Golf - Masters - Masters Crashes : le top 5 des plus gros échecs au Masters

L'Equipe.fr
Victime de l'Amen Corner l'an passé, Jordan Spieth a laissé filer une veste verte qui lui semblait promise. Mais le Texan est loin d'être le premier à s'évaporer lors d'un dernier tour de Masters. Petite sélection des plus grands fiascos de l'histoire d'Augusta.

Victime de l'Amen Corner l'an passé, Jordan Spieth a laissé filer une veste verte qui lui semblait promise. Mais le Texan est loin d'être le premier à s'évaporer lors d'un dernier tour de Masters. Petite sélection des plus grands fiascos de l'histoire d'Augusta.5 : Kenny Perry, la déroute d'un «joueur moyen» (2009)L'histoire est presque trop belle. Treize ans après avoir laissé filer un succès à l'USPGA 1996 sur un bogey au 18, Kenny Perry est en passe de devenir le plus vieux vainqueur d'un tournoi Majeur. À 48 ans, l'Américain a déjà un bras dans la veste verte avec deux coups d'avance après 70 trous.Un chip très mal senti au 17 lui coûte pourtant son premier bogey du jour. Sur le 18, les ennuis se confirment avec un drive en plein bunker. Le joueur du Kentucky a pourtant la victoire au bout du putter, mais son putt pour par à cinq mètres manque le trou pour quelques millimètres.Direction un play-off à trois en compagnie d'Ángel Cabrera et de Chad Campbell. Au premier trou de prolongation, l'Argentin s'en sort par miracle. Après un drive dans les arbres et un deuxième coup ricochant par magie sur le fairway, il plante le mât sur son troisième coup et fait le par. Perry, lui, ne touche plus un green. Idéalement placé, il reste court du green mais parvient tout de même, contrairement à Campbell, à sauver le par.Direction le 10 pour un deuxième trou additionnel à deux. À nouveau, Perry tremble et lâche son approche à gauche. Trop long, son chip lui coûte un dernier bogey et une première victoire en Majeur. Quarante et un ans après la boulette de Vicenzo (voir plus bas), Cabrera devient le premier Argentin à endosser la veste verte. Perry tirera lui, ce constat amer : «J'ai l'impression que quand les choses deviennent sérieuses, je perds mes moyens. Les grands joueurs y arrivent, mais nous, les joueurs moyens, non.»4 : Roberto de Vicenzo, «What a stupid I am» (1968)C'est sans doute l'une des plus improbables plantades de l'histoire du Masters. Non, Roberto de Vicenzo ne s'est pas effondré sous la pression d'Augusta, il n'est pas passé à côté de son dernier tour. Il a tout simplement commis une grosse boulette qui l'a privé de play-off et d'une potentielle veste verte.En 1968, l'Argentin n'est pourtant pas un perdreau de l'année. Vainqueur du British Open l'année précédente, il figure logiquement parmi les favoris de ce Masters. Septième à l'entame du dernier tour, il prend rapidement les commandes après un départ canon (eagle-birdie-birdie sur les trois premiers trous). Quatre autres birdies suivront, avant un bogey au 18 synonyme de play-off avec Bob Goalby.Sauf que sur sa carte de scores, son 65 effectif s'est transformé en 66. La faute à son partenaire de jeu Tommy Aaron, plus inattentif que malveillant, qui l'a crédité d'un par sur le 17 au lieu du birdie réalisé. Las, de Vicenzo ne s'en aperçoit pas, signe sa carte de 66 (-6) sans sourciller, et échoue à un coup de Goalby.Ironie de l'histoire, l'Américain finalement titré s'était également trompé sur la carte de son partenaire Raymond Floyd, avant de corriger son erreur dans la tente du scorer. Quand à de Vicenzo, sa déclaration laconique se passe de traduction : «What a stupid I am to be wrong here.»La vidéo de cette incroyable histoire3 : Rory McIlroy, «Je reviendrai plus fort» (2011)Sa place dans l'histoire du Masters devait être la plus belle, elle sera la pire. Destiné à devenir, à 21 ans, le plus jeune vainqueur à Augusta, Rory McIlroy a finalement rendu la pire dernière carte de l'histoire pour un leader après trois tours.En tête depuis le premier jour, le Nord-Irlandais compte pourtant quatre coups d'avance à l'entame du dernier tour. Sans être brillant, son début de partie tient tout de même la route. À mi-parcours, le futur numéro 1 mondial a lâché un point au parcours, mais compte encore un coup d'avance au leaderboard. Avant l'un des effondrements les plus spectaculaires de ces dernières années.Sur le 10, son énorme hook au drive atterrit près d'une maisonnette, très loin à gauche du fairway. Un spot jamais vu qui force les caméras de télévision à se déplacer pour filmer le coup de recentrage du prodige d'Holywood. Il y concède finalement un vilain triple bogey, avant d'enchaîner par un bogey au 11 puis un terrible quatre-putts au 12 pour double bogey. En trois trous, McIlroy vient d'anéantir ses chances d'endosser la veste verte.Son dernier bogey au 15, quoiqu'anecdotique, vient saler une dernière carte cruelle de 80 (+8). Promis à la victoire, Rors conclut sa semaine à la 15e place, très loin de l'inattendu vainqueur sud-africain Charl Schwartzel. Quand on connaît la suite, son «je reviendrai plus fort» lâché en fin de partie est d'autant plus beau. Vainqueur de l'US Open deux mois plus tard, avec huit coups d'avance, il inscrit cette fois son nom dans les plus belles pages de l'histoire du golf.2 : Scott Hoch, le pire putt de l'Histoire (1989)S'il y avait un palmarès des plus vilains putts de l'histoire, celui de Scott Hoch en play-off de l'édition 1989 du Masters serait très vraisemblablement primé. Tant pour le moment crucial choisi pour son exécution que pour sa réalisation pure.Le golfeur professionnel le moins populaire de l'époque, selon le Dallas Times Herald, avait déjà laissé échapper un play-off lors de l'USPGA 1987 sur un trois-putt à moins de trois mètres, mais son craquage du Masters reste malheureusement l'un des plus fameux. Il aurait pu n'avoir jamais lieu sans un bogey de l'Américain au 17 qui le condamnait à partir en play-off en compagnie de Nick Faldo.Sur le premier trou additionnel, disputé au 10, Hoch est en position idéale. Depuis le bunker, l'Anglais s'est laissé cinq mètres pour le par et concède le bogey. Visière sur le crâne, Hoch est alors à 60 centimètres d'une première victoire en Majeur. Mais sa balle ne verra jamais le trou, filant directement à gauche du but. De quoi jeter son putter en l'air.Sur le trou suivant (le 11), le Floridien a deux mètres pour le par après un bon chip. Mais il n'aura jamais l'occasion de les combler. À huit mètres, Faldo vient de poster une ficelle pour birdie et remporte la première de ses trois victoires à Augusta. «Au bout du compte, quand tu es mort et enterré, cela ne fait pas une grande différence», confiera Hoch quelques années plus tard à propos de son improbable raté. Sans doute, à condition que cela n'apparaisse pas sur sa nécrologie.1 : Greg Norman, le cauchemar du shark (1996)À dire vrai, Greg Norman pourrait figurer deux fois dans notre classement. Cruel pour un joueur de la trempe de l'Australien, au CV bien garni. À dix ans d'intervalle, le Shark s'est offert deux fois l'occasion de remporter le Masters et s'est à chaque fois emmêlé les pinceaux.En 1986 d'abord, où un coup de fer 4 gratté depuis le fairway du 18 le prive d'un play-off face à Jack Nicklaus. En 1996 surtout, où le «Crocodile Dundee des fairways» offre la victoire à un Nick Faldo toujours présent pour récupérer les miettes. Car si le futur Sir de la Reine ne l'a pas volée, cette 60e édition du Masters restera avant tout comme celle du calvaire de Norman.En tête depuis son incroyable premier tour (63, -9), l'Aussie entame le dernier avec six coups d'avance. Mais la marche triomphale annoncée vire au cauchemar. Une balle pluggée dans un bunker pour commencer, trois bogeys consécutifs à mi-parcours, une balle dans l'eau au 12 puis à nouveau au 16... La veste verte taillée pour lui depuis le début de la semaine s'envole pour atterrir sur les épaules de son meilleur adversaire. Le regard vide, Norman déambule sur le fairway du 18 tel un zombie.Pas franchement réputé pour son esprit de camaraderie, Nick Faldo n'exulte même pas malgré son sacre avec cinq coups d'avance. Son rival déchu à ses côtés, il lui confie : «Je ne sais pas quoi te dire. Je veux juste te prendre dans mes bras. Je me sens terriblement mal à propos de ce qui t'est arrivé. Je suis sincèrement désolé.»

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