Golf - Rétro - Ils ont fait la décennie : Et Dubuisson enflamma l'Amérique

L'Equipe.fr
L’Equipe

Pour clore la décennie 2010-2019, la rédaction a sélectionné dix grands moments golfiques. Premier épisode avec la défaite de Victor Dubuisson en finale du championnat du monde de match-play 2014.Victorieux quelques mois auparavant de son premier trophée sur le Tour européen au Turkish Open, cette semaine de février 2014, l'élève de Benoît Ducoulombier se fait un nom à l'échelle mondiale. Tombeur de Kevin Streelman, Peter Hanson, Bubba Watson, Graeme McDowell et Ernie Els, Victor Dubuisson se retrouve en finale face à Jason Day.Le Français s'accroche et sort en play-offs deux approches magiques depuis les cactus qui feront sa légende. Day n'en revient pas et le Tricolore devient "Cactus kid ". Même si "Dubush "échoue finalement au 3e trou de mort subite, il aura enflammé le parcours de Dove Mountain (Arizona). Une performance lui permettant à l'époque de grimper dans le top 25 mondial.Quelques semaines plus tard, Dubuisson nous racontait sa semaine de folie.« Avez-vous remarqué la réaction de Jason Day, qui ne pouvait s'empêcher de rire devant votre 2e coup dans les cactus ?Oui, je l'ai vu. Il était un peu choqué en fait. Quand il est venu voir ma balle au 1, il était sûr de gagner. Il l'était encore plus au 9. D'ailleurs, j'aurais été aussi certain que lui si les rôles avaient été inversés. Je me serais dit : ''C'est bon, je suis champion du monde.'' En fait, c'est ça qui m'a plu : le pousser dans ses retranchements. Je lui ai compliqué la tâche.On parle de ces chips dans les cactus mais, au final, ce sont plutôt les putts rentrés par la suite qui étaient vraiment exceptionnels, non ?Ils n'étaient clairement pas donnés en plus. Au 1, j'avais 1,50 mètre en descente et au 9 un bon 3 mètres. Mais je retiens plus le coup de fer au 17 dans le bunker pour forcer Jason à aller au 18. Je n'avais pas d'autre choix que de rentrer le birdie à ce moment-là. Ma sortie de bunker au 18, elle aussi, était plutôt pas mal.Jouer une finale de WGC, c'est tout de même énorme... Vous êtes-vous fait rattraper par l'événement ?Non... (il cherche ses mots). Tout le monde sait que je n'ai pas la grosse tête mais, honnêtement, je n'ai eu aucun moment de stress. J'ai la capacité de gagner ces gros tournois, je le sais. En finale, je n'ai pas tremblé, et à aucun moment je ne me suis dit : ''C'est la chance de ta vie.'' En Turquie, j'étais très, très stressé, car cette victoire pouvait être le moment déclencheur de ma carrière. Et puis ce WGC se jouait en match play. Ne pouvant perdre qu'un point par trou, ça aide à ne pas angoisser. Même si, hormis moi le petit nouveau, il n'y avait aucun intrus dans les demi-finales, que les meilleurs !Vous êtes-vous senti comme un intrus pendant ce WGC ?Pas du tout, je ne me considère ni comme un intrus ni comme un outsider. C'était juste ma première expérience sur ces gros tournois. Personne ne me connaissait, mais je savais très bien que j'avais les capacités requises pour m'imposer. Je ne me sentais vraiment pas mal à l'aise. Après la Turquie, j'avais quand même des doutes. Non pas que je n'aie pas confiance en moi, mais j'ai toujours peur que les gens interprètent mal mes propos. Ceux qui ne connaissent pas le golf peuvent mal comprendre, quand je prétends avoir le niveau pour m'imposer. Je pense faire partie de ce clan et, maintenant, je suis soulagé d'avoir continué à confirmer ma victoire de novembre dernier. Cette confirmation est vraiment importante pour moi, ça valide tout le travail fourni avec Benoît (Ducoulombier, son coach). J'ai enfoncé le clou.(Ses yeux partent une nouvelle fois vers la TV placée derrière nous qui diffuse les images de sa finale)À vous revoir comme en ce moment, que retenez-vous de votre attitude ? Qu'est-ce qui vous plaît en revoyant ces images ?Je vois que je ne montre aucune émotion. En même temps, j'étais hyper zen intérieurement. Du moins, je faisais au mieux pour le rester le plus possible. On a toujours du stress, mais il ne faut pas qu'il soit mauvais.On a l'impression que les émotions procurées par le golf vous tordent les tripes, en bien comme en mal. À quel point votre golf influe-t-il sur votre personnalité ?C'est sûr qu'en sortant d'une mauvaise partie, je suis toujours déçu, et c'est normal. Mais dans un sens, c'est juste qu'à moins de gagner, je ne suis jamais satisfait de moi. Quand je joue mal, je suis très déçu de ce que je fais. Ça fait partie de mon caractère mais, comme l'a dit Benoît :  ''Si tu as réussi à grimper au ranking mondial et à bien te comporter dans les grands tournois, c'est aussi parce qu'en sortant d'une mauvaise partie, tu ne te dis pas : c'est pas grave, ça arrive''. Non, je ne suis pas content parce que je n'ai pas été assez bon dans tel ou tel compartiment et que je veux évacuer ma frustration en corrigeant le tir immédiatement.Dubuisson en WGC, c'est mitigéSur la lancée de son WGC, Dubuisson fera une saison de folie avec deux top 10 en Majeur et une sélection en équipe de Ryder Cup. Le Français termine son année 2014 au 17e rang mondial. Quelques semaines plus tard, début 2015, « Dubush » atteindra même la 15e place mondiale. Aucun Tricolore n'était monté si haut et aucun n'a encore réitéré cette performance.

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi