Golf - Masters - Chiffres, stats et faits marquants pour mieux connaître le Masters

L'Equipe.fr
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Six mois seulement après le sacre de Dustin Johnson, le Masters retrouve sa traditionnelle date d'avril. Voici quelques chiffres, statistiques et faits marquants qui risquent de rendre ce tournoi des maîtres 2021 encore plus savoureux. Texte de Justin Ray, traduit par Martin Coulomb La prépondérance du jeu de fers Bien que les greens torturés de l'Augusta National aient reçu historiquement le plus d'attention, ce n'est pas uniquement là qu'un succès au Masters se dessine. En réalité, c'est davantage un jeu de fers d'élite qu'il faut développer si on souhaite endosser la veste verte. De 2015 à 2019, les joueurs menant dans la catégorie « stroke gained approach », ont respectivement terminé premier, premier, deuxième, troisième et premier du tournoi.

L'automne dernier, Dustin Johnson a glané pas moins de sept coups sur le champ grâce à ses attaques de green. DJ avait même réussi l'exploit de trouver 60 des 72 greens en régulation, un record depuis 19 ans ! L'Augusta National est l'un des parcours les plus indulgents au monde : avec peu de rough à proprement parler, manquer un fairway n'est pas vraiment pénalisant. Ce qui renforce l'impact d'un jeu de fer extrêmement affûté pour s'y imposer. Des scores toujours plus bas Sur les deux dernières éditions du Masters, les joueurs ont établis les moyennes de scores les plus basses de l'Histoire du tournoi. En 2019, le champ jouait 71,87 en moyenne, effaçant un record qui tenait depuis 27 ans ! Cette marque n'a pas tenu bien longtemps puisqu'en novembre dernier le champ jouait 71,75. Et la moyenne de score n'est pas la seule à avoir été ébranlée.
L'an passé Dustin Johnson est devenu le premier joueur à terminer à 20 sous le par. Cameron Smith a été le premier à jouer quatre tours dans les 60. D'ailleurs le score total de -15 réalisé par Smith et Sungjae Im est le plus bas de l'Histoire pour un non vainqueur du tournoi. Im battait même de trois coups la meilleure marque d'un débutant au Masters. Bien sûr les conditions climatiques favorables ont grandement contribué à offrir de telles opportunités de scores très bas. Mais au-delà de la météo, les scores du premier tournoi Majeur de l'année ont pris une toute nouvelle dimension depuis deux éditions. La domination DJ Au-delà du total le plus bas de l'Histoire, Dustin Johnson a gagné le Masters 2020 avec la plus large avance (5 coups) depuis les douze coups de Tiger Woods en 1997. DJ n'a concédé que quatre bogeys pendant la semaine, le plus petit nombre de points rendus au parcours de l'Histoire par un vainqueur. La qualité de son grand jeu a été telle qu'il cumulait 13,82 coups d'avance sur le champ lorsqu'on combinait ses « stroke gained tee shot » et « stroke gained approach ». Pas étonnant que son score de -20 égale le score le plus bas de l'Histoire des tournois Majeurs. Rory, l'insaisissable veste verte Cela fera sept éditions du Masters cette année, que Rory tentera de conquérir l'unique Majeur qui manque à son palmarès. Aucun des cinq autres joueurs qui ont réalisé l'exploit d'un tel grand chelem personnel n'a eu besoin de plus de trois tentatives pour empocher le Majeur qui leur manquait. Si McIlroy est passé plusieurs fois près de la victoire à Augusta, il lui faudra gommer une lourde tendance de fond pour espérer s'y imposer : le démarrage. Depuis 2015, Rory pointe à 64 sous le par tous majeurs confondus, mais il est aussi 28 au-dessus du par si l'on ne s'attarde que sur ses premiers tours. Les remontadas sont rares Même si la géniale conception de l'Augusta National génère une énorme tension le dimanche, la vérité est qu'il est très difficile de revenir de l'arrière pour gagner au Masters. Sur les trente dernières éditions le vainqueur était dans la dernière partie à 25 reprises. Mieux, en 31 Masters consécutifs, le vainqueur de la veste verte était dans le Top 5 à l'entame du dernier tour. Sur la même période, les trois autres étapes du Grand Chelem ont vu à sept reprises un vainqueur classé au-delà du Top 5 à l'aube du dernier tour. Masters, le retour Du fait de son placement tardif au calendrier 2020, en novembre, le Masters 2021 n'aura lieu que six mois après sa précédente édition. C'est la première fois depuis 1971 qu'un même tournoi Majeur se succède ainsi à lui-même d'une saison sur l'autre. Cette année-là, le PGA Championship avait eu lieu en Floride en février après avoir été comme d'habitude l'ultime Majeur de la saison 1970. Spieth toujours dangereux Les débuts de Jordan Spieth au Masters ont été du genre fracassant. Lors de ses cinq premières participations, Spieth cumule une victoire et obtenu trois autres places de troisième ou mieux. Il est le joueur le plus rapide de l'Histoire du tournoi à s'offrir quatre places sur le podium, soit deux éditions de moins qu'Arnold Palmer. Pas moins de 300 joueurs cumulent plus de 20 tours disputés au Masters. Dans ce groupe, Jordan Spieth pointe au deuxième rang en termes de « strokes gained total » (2,41), tout juste derrière Ben Hogan (2,52) et devant Tiger Woods (2,39). L'importance du 14 Au cours des dix dernières années, le trou sur lequel les vainqueurs du Masters ont le plus progressé est le 14e. Au cours de cette période, les détenteurs de la veste verte ont obtenu en moyenne plus de quatre dixièmes de coups de mieux que leurs concurrents sur "Chinese Fir". Aucun vainqueur du Masters n'a concédé de bogey sur ce trou lors du dernier tour depuis plus d'un quart de siècle. Cela inclut Dustin Johnson qui s'offrait même le second de ses trois birdies consécutifs du retour le dimanche. Le poids de l'expérience Les subtilités de l'Augusta National Golf Club, en particulier sur et autour des greens, prennent généralement des années à être pleinement intégrées. L'expérience des vainqueurs le confirme : aucun joueur n'a triomphé lors de ses débuts au Masters depuis Fuzzy Zoeller en 1979. Mieux, les habitués des lieux ont particulièrement bien réussi au Masters ces dernières années, qu'il s'agisse de la percée de Johnson en 2020 ou de l'incroyable victoire de Tiger Woods en avril 2019. D'ailleurs, depuis 2012, l'âge moyen des vainqueurs du Masters est de 32,4 ans. Pendant cette même période, l'âge moyen des vainqueurs des deux autres tournois majeurs joués sur le sol américain était de 28,2 ans. La distance ne fait pas tout La stratégie d'approche de Bryson Dechambeau à Augusta faisait couler beaucoup d'encre à l'automne dernier. Avec une distance moyenne de 296,63m au drive sur la semaine, le mad scientist détrônait le record de Tiger Woods en la matière, établi en 1997. Mais sa puissance n'a pas eu l'impact escompté, vue sa 34e place finale. Associé à DeChambeau le dimanche, Bernhard Langer était devenu le joueur le plus âgé ayant jamais franchi le cut du tournoi. Et tandis que son partenaire bodybuildé menait le champ driver en main, l'Allemand était en fond de classement niveau distance. Ça n'a pas empêché l'ex n°1 mondial de battre DeChambeau le dimanche (71 contre 73) ni pour le tournoi (-3 contre -2 total). La distance ne fait pas tout à Augusta, loin de là. Remerciements Merci à Justin Ray, directeur du contenu pour 15th club, l'agence sportive spécialisée dans l'analyse des données et de la performance. La plupart des meilleurs joueurs de la planète utilisent les services de 15th club pour leur performance. Vous pouvez suivre Justin Ray sur twitter : @JustinRayGolf