Golf - Masters - Hoffman leur laisse l'enfer, 65 et quatre coups d'avance au Masters

L'Equipe.fr
Charley Hoffman a annoncé ce jeudi qu'il donnerait «100% de ses gains» du Shriners Tournament aux victimes de la fusillade de Las Vegas. Le 1er octobre, 58 personnes avaient été tuées et 527 blessées durant un concert de country.

Battu par un vent permanent, l'Augusta National a comme prévu bousculé le champ de joueurs du Masters. Seul un lunaire Charley Hoffman a explosé les attentes, avec une carte de 65 (-7), quatre longueurs d'avance sur William McGirt.On savait depuis lundi que ce premier tour serait dur. Ce fut bien le cas. Du vent à 35 km/h, des rafales bien au-delà et des trous d'air pour tout le monde ou presque. Et ceci pour la pire moyenne de score depuis dix ans, avec un 74.9 pas cher payé.Avec seulement onze cartes sous le par (contre 20 l'an dernier au même stade), ce premier tour du 81e Masters a plus ressemblé à une journée ordinaire d'US Open, mâtinée d'une touche britannique.Adam Scott faisant même référence «à la plus dure journée» qu'il a connue ici, depuis la glaciale édition 2007. «Aujourd'hui, c'était comme un British Open», confirmera même Andy Sullivan, après sa plus que respectable carte en -1 (71, 4e).Pieters, l'échappée matinaleLongtemps on aura crû qu'aucune carte sous les 70 ne sortirait du club-house. À force de voir les coups de wedge survoler les drapeaux, les balles bouger sur les greens et les noyades sur les trous 12 et 15, il était aisé de s'attendre à un bouillon comme jamais vu au XXIe siècle à Augusta.Pourtant, une poignée de fous furieux de la balle basse et chauds du putteur ont enchainé les birdies, profitant à fond d'un sol assoupli par deux jours de pluies depuis lundi.D'abord Thomas Pieters. Le jeune rookie passait l'aller en -4 puis bousculait Camellia (le trou 10), pour attaquer les choses sérieuses en tête.L'Amen Corner gifflera le Belge au 12 (coup de fer 8, happé par la brise, dans l'eau), avant que son adresse au putting ne le lâche au 18 (double-bogey).Hoffman s'envoleDans le par pour son baptême, Pieters squattera longtemps le top 10, frustré «par une journée presque sans coup raté. Mais quand vous prenez la mauvaise rafale, vous pouvez alors avoir vraiment l'air idiot...», réagira t-il.Mais le gros score qu'il a caressé sera finalement accompli en fin d'après-midi.Si le local William McGirt signera un 69 (-3), soit deux coups de mieux qu'un très à l'aise Phil Mickelson, l'Augusta National se fera presque exploser par un lunaire Charley Hoffman.Passé en -2 après l'aller, l'Américain à la casquette verte mettra un nouveau coup de boost sur le retour. Quatre birdies de suite entre le 14 et le 17, avec un putting aux stats inégalées (6.13 au stroke gained putting). L'ex chevelu façon Hulk Hogan ratera bien 4m pour finir, mais emmènera chez lui une carte de 65 impensable ce jeudi midi.C'est d'ailleurs la première fois que Hoffmann tient seul la tête d'un majeur. Si il n'a certes fait que le quart du job, il tient jeudi soir quatre coups d'avance sur McGirt, soit la plus grande marge d'un leader après un premier tour depuis 1955 !Rahm et McIlroy s'accrochent, Westwood les décrocheDans des conditions météos guère typiques de la Géorgie, on a pu voir une percée européenne en fin de journée. Longtemps sous le par, l'outsider Jon Rahm lâchera deux bogs finaux (73, 19e avec Danny Willett).Mais tout comme Pieters et aussi Matt Fitzpatrick (71), l'Espagnol de 22 ans a commencé à prouver son aisance au Masters. On ne demande qu'à revoir ces jeunes bleus sur ce pré, avec un soupçon de bouteille en plus.Dans les rôles de raccrocs du back nine, Rory McIlroy et Lee Westwood ont tout donné, profitant d'une (légère) accalmie au soleil couchant. Sept birdies à deux sur les neufs derniers trous, pour un 72 au Nord-Irlandais et un 70 pour l'Anglais, seul 3e après un retour en 31.Spieth repart en quadEn imaginant que Hoffman ne tienne pas le rythme ce vendredi (encore des rafales à 30 km/h prévues, avant un week-end calme), on n'éliminera pas grand monde après cette entame mouvementée.En quête de rédemption au Masters, Jordan Spieth s'est de nouveau auto-torpillé un quadruple bogey, pour signer sa pire carte en carrière au Masters.Cette fois pas de "quad" au 12 comme l'an dernier, mais plutôt sur ce (pour une fois) terrible trou 15. Habituellement un par 5 touchable en deux coups, mais joué jeudi plein vent de face, avec un drapeau planqué à gauche du green. Trop court, puis trop long dans son attaque de drapeau, le vainqueur de l'édition 2015 rebondira immédiatement d'un birdie, pour un 75 final (41e, avec Adam Scott).D'autres comme Henrik Stenson (77, 66e) ou Tyrrell Hatton (80, 91e) ont glissé bien plus loin. Pas aussi bas quand même que Dustin Johnson, forfait avant même le tee du 1, suite à une chute dans les escaliers mercredi. Pour ces trois-là et surtout pour le numéro un mondial, ce jeudi fut une vraie définition de l'enfer, sur la plus belle des terres.

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