Golf - Masters - Et revoilà Sergio ! Garcia co-leader du Masters en -4

L'Equipe.fr
Impeccable depuis jeudi, Sergio Garcia a pris la tête du Masters avec Rickie Fowler, Thomas Pieters et Charley Hoffman. Pour son 73e majeur, l'Espagnol est une nouvelle fois en course pour un premier titre en Grand Chelem.

Impeccable depuis jeudi, Sergio Garcia a pris la tête du Masters avec Rickie Fowler, Thomas Pieters et Charley Hoffman. Pour son 73e majeur, l'Espagnol est une nouvelle fois en course pour un premier titre en Grand Chelem.«Here comes Sergiooo !» Depuis qu'on l'a vu gambader comme un chevreuil à l'USPGA 1999, c'est souvent ainsi que sont saluées les percées de Sergio Garcia.Le revoilà donc, l'Espagnol, co-leader du Masters après deux cartes toutes propres de 71 et 69.Presque une habitude avec lui, l'homme aux 22 top 10 en Grand Chelem, au play-off de British Open perdu en 2007 et titulaire de plus longue série de majeurs joués à la suite (71, record en cours). Reste à voir maintenant si ce feu de joie tiendra jusqu'à dimanche.Comment faire 3 avec un fer 5Parti vendredi matin avec six coups de retard sur Charley Hoffman, l'ex Niño devenu Matador avec le temps s'est mis en chasse dès le 1. Malgré un drapeau quasi inattaquable (demandez à Henrik Stenson ou Danny Willett, huit coups perdus à eux deux sur ce cimetière à putters), Garcia a réussi l'un des plus beaux coups du tournoi.Un fer 5 au piquet, posé dans un carré idéal grand comme une nappe de pique-nique. Un birdie d'entrée donnant le ton : «C'était la plus dure des positions de drapeau, dira Sergio, qui dispute à 37 ans son 19e tournoi des maitres. Ce birdie m'a comme apaisé car celui-ci, il n'était pas du tout prévu au programme !»En territoire alliéDeux autres oiselets suivront à la suite, un trio inédit dans sa carrière à Augusta. Deux bons pars seront sauvés plus tard sur les patinoires du 6 et du 7, avec des putts de 2m en descente tant de fois vérolés par le passé.Il serrera le poing plus que quiconque si tôt dans le tournoi. Comme toujours enclin à partager avec les Patrons sa lutte avec un parcours durci par les bourrasques moins fortes que jeudi, mais cette fois tourbillonnantes.Il faut dire qu'à Augusta, Sergio est à l'abri. Bien moins bourrin qu'à l'US Open ou en Ryder Cup, le public l'a joue hispanophile avec lui. Comme pour perpétuer la spanish connection bâtie ici par Seve Ballesteros puis José-Maria Olazabal, certains tenteront des "Vamos, Sergio" à la prononciation discutable mais à l'affection sincère.En terre sudiste où la qualité d'acceuil est dans l'ADN, on est vraiment à 300 yards des piques de rednecks avinés qu'il aura eu à se fader durant toute sa carrière. Et si l'Open britannique lui a souvent réussi (5 top 5), c'est peut-être ici, là où sa frappe pure n'a pas d'obstable, que son compteur à Chelem se débloquera.Réconcilié avec Augusta Alors que Hoffman revient peu à peu sur terre (75), Garcia continue son décollage. Birdie 9, pour bientôt rejoindre l'Américain en tête. Parfois mains dans les poches, papotant tranquillement, il est accompagné du compagnon d'infortune idéal. Avec Lee Westwood, l'Ibère partage un record : 75 tentatives infructueuses en Grand Chelem pour l'Anglais, deux de moins pour son co-équipier de Ryder Cup. Et quand tout va trop bien avec lui, comme c'est le cas pour l'instant cette semaine, on repense à son samedi soir de déprime, en plein Masters 2012. Perdu dans un des accès de sincérité maladroite et trois ans après avoir jugé le parcours «injuste», il confia alors en conf' de presse son incapacité définitive à remporter une des quatre Grand Slam. Clairement pas la meilleure manière d'impressioner l'adversaire et de charmer les pentes locales... Mais Garcia est peut-être dans sa bonne année. Bientôt marié, vainqueur à Dubai il y a une paire de mois (comme Willett l'an dernier), il est aussi flanqué d'un caddy marqué du numéro 89, comme celui de Jack Nicklaus lors sa victoire en 1986. Au bord d'un des énièmes fairways, un journaliste espagnol s'enflamme, à trop regarder le nom de son compatriote tout en haut du leaderboard : «Ça y est, c'est l'année de la réconciliation entre lui et Augusta.» Sergio et l'histoire du triple fantôme Cette malédiction lui colle quand même à la barbe, au point que les endormis du leaderboard collèrent pendant une heure deux points de trop à son score du 10. Un triple au lieu d'un simple bogey, boulette de commissaire vite corrigée et qui ne l'a même pas effleuré : «Je m'en suis rendu compte au 13 et ça ne m'a pas gêné, dira Garcia, je savais que j'étais -3 pour la journée et pas -1. On a longtemps cherché les deux balles de Shane (Lowry, son autre partenaire). Et comme nous étions à peu près habillés pareil, voilà sans doute l'origine de l'erreur.»Du Rahm dans la mémoire Donc non, rien ne retirera son sourire qui ne l'a pas lâché de l'après-midi suivant sa deuxième ronde. Flanqué de sa fiancée, Sergio Garcia est apaisé. Tout sauf un luxe pour lui, le torturé des week-end de Grand Chelem. Carlos Arribas, plume d'El Pais, avance un autre moment charnière : «Avec l'arrivée de Jon Rahm au top, Sergio a beaucoup moins de pression cette année. Voir un autre Espagnol gagner sur le PGA Tour, puis le battre au mondial de match-play le mois dernier, ça l'a piqué.» Encore un rang devant son cadet de 15 ans au classement mondial (11e contre 12e pour Rahm), Garcia semble accepter la relève de la meilleure des façons. L'effet de la maturité, sans doute. Sergio : «Ma barbe est de plus en plus grise avec le temps. Je suis plus calme et j'essaie d'accepter les mauvais moments. C'est notre lot à tous, non ?»Quatre puceaux pour une veste Illustration de cette sagesse sur le parcours, avec un bogey au 13 vite digéré (chip, 3-putts sur ce par 5), et vite gommé d'un wedge lobé au 17 presque "donné". Et tant pis si sa merveille de coups de fer au 18 ne lui offrira finalement pas son 7e birdie de son vendredi. En -4 total, le Valencian est co-leader du Masters, en -4 aux côtés d'Hoffman, du bluffant Thomas Pieters et Rickie Fowler, doté du meilleur du jour avec un 67. Trois autres puceaux majeurs donc, parfait pour diviser le gâteau de la trouille en quatre parts égales. Et avec quinze joueurs serrés en moins de cinq coups (dont Rahm en -1 et surtout Mickelson/Spieth dans le par), rien n'est de toute façon décanté à Augusta. À l'aube du week-end, c'est d'habitude là que le destin de Garcia se gâte. Et on a tous trop déchanté à ce stade pour trop s'emballer. Mais à deux jours du but et du 60e anniversaire de feu Severiano Ballesteros, rien ne l'empêchera de se rêver en vert. «Depuis quand je crois en mes chances ? Depuis jeudi matin.» Le voilà donc, le nouveau Sergio.Le résume du 2e tour

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