Golf - Masters - Le kit de survie d'Augusta, les immortels vous expliquent comment gagner le Masters !

L'Equipe.fr
Phil Mickelson, Jordan Spieth et Rory McIlroy cumulent quatre victoires et 17 top 10 au Masters. Voici leur guide de survie à Augusta, entre amour, méfiance, sagesse et audace.

Phil Mickelson, Jordan Spieth et Rory McIlroy cumulent quatre victoires et 17 top 10 au Masters. Voici leur guide de survie à Augusta, entre amour, méfiance, sagesse et audace.1. Connaitre Augusta par coeurLe Masters est le seul tournoi majeur joué chaque année sur le même parcours. Un tracé unique et plein de pentes, où le vent s'engouffre par bourrasques au gré de la pinède.Aucun rookie ne s'y est imposé depuis 1979, alors, compiler de l'expérience sur l'Augusta National est essentiel pour y performer.Rory McIlroy, 27 ans et huit participations : «Plus je joue Augusta et plus je m'y sens à l'aise. Rien que cette année, j'ai déjà joué 99 trous d'entrainement à Augusta. Avant le mondial de match play, je suis venu jouer 27 trous, puis 54 autres la semaine dernière. Ce parcours doit être comme une seconde nature pour moi.»McIlroy : «Plus calme cette saison»2. Aimer les lieuxComme on revient à Augusta chaque avril (si on se qualifie...), il est presque indispensable d'aimer les lieux. En neuf Masters, Martin Kaymer n'a jamais réussi à se sentir à l'aise en Géorgie, souvent coincé par sa trajectoire naturelle en fade (aucun top 30 pour l'ex numéro un mondial, 4 cuts ratés).Et quand on observe les déclas des boss du Masters, on retrouve un point commun : leur amour des lieux et ce plaisir d'être «traité comme des rois», selon Mickelson.Jordan Spieth, deux fois deuxième ici et vainqueur en 2015 : «Le Masters est mon tournoi préféré, c'est clair. Et d'années en années, je prends de plus en plus de plaisir ici.»3. Prendre un bon départBien démarrer le Masters est mieux que l'inverse, figurez-vous. Depuis 2010, tous les vainqueurs étaient dans le top 10 après un tour et systématiquement à quatre coups et moins du leader. Un constat renforcé par la victoire de bout en bout de Jordan Spieth, en 2015.Rory McIlroy, co-leader le jeudi soir de l'édition 2011, a pourtant lâché le morceau le dimanche (15e final), d'une dernière ronde en 80 : «Partir fort est encore plus important à Augusta qu'ailleurs. Car ici, il est dangereux de courir après le score et de forcer les choses. Attaquer certains drapeaux peut vous sortir de votre plan et provoquer de sacrées catastrophes. Pas besoin forcément d'envoyer 65, mais un départ sous le par est préférable.»4. Adapter sa stratégieDu record de Tiger Woods et Jordan Spieth (-18, en 1997 et 2015), aux enfers survécus par Danny Willett l'an dernier (vainqueur en -5) ou Zach Johnson (+1 en 2007), Augusta National propose des challenges différents chaque année. Dureté du sol, température, force du vent, les éléments naturels décident du sort du tournoi et donc, de la stratégie à adopter.Pour ce 81e Masters, on se dirige vers un mélange des genres : un sol souple, mais beaucoup de vent sur les deux premiers tours. Un tableau 2017 peint par Phil Mickelson, 25 apparitions depuis 1991 : «Les greens devraient être souples, ça pourrait pousser à attaquer. Mais tout dépendra aussi des positions de drapeaux. Car si il y a une saute de vent, vous pouvez tomber court ou long de parfois 10m et plus. C'est là que l'on peut perdre beaucoup de points. Cette année, on aura sept ou huit occasions de birdies par tour. Le reste du temps, il faudra se battre pour le par.»Woods 1997 : Le prologue du Big-Bang5. Être créatifAugusta a été conçu pour challenger les pros. Les espaces laissés entre chaque arbres et la variété de coups à taper laissent une belle place à l'impro.Et la créativité, Jordan Spieth adore : «On est très souvent en pente, avec la balle posée plus haute ou plus basse que les pieds. Le Rae's Creek (ruisseau qui parcours Augusta, ndlr), affecte beaucoup les lignes de putts. Au-delà de la technique, il faut être imaginatif et "sentir" les coups. Et ça m'avantage !»6. De Phil en aiguillesCréer des coups est aussi la spécialité de Phil Mickelson. Lors de sa victoire en 2010, l'Américain avait signé au 13 l'un des plus beaux et crucial coups de l'histoire du Masters.Un fer 6 de 190m "enroulé" autour d'un pin et depuis les aiguilles par-dessus le Rae's Creek, le conduisant à l'eagle puis à sa deuxième veste verte.Lefty : «J'ai une affinité pour jouer depuis les aiguilles de pins. Il faut un contact solide et direct. Il faut aussi un club pas trop ouvert et un effet à tenter de gauche à droite (un draw, pour lui, ndlr), pour limiter que des débris se placent entre la balle et la face. Et sur ce coup, les deux conditions étaient réunies.»7. Résister à la tentationOn l'a vu, les tentations sont nombreuses de brusquer Augusta. Mais les punitions viennent aussi sec.Au 11 l'an dernier, Rory McIlroy avait tenté un recoverie kamikaze lors du 3e tour. Un coup punché qui trouva l'eau et lui coûtant alors ses chances de première veste verte.Le Nord-Irlandais, sur ce trop-plein d'optimisme : «Jack Nicklaus trouve que j'essaie trop de bousculer les choses au Masters. Selon lui, cette impatience m'aurait déjà coûté deux vestes vertes... Ce samedi, j'étais à +4. Il fallait juste se mettre au bord du green puis tenter l'approche-putt. Au pire, j'aurais fait bogey... Mais c'est ça, Augusta. Il faut parfois savoir avaler la pilule et passer au trou suivant.»8. Et retenir les leçons !Taillé pour Augusta avec son petit-jeu génial et son slice de gaucher, Phil Mickelson aura pourtant attendu sa douzième participation pour gagner le Masters.Un bon exemple pour Jason Day ou Rory McIlroy (six top 10 à eux deux), que la plupart des autres joueurs voient s'imposer tôt ou tard sur Magnolia Lane.Pour "Rors", qui espère devenir dimanche le 6e joueur à boucler un Grand Chelem personnel, tout est question de retenir les leçons d'Augusta : «J'ai beaucoup appris de mon échec en 2011. Mais chaque année, on intègre de nouvelles choses. L'an dernier avec Jordan Spieth et Danny Willett, j'ai appris que rien n'était fini, même avec cinq coups de retard et neuf trous à jouer. Ici, un moment d'absence de l'autre et un coup de génie de l'un peut suffire à tout bouleverser. À Augusta, comme dans la vie, il faut persévérer. Et ne jamais abandonner.»

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