Golf - Rétro - Ils ont fait la décennie : 2012, le miracle de Medinah

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Pour clore la décennie 2010-2019, la rédaction a sélectionné dix grands moments golfiques. Troisième épisode avec la Ryder Cup 2012 remportée par l'Europe, surnommée "le miracle de Medinah ".Gangsta golf à ChicagoOn n'avait jamais vu ça en Ryder Cup. Vendredi, pour le départ des quatre-balles. C'est à Bubba Watson de jouer, et au lieu d'attendre le silence, l'Américain et son caddy exhortent la foule à l'hystérie maximale. Le gaucher fantasque enverra un monstre de mine, swinguant au rythme des « USA - USA » : « J'avais déjà fait cela jeudi, à l'entraînement, expliquait l'Américain. J'ai trouvé ça marrant et j'ai décidé de recommencer. Je voulais impliquer la foule, faire cela pour le fun. C'est la Ryder Cup. Nous sommes ici pour nous amuser, non ? »Du Bubba-golf appliqué à la lettre, pour un happening que le tenant du Masters avait déjà produit, lors du bouillant Phoenix Open (un tournoi régulier du PGA Tour, à l'ambiance torride). Et l'idée a eu grand succès. Samedi matin pour les foursomes, Ian Poulter a décidé d'imiter Watson, son adversaire du jour. Des millions de gamins ont vu ces scènes à travers le monde, pour la plus belle des claques aux conventions golfiques !Kaymer, la révolte du banniDeux semaines avant Medinah (Illinois), une saleté de rumeur courait. Comme quoi Martin Kaymer, l'ex kayser époque 2011, pourrait se retirer de la sélection européenne. L'Allemand avait voulu changer de grip et de trajectoire de balle pendant l'hiver, transformant cette merveille de fader en un joueur perdu, tombé au-delà de la 30e place mondiale. Mais contrairement aux ragots, MK se présente bien à Chicago, mais sera mis sur la touche par captain' Olazabal. Un seul double joué, en quatre balles avec Justin Rose face à Matt Kuchar et Dustin Johnson. La tôle reçue (4/3) et l'apathie de Martin le renverront illico sur le banc.Bien obligé de l'aligner dimanche, Ollie qui le trouve « trop tendu », le cale tout au fond de liste, là où il gênera le moins avec Hanson et Molinari... Au bon moment, au bon endroit, c'est pourtant lui, l'ex n°1 mondial, qui enquillera le putt du 14e point. Pour Martin, le salut est venu d'un célèbre compatriote, qui passait par là : « Vendredi, j'ai pu m'asseoir et parler avec Bernhard Langer, au sujet de la Ryder Cup. Je savais que mon attitude n'était pas la bonne pour cette compétition. Cette discussion m'a été vraiment bénéfique. » Si Poulter (quatre matchs, quatre victoires) est l'homme de la Ryder 2012, Kaymer en restera à jamais le héros.Medinah, le miracle d'OlazabalWoods, double zéroTrois doubles joués avec Steve Stricker, pour autant de défaites. Tiger Woods a testé tant de joueurs en Ryder depuis 1997 (dont Davis Love et PHil Mickelson), mais personne, pas même l'un de ses rares amis sur le Tour, ne semble pouvoir lui donner le goût du jeu en équipe. On évoquait autrefois la qualité moindre des balles de son équipementier, qui incitaient ses compatriotes à l'éviter en foursome... Ou les méformes de ses partenaires (Stricker n'a pas été fameux à Medinah, certes). Mais bon, avec un bilan de neuf victoires en 29 doubles, l'Américain n'est définitivement pas fait pour l'exercice.Woods ne brille pas par ses qualités humaines sur un parcours. Et la distance observée entre lui et Stricker pendant les matches en est une preuve. On aurait même cru que le Tigre avait bouclé sa saison 2012 la semaine précédente, lors du Tour Championship. Très bon lors des quatre semaines de play-off de la FedExCup, il s'était fait voler la vedette par Rory, puis le pactole par Snedeker. Le n°2 mondial n'avait plus assez de jus, plus l'envie pour la Ryder, épreuve demandant surtout de la hargne plus que du talent. S'il a déclaré en début de semaine « vouloir tout donner » pour son pays, Woods repart de sa septième sélection avec un demi point, tristement bâclé contre Molinari. Une sixième défaite, en sept participations, qui fait sale dans le palmarès...Sourires, insultes et tapes dans le dosUn bon esprit aura régné tout au long de cette Ryder Cup, jouée sous le soleil d'automne. Le public de Chicago, réchauffé vendredi à 7h du matin par le maître de cérémonie Fred Couples, n'aura jamais abusé de la franchouillardise. Quelques vannes moyennes, quand même. Comme un « Luke, je suis ton père » quand Donald, qui a perdu son paternel l'an dernier, débarque au tee du 1. Où la prise à partie des femmes de joueurs européens, avec quelques chants obscènes partis de la tribune du 18. Une poignée de spectateurs exclus, aussi. Notamment un teenager local, coupable d'avoir tapoté trop fort le dos de Bubba Watson...Rien de méchant donc, hormis le triste « f... k you Seve » d'un fan bourré, sur le 16e tee. Sur le terrain, beaucoup de fair-play (putt donné pour le match à 80 cm, dimanche, par McDowell et surtout Woods) entre deux équipes qui globalement s'apprécient, loin des inimitiés des 80's et 90's. Le sourire de Mickelson adressé à Rose, qui venait pourtant de "l'assassiner" au 17, restera comme une image bien sympa de cette Cup 2012.

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