Golf - PGA Tour - Players Championship, un 17 petit mais costaud

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Le Players Championship vient de démarrer. Et l'intégralité du champ va devoir se mesurer au mythique trou n°17 du TPC de Sawgrass. Un par 3 aussi court que costaud craint par certains cadors planétaires. Brooks Koepka est prêt à se mesurer à tous les trous dessinés par Pete Dye cette semaine à Sawgrass. Enfin... Tous sauf un, peut-être le plus célèbre du tracé floridien. Le Players Championship se gagne ou se perd sur le green en presqu'île du 17e trou. Et les milliers de spectateurs massés autour de l'arène naturelle entourant ce petit par 3 ne s'y trompent pas, c'est là que le spectacle est le plus intense. Sauf une nouvelle fois pour Brooks Koepka : « C'est le trou que j'aime le moins et de loin, lançait l'ex n°1 mondial ce mercredi à Sawgrass. Je n'ai jamais réussi à bien jouer ce 17 au fil des ans. Je dois faire partie de ceux qui affichent les pires stats possible sur ce trou. » Les scores du Players en direct Et le quadruple vainqueur en Majeur exagère à peine : il pointe à 15 au-dessus du par cumulé sur ce 17 depuis sa première apparition au Players en 2014. Ni plus ni moins que le pire total, tous joueurs confondus. Il devance même Zac Blair de six coups (+9) tandis que Paul Casey et Kevin Streelman affichent un total de +8. Quatre autres joueurs, dont Tony Finau, sont à 7 au-dessus du par cumulé sur la même période. « N'importe quel trou sauf celui-là, résumait sans une once de sourire Brooks Koepka. Je crains vraiment ce départ. Je ne prends aucun plaisir et j'ai dû noyer mes balles trois ou quatre fois sur ce petit trou. J'apprécie vraiment tout le reste du parcours. Mais celui-là, vraiment pas. » Victor Perez  : « Le PGA Tour est dans mon viseur à long terme » Étonnant comme un trou d'à peine plus de 100m peut intimider à ce point un tel colosse. D'autant que le green en presqu'île de ce 17e trou de Sawgrass est quasiment un accident. C'est la femme de Pete Dye, Alice, qui lui suggérait de créer cette presqu'île tant le peu de sable restant disponible était problématique sur le domaine.

Quelques-unes des plus illustres pages de l'Histoire du Players ont été écrites sur ce green du 17. Du monstrueux putt « better than most » de Tiger Woods en 2001 aux trois birdies de Rickie Fowler en 2015 pour remporter le tournoi en play-off, le 17 de Sawgrass a offert son lot de drames et d'exploits. Et cette édition 2020 ne dérogera pas à la règle. « C'est le trou dont tout le monde parle, lançait Louis Oosthuizen. Si on pense Players Championship de suite on pense à ce green en île et à tous ces moments un peu fous qui s'y sont produits au fil des ans. Et mine de rien quand on sait qu'il peut être le 71e trou d'un tel tournoi, c'est loin d'être un par donné. » Si le 17 de Sawgrass peut devenir un cauchemar pour des joueurs comme Koepka, il peut devenir cathartique pour d'autres. Billy Horschel, ancienne star de l'université de Florida State voisine s'y plonge même avec délice. « Je sais que la marche entre le 16 et le départ du 17 peut être un moment de forte pression pour certains. Mais j'adore l'électricité qui se dégage de cette arène. On peut y retrouver 30 000 à 40 000 personnes, ça fait vraiment du bruit. Il y a une belle énergie à prendre jusqu'au départ du 18. C'est un mini-stade de foot autour de trois trous. » Jim Furyk Avec la pression et le green qui a tendance à se raffermir à mesure que la semaine passe, la marge d'erreur se rétrécit. [...] En un clin d'oeil, ce coup d'apparence si facile devient plus délicat à gérer. » Le 17 de Sawgrass affiche la moyenne de score la plus élevée pour un par 3 de moins de 135m sur le PGA Tour sur les 17 dernières années. Depuis 2003, 10,8 % de l'intégralité des coups qui y ont été tapés en partie officielle ont trouvé l'eau. « Très souvent on voit les gars jouant le 16 jeter un oeil sur ceux évoluant sur le 17. Ils veulent savoir comment le green reçoit les balles, raconte Jim Furyk. À quel point le green est-il ou non réceptif ? La zone de réception est plutôt large, ce n'est pas un coup compliqué. Mais au Players avec la pression et le green qui a tendance à se raffermir à mesure que la semaine passe la marge d'erreur se rétrécit. On ne peut plus taper 4 ou 5m par-dessus le drapeau car la balle finira dans l'eau. En un clin d'oeil, ce coup d'apparence si facile devient plus délicat à gérer. » Brooks Koepka ne dira pas l'inverse. Même quand on lui demandait de juger dernier par 4 du tracé de Sawgrass, l'Américain ne pouvait s'empêcher de revenir sur ce costaud petit par 3 : « Je prends quatre pars tous les jours sur le 18, parce que ça voudra dire que j'ai passé le 17 et que j'ai encore assez de balles dans le sac pour jouer le 18 ! »

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