Golf - Masters - Augusta : c'est qui le patron ?

L'Equipe.fr
Maîtriser le Masters, c'est dur. Une mission majeure passant par l'affrontement des éléments, puis de l'Augusta National et enfin le défi face aux meilleurs joueurs de la planète. Petit tour des prérequis.

Maîtriser le Masters, c'est dur. Une mission majeure passant par l'affrontement des éléments, puis de l'Augusta National et enfin le défi face aux meilleurs joueurs de la planète. Petit tour des prérequis.Le ciel dicte sa loiAvant de tenter de deviner le profil du vainqueur, voyons quel parcours sera proposé. Un début de printemps pluvieux et une violente tempête lundi ont bien mouillé l'Augusta National.On a d'ailleurs pu le constater ce mardi matin, le système de ventilation des greens tourne à fond pour tenter de sécher le sol.Un gros orage est encore prévu pour mercredi (35mm d'eau attendus !), laissant penser que le tracé du premier majeur de la saison restera souple. Donc à priori, le tracé géorgien sera long, mais plus facile à scorer que lors de l'édition 2016, gagnée en -5 par Danny Willett. En théorie...Le facteur X sera le vent. De fortes rafales sont prévues pour jeudi et vendredi (jusqu'à 60 km/h), avant un week-end plus calme et ensoleillé. Voilà qui pourrait compenser la souplesse du sol et empêcher le carnage signé par Jordan Spieth il y a deux ans. Après quatre tours aux conditions parfaites, l'Américain s'était imposé en -18, égalant le record de Tiger Woods.Taper bas pour viser hautEn prévision d'une première moitié de tournoi agitée, les joueurs ont sorti leur panoplie de British Open. Ce mardi au practice et malgré une matinée calme, ce fut un récital de balles basses, où les surpuissants Dustin Johnson et Thomas Pieters ont fait merveille avec leurs longs fers frappés à mi-hauteur.Rickie Fowler explique le challenge : «Quand le vent souffle ici, tout le parcours est plus dur car il y a beaucoup d'arbres pour nous isoler. Parfois, il y a des rafales puis, plus rien. Taper bas peut aider, mais ce sont les meilleurs frappeurs de balle qui s'en sortiront le mieux.»Le souvenir du venteux 3e tour de l'an dernier (50 km/h de vent sur sol dur, 75 de moyenne et 4 joueurs sous le par), semble avoir laissé de sacrés traumatismes. Une bonne façon de rappeler qu'à Augusta, les patrons sont avant tout le ciel et le parcours.DJ, boss bientôt maîtrePeu importe les conditions, Dustin Johnson est le favori du Masters 2017. Normal, il est numéro un mondial et débarque sur Magnolia Lane avec trois victoires de rang cette saison.En progrès à Augusta (6e en 2015, 4e l'an dernier), l'Américain pourrait ajouter dimanche la veste verte à la coupe de l'US Open, gagnée en juin dernier pour lancer son palmarès en Grand Chelem.Ce mardi, on a pu le voir tester deux drivers, sous l'oeil de son coach Butch Harmon et d'un expert doté d'un Trackman (radar à balles). DJ aura passé une partie de sa matinée à garder ses balles sous le vent, portant la balle à plus de 280m malgré une brise défavorable.Et comme d'habitude, rien ne l'émeut. À s'en demander même si le mec emmène son cerveau sur le parcours. À la question : «Quand avez-vous pensé pouvoir devenir le meilleur du monde ?», il répondra, plein de candeur et plein dans le mille : «Ben, heu, quand Tiger (Woods) s'est arrêté de jouer.»Même moment de génie quand on lui a demandé de définir sa personnalité : «Heu, je ne sais pas trop...»Et enfin, pour décrire son plan d'action : «On me donne une distance, je visualise le coup et je vise une cible. Voilà.»Donc quand le défi est grand, taper loin devant et ne pas trop se prendre la tête est l'une des solutions !Aussi puissant qu'insouciant, rien en fait n'interdit à DJ de s'imposer à Augusta. Pas même un duo Rickie Fowler / Rory McIlroy en pleine forme et surtout pas Jordan Spieth, plus impatient d'évacuer son échec de 2016 qu'autre chose.À Nicolas Colsaerts de nous trouver une limite à Dustin : «Sa faiblesse à Augusta ? Son caddy...», nous a simplement dit le joueur belge. Une référence au frère de Johnson, ancien basketteur devenu co-pilote du frangin en 2013. Une embauche plus par affinité que pour ses qualités de stratège, qui selon Colsaerts pourrait coûter cher dans la capitale gestion du parcours.Jeune, adresse-toi aux sagesAugusta est une terre de pièges parfois embusqués, notamment sur et autour des greens. Ici, un coup parfait envoyé au mauvais endroit peut vous envoyer en enfer.Voilà pourquoi un débutant ne gagne presque jamais le Masters. Du coup, les rookies aiment s'associer aux anciens pour grandir plus vite.Jamais au cours de l'année des anciens vainqueurs comme Mark O'Meara ou Larry Mize ne sont aussi sollicités, comme si Augusta était la kermesse annuelle de la maison de retraite du PGA Tour.Le meilleur exemple est signé par l'association Jon Rahm / Phil Mickelson. À l'image de Rafa Cabrera-Bello (associé hier à J.M Olazabal), l'Espagnol de 22 ans a pu jouer tout le parcours avec "Lefty", qui n'a certes rien d'un retraité mais qui ne s'est pas fait prier pour montrer tous ses bons coins à champignons.Pentes cachées, lignes de jeu idéales ou positions de drapeau à prévoir. Le 12e mondial ne pouvait rêver d'une meilleur Masters class, en compagnie d'un triple vainqueur du Masters qui est aussi le frère de son agent : «On sait tous à quel point Phil peut être sympa et qu'il aime partager son savoir, dira Rahm, vainqueur de Torrey Pines en janvier dernier. Il a une expérience dingue et personne n'étudie le jeu et les parcours autant que lui.»Rahm déjà candidat à la directionÀ la fois puissant et pas maladroit sur les greens (ah, ce putt pour gagner le Farmers...), le Basque est d'ailleurs l'outsider numéro un du tournoi. Un statut renforcé par sa finale au mondial de match-play face à Dustin Johnson, perdue de peu dans la bourrasque du Texas.Un néo-pro plein vent arrière qui comme le dit Rickie Fowler, «a déjà tous les coups dans le sac pour s'imposer ici.» Venu le mois dernier jouer 36 trous pour s'accoutumer au mythe d'Augusta, Rahm s'est aligné à son premier Masters, on le cite, «pour le travail et pour gagner». Encore la meilleure façon de devenir le patron, non ?McIlroy : «Plus calme cette saison»

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