Golf - Reportage - Partie 1/4 : Grégory Bourdy à la recherche d'une plus grande vitesse

L'Equipe.fr

Couvrir des tournois, c'est habituel. Passer une semaine au plus près des meilleurs, bien en amont de la première grosse épreuve de la saison dans les Émirats, c'est plus rare. On a suivi quelques-uns des meilleurs Européens dans leur préparation entre Dubai et Abu Dhabi. Première partie avec Grégory Bourdy.La route pavée qui sillonne entre les luxueuses villas s'achève et le club-house, limite mégalo, du Jumeirah Golf Estate à Dubai apparaît. L'endroit familier n'a pas la même saveur sans ses tribunes, ses vigiles omniprésents et sa finale de la Race to Dubai. Mi-janvier dernier, l'effervescence était différente.Mais l'endroit draine toujours son flot d'expatriés britanniques, bardés de coups de soleil et sortant de leurs berlines grand luxe sans même un regard pour un personnel aux petits soins. Une fourmilière de voiturettes va et vient au gré des départs de la compétition du vendredi, premier jour du week-end dans les Émirats. La tranquille routine sous le soleil, en somme... Sauf qu'à l'autre bout du practice de ce complexe immaculé, une autre routine, un peu plus effrénée, reprend. Celle de l'élite européenne au cœur d'un temple absolu de l'entraînement, l'ETPI.La chasse aux miles Normal de croiser Thomas Björn en pleine séance de practice aux côtés de Thorbjörn Olesen. Un peu plus bas, Martin Kaymer étudie à la loupe son swing entouré d'une batterie de minicaméras sur trépied. Juste derrière, Matt Fitzpatrick teste de nouveaux bois de parcours entouré de quelques ingénieurs. Logique aussi de retrouver une bonne demi-douzaine de Français sur zone. Grégory Bourdy est d'ailleurs en pleine action ce matin. Malgré une solide brise qui soulève de denses volutes de sable, le Bordelais enchaîne les drives sous l'œil de son coach de toujours. «Allez, on va essayer de passer à 113. » Olivier Léglise se tient droit devant son poulain, casquette sur le crâne et lunettes de surfer devant les yeux. Sa voix gutturale égrène les points clés : «Tu prends bien le club au bout du manche.» Il vérifie. «OK. Maintenant tu relâches. Un peu de waggles, voilà. Tu cherches un swing long, très grand. Relâche les épaules...» Bourdy entame le swing. «Et c'est dans la balle... LÀ ! Que tu accélères.» Pan, la balle vient de filer à bonne vitesse dans la bise. Bref coup d'œil sur le smartphone qui affiche les données prises par le Trackman (radar de mesure) installé à quelques mètres de l'action. «C'est bon ça Greg ! Je t'avais dit qu'on allait faire 113.» 113 mph, comme la vitesse de la tête de club à l'impact.Car Bourdy est en pleine recherche de puissance en ce début de saison comme l'explique "The Church" : «De base, il est à 108 ou 109 mph. L'objectif est d'arriver à 113 et donc de gagner entre 10 et 15 m, c'est énorme ! Il passerait de 250 à 260 m de portée de balle, une sacrée différence pour lui.» Un travail spécifique que Bourdy et son mentor ont défini ensemble en amont de cette nouvelle saison : «Chaque fin d'année, on fait un bilan avec les joueurs, on jette un œil sur les statistiques, sur le jeu au sens large. Ensuite, on définit de nouveaux objectifs, de travail ou de résultats, qu'il faut bien mettre en place avant les premiers tournois.»Se tester sous pression Traditionnellement, la team Léglise (Bourdy, Wattel, Hébert) passe une bonne semaine ensemble en amont du tournoi d'Abu Dhabi pour mettre en route la machine. «Au préalable, j'ai préparé leurs programmes d'entraînement, précise Olivier Léglise. Je sais exactement ce que je vais faire avec chaque joueur.» Et le coach fédéral de sortir son téléphone contenant un tableur partagé en temps réel. Chaque joueur a son programme détaillé par secteur de jeu avec des exercices précis à chaque fois. Des tests de performance chiffrés sont ainsi remplis quotidiennement. Les résultats sont consignés et même visibles par tous les membres de l'équipe. Histoire, si besoin, de titiller un peu plus l'esprit compétitif de ses poulains. «C'est aussi un moyen détourné de les fliquer un peu», s'amuse Léglise.À quelques mètres de là, tout en bas d'une longue vague de fairways, Romain Wattel tape seul des coups de wedges à la recherche d'un contact encore plus solide. Le local de l'étape (il n'habite qu'à une petite demi-heure de là) explique pourquoi une telle semaine de stage intensif est essentielle à sa préparation : «Ça fait presque un mois qu'on n'a pas touché à la compétition, donc le but est vraiment de se remettre en marche. On passe beaucoup de temps au petit jeu et on peut surtout faire des matches avec les autres joueurs présents. Ça permet de se tester sous pression, même si ces parties restent bon enfant.»À suivre...

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