Golf - Masters - Masters 1997 : quand on le provoque, le Tigre répond... fort !

L'Equipe.fr
Vingt ans que la face du golf a dramatiquement changé. Le Masters 1997, c'est un peu le big bang à la sauce Tiger Woods. Un tremblement de terre que le Tigre a revécu à travers un livre récemment publié. Pour le 3e tour, Tiger dévoile la puissance de sa future domination.

Vingt ans que la face du golf a dramatiquement changé. Le Masters 1997, c'est un peu le big bang à la sauce Tiger Woods. Un tremblement de terre que le Tigre a revécu à travers un livre récemment publié. Pour le 3e tour, Tiger dévoile la puissance de sa future domination. Son moving day ce 12 avril 1997, Tiger Woods le dispute en compagnie d'un monument du golf européen. Colin Montgomerie est même dans une période faste de sa lucrative carrière. L'Écossais, déjà quatre fois n°1 européen de suite avant cette saison a posté 67 la veille. Il est en confiance et se permet de le faire entendre en conférence de presse.Full MontyTiger s'en souvient très bien : «Il a dit que tout le monde allait voir ce que je vaudrait dans un tour où l'expérience allait être un facteur clé. Sûr qu'il en avait bien plus que moi. Mais je m'étais dit qu'aucun de nous n'avait encore gagné de Majeur. Ses commentaires n'ont fait qu'accentuer ma volonté de jouer mon meilleur golf jusqu'au bout.» Au sortir du practice ce samedi, Butch Harmon, le coach de Tiger, s'empressait de rappeler les dires de Monty à son poulain pour le motiver. «Butchie pouvait voir dans mes yeux que je n'avais qu'une hâte : filer sur le terrain et me mesurer au parcours, à Monty et au reste du champ. Enfin surtout à Monty».Stratégie maîtriséeLa démonstration de force prend forme d'un aller en 32 coups (-4). Woods déroule littéralement une stratégie rodée et parfaitement maîtrisée. «Je voulais continuer de grappiller des points sur les par 5 et de tenter ma chance sur les autres trous quand j'en avais l'opportunité. Je puttais de façon prudente en essayant de me laisser un maximum de tap-in. Je voulais une partie aussi facile et peu stressante que possible. C'est presque impossible à Augusta vu la complexité des greens. Il me fallait donc approcher chaque coup avec beaucoup de stratégie de d'intelligence.»« On me provoque, je réponds »Montgomerie marche la tête basse en ce début de partie. Il est en train d'assister à une démonstration de force. «Je pense qu'il a vite compris que ses commentaires m'avaient vraiment motivé, se souvient Tiger. J'ai l'esprit de compétition, c'est aussi simple que ça. Si on me provoque je réponds. Mes parents le savaient et je suis certain que j'ai internalisé d'une manière ou d'une autre la confiance qu'ils ont toujours mis en moi. C'est aussi pour ça que je n'ai jamais écouté ceux qui pensaient que les choses allaient être différentes après mon passage pro. En quoi ça allait changer quelque chose? Ça restait du golf. La balle ne savait pas que je n'étais pro que depuis sept mois ou que je n'avais que 21 ans. Elle ne savait pas non plus que je jouais mon premier Masters en tant que pro.»En montée, toujours en montée !Woods pointe à 12 sous le par quand il s'approche du départ du 11. À l'époque les arbres sont moins présents sur la droite du fairway et Woods en abuse. Son drive poussé à droite n'est pas un problème. Il lui reste même fer 9 pour attaquer le drapeau. «J'ai tapé le coup idéal me laissant un putt d'un peu plus de 2m sous le trou. J'aurais même été satisfait si j'avais été à 6m. L'important c'était d'être sous le trou, avec un putt en montée.» Comme un mantra répété à l'infini : "Sous le trou... sous le trou... reste sous le trou". Les leçons de ses précédents Masters ont été rapidement intégrées : birdie au 11.Du Ballesteros dans les doigts Pas facile d'attaquer le green du 15 en deux après ce drive coincé vers la gauche du fairway. «J'étais bloqué par les arbres à cet endroit, mais je ne voulais pas me recentrer et me laisser l'un des coups les plus traitres de tout le parcours. Avec la pente descendante du fairway, ce coup de wedge peut facilement revenir du green vers l'obstacle d'eau. Je n'avais pas d'autre choix que de travailler un coup de fer 6 autour de l'arbre. C'était un coup très délicat, mais c'est généralement dans ces cas là que je donne le meilleur de moi-même.» La courbe est en effet idéalement imprimée et le coup de fer trouve le green à moins de 10m du trou. Nouveau birdie. Stratégie de domination des par 5 toujours en marche.Rester tête dans le guidonAu départ du 18 ce samedi, Woods est 6 en dessous pour la journée et 14 sous le par au total. Un ultime par au 18 et le voilà auteur d'un 65 sans la moindre bavure. Montgomerie et son 74 sont relégués à 12 coups de Tiger. La démonstration a été cinglante. Pourtant, l'Écossais reconnaît avec classe sa défaite tout autant que la domination du jeune Woods : «J'ai adoré sa frappe longue et très précise. Mais je n'ai pas du tout aimé sa façon de putter (sourire ironique). Il est neuf coups devant tout le monde ce soir et je suis sûr que ce sera encore plus demain. Il n'y a aucune chance, je répète aucune, que Tiger Woods perde ce tournoi», lancera t'il ce soir-là en conférence de presse.De son côté Woods doit répondre à des questions lui demandant déjà sa taille de veste. Mais l'Américain le sait, il reste encore du travail malgré son matelas de neuf coups. «Je savais que rien n'était encore fait. En rentrant j'ai tiré le bilan de ma partie du jour et ai mis en place le plan d'attaque du lendemain.» L'idée était simple : ne pas lâcher l'accélérateur et accroître son avance.

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