. À l'inverse plus légères seront les mains, et plus on obtiendra ce petit truc bonus qui permet d'imprimer de la vitesse à l'impact. Perso, je ne change vraiment pas mon grip du tout pour en balancer une très loin. Je ne raffermis pas mon grip, je ne le triture pas, en fait. Le grip c'est un peu comme les pneus de voiture. C'est le lien direct entre le club et soi. Si on a des pneus pourris c'est foutu, si on a un grip pourri ça l'est tout autant. Et c'est aussi vrai pour une modification du grip : les sensations vont être différentes. Il ne faut surtout pas changer son grip selon le coup ou l'intensité qu'on veut mettre dans la balle.»

À lire aussi