Golf - Masters - Bernhard Langer : « J'ai aimé Augusta immédiatement »

L'Equipe.fr
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Pour son 37e Masters, Bernhard Langer (63 ans) a signé un magnifique 68 (-4) lors du 1er tour. L'ambassadeur de Mercedes-Benz s'était confié avant le début du tournoi. « Vous allez disputer votre 37e Masters cette semaine. Savez-vous qu'à 63 ans vous êtes le joueur le plus âgé ?
Je ne savais pas mais ça ne m'étonne pas. Mes articulations me le rappellent. On peut voir la chose de deux façons. D'un côté, je en peux pas croire que je suis le joueur le plus âgé mais d'un autre, je suis très heureux d'être encore compétitif à cet âge, ce que peu de personnes peuvent faire. Il y a deux ans, au dîner des champions, j'étais assis à côté de Larry Mize. On disait qu'il y a 20 ou 30 ans on était parmi les plus jeunes à ce dîner, à regarder les plus vieux et que ça ne tarderait pas avant que nous soyons à notre tour les plus âgés, avec sans doute les plus jeunes qui nous regarderaient. On est peut-être déjà arrivés à ce moment !
Vous avez fait vos débuts au Masters en 1982, à 24 ans, et vous étiez le premier Allemand à participer au tournoi. Vous vous sentiez dans la peau d'un outsider où c'était juste excitant de réaliser une première ?
Un peu tout ça. C'était vraiment excitant d'avoir réussi à se qualifier parce qu'à cette époque, la seule façon pour un européen d'obtenir une invitation, c'était de gagner le Masters ou d'être n°1 de l'ordre du mérite l'année d'avant. C'est comme ça que je suis venu en 1982, en étant n°1 européen en 1981. C'était génial de se qualifier enfin pour Augusta et de jouer face à tous ces monstres sacrés dont on entendait parler en permanence : Jack Nicklaus, Arnold Palmer, Lee Trevino, Gary Player, tous ces noms qu'on admirait. C'était une époque où les Européens les craignaient trop. Une fois que j'ai commencé à jouer plus souvent contre eux, j'ai réalisé que je pouvais être aussi bon qu'eux toutes les semaines. « Mon jeu va bien. À Augusta, je dois me concentrer sur mon jeu de fer et sur mon putting à moins de 3,5 mètres. » Quelle était votre première impression à Augusta en 1982 ?
J'ai aimé Augusta immédiatement. La principale raison, c'est que les fairways étaient larges et qu'il n'y avait pas de rough, juste des aiguilles de pin. C'était mieux pour moi parce que je n'étais pas le plus droit au drive. C'est pour ça que je n'aimais pas trop jouer l'US Open. Le plus important ici, c'était la précision des fers : j'avais une bonne imagination autour des greens et j'étais un bon joueur de fer.
Vous ratez le cut en 1982 et vous gagnez votre première veste verte en 1985. Cela semblait aussi une ascension rapide à l'époque ?
Absolument. J'ai appris ma leçon dès la première fois en 1982 en faisant onze fois trois putts en 36 trous pour rater le cut d'un point. Je jouais très bien en 1985 et je me sentais à ma place à Augusta. Je savais que j'étais un des meilleurs joueurs du monde et je pensais que j'avais une chance de gagner le Masters. J'ai passé beaucoup de temps à étudier le parcours et je crois qu'en 1985, j'ai pris une seule fois trois putts sur 72 trous. lire aussi Casey et Woods sèchent Augusta, DeChambeau frôle la noyade Durant le dernier tour du Masters 1985, vous étiez dans la partie de Severiano Ballesteros. C'était un plus, intimidant ou les deux ?
Ce n'était pas vraiment plus facile mais nous étions habitués l'un à l'autre. On était deux des meilleurs joueurs et on était souvent associés le week-end, habitués à lutter pour le titre. En juillet 1984, avec Seve, on était ensemble dans l'avant-dernière partie lors de l'Open à St-Andrews, quand Seve a gagné avec son célèbre "fist pump". Neuf mois après, on se retrouvait à nouveau en avant-dernière partie un dimanche de Majeur, avec Curtis Strange et Raymond Floyd derrière nous. Seve et moi, on était à l'opposé l'un de l'autre dans beaucoup de domaines. Par exemple, il montrait beaucoup ses émotions tandis que je les gardais à l'intérieur mais les résultats étaient très bons pour l'un comme pour l'autre. Sur ce dernier tour, je n'ai pas fait de fixation sur Seve. J'avais appris à jouer mon jeu et à en tirer le meilleur. Aviez-vous conscience de représenter votre pays au Masters et au-delà, l'Europe ?
Bien sûr. Seve et moi on s'est souhaité bonne chance sur le premier tee comme on le faisait toujours et on a ajouté qu'il fallait ramener la veste verte en Europe. Avec Strange et Floyd derrière nous, c'était deux Européens et deux Américains face-à-face. On avait tous joué quelques Ryder Cup et il y avait toujours cette rivalité entre l'Europe et les États-Unis. Le monde entier considérait que les Américains étaient meilleurs. On voulait prouver que les Européens n'avaient rien à leur envier. Vous avez fait 64 à Phoenix dimanche sur le PGA Tour Champions. Donc vous arrivez au Masters en pleine confiance ?
J'ai presque joué mon âge, il m'a juste manqué un coup une nouvelle fois. Mon jeu est en place : j'ai eu des parties où j'ai bien putté récemment et d'autres où j'ai manqué certains putts. J'aimerais ne rater aucune de ces putts d'1,2 ou 1,5 mètre. Même un ou deux à côté, c'est déjà trop. Mais mon jeu va bien. À Augusta, je dois me concentrer sur mon jeu de fer et sur mon putting à moins de 3,5 mètres. Vous avez regardé la météo pour ce Masters disputé en automne ?
Nous allons avoir de la pluie, donc le parcours sera plus long à jouer et les greens plus lents. Je préférerais que le parcours soit plus sec parce que ça le rend plus difficile mais ça le rend aussi plus court et il faut mieux le connaître. Si le parcours est plus souple, les jeunes vont pouvoir viser directement les drapeaux, ce qui rend le parcours plus simple pour les longs frappeurs. »