Golf - Masters - L'au revoir au Roi Palmer

L'Equipe.fr
Le départ honorifique du Masters a été donné ce matin par Gary Player et Jack Nicklaus. Une cérémonie marquée par l'hommage au "King" Arnold Palmer, décédé l'an dernier.

Le départ honorifique du Masters a été donné ce matin par Gary Player et Jack Nicklaus. Une cérémonie marquée par l'hommage au "King" Arnold Palmer, décédé l'an dernier.C'est ainsi depuis 1963. Le premier départ départ du Masters est réservé à ses plus anciens vainqueurs, une jolie tradition pleine de souvenirs et de sourires.Mais cette année, larmes, instant de silence et têtes basses ont pris la place. Pour la première fois, Arnold Palmer n'est pas là sur Tea Olive pour lancer le tournoi des maîtres.Décédé le 25 septembre dernier, le "King" a donc laissé Jack Nicklaus et Gary Player démarrer de façon honorifique le premier majeur de la saison.Le petit millier de spectateur est là depuis 7h30 et l'ouverture des portes. Mais même si le lever du jour sur l'Augusta National a peu d'équivalent sur cette terre, l'ambiance est avant tout à l'hommage, presque au recueillement. «This is something», dira tout bas un des «patrons». Sur la pointe des pieds, ce possesseur de ticket a réussi à voir passer Nicklaus et Player.Effectivement, «c'est quelque chose» de faire partie de cette haie d'honneur menant au premier tee, plein de lumière mais refroidi par la brise.Au bras du président des lieux Bill Payne, Winnie Palmer ferme le ban et rejoint le duo. Dans le public, une dame aux cheveux gris a le nez qui coule, puis les yeux embués.Le chairman commencera son speech en lançant les applaudissements, «pour mon ami, votre ami Arnold Palmer.»Parti à 87 ans, la première star du golf professionnel a marqué l'Amérique. Il a même tatoué à vie le monde du golf de son charisme. «Dites leur bien en France, qui était Monsieur Palmer», nous glisse un visiteur venu d'Hawaii. «C'était plus qu'un roi, complètera Payne. Et cela restera à jamais.»Moment de receuillement, bref comme le swing tonique que détenait "A.P". Casquettes enlevées, mains croisées et regards vers le sol. C'est loin d'être le dernier hommage rendu au quadruple vainqueur du Masters. Mais celui ci, sur la terre de son premier Grand Chelem gagné en 1958, comptera autant que ceux rendus lors de la dernière Ryder Cup, ou lors de la cérémonie religieuse du 4 octobre dernier, chez lui à Latrobe en Pennsylvanie.Les yeux qui brillaient se voient maintenant submergés par les larmes. Rickie Fowler ne doit débuter son Masters que dans trois heures, mais l'Américain est bien là, ému et accompagné de Jordan Spieth.Ces deux teenagers n'ont évidemment pas croisé le fer avec "Arnie", mais ils savent bien ce qu'ils doivent à l'homme au swing de capes et d'épées. Un "héros du peuple" qui a tant fait pour rendre le golf bien plus cool qui ne l'était à ses débuts pro en 1954.Une fan sans âge et pupilles rougies, on ne sait pourquoi nous glisse son propre hommage, alors que Gary Player plante son tee : «Nous les femmes, nous étions toutes amoureuses de Seve (Ballesteros). Mais Arnold, c'était...» C'était l'ami de tous, joueurs d'alors et de maintenant, journalistes et même jusqu'aux jardiniers des parcours. Womanizer à ses heures, Palmer collectionnait succès et trophées «et son sourire, sa grâce ne s'effacera jamais», comme le conclura Bill Payne.Il est 7h40, le temps d'y aller. Jack Nicklaus fait un signe au ciel «à son ami de 60 ans» qui l'avait pris sous son aile et réconforté, quand les vannes vexantes de "l'Arnie's Army" accompagnaient son début de carrière. Il observera le fringuant Player envoyer un léger push dans l'air glacé d'Augusta, avant d'envoyer un "trait" en plein milieu du premier fairway.L'Ours Blond a 77 ans, quatre printemps de moins que le Sud-Africain qu'il vient, à son grand plaisir, d'overdriver. Les yeux peuvent sécher, le 81e Masters va maintenant démarrer.

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