Golf - Reportage - Partie 4/4 : Yas druide et compagnie

L'Equipe.fr

Couvrir des tournois, c'est habituel. Passer une bonne semaine au plus près des meilleurs, bien en amont de la première grosse épreuve de la saison dans les Émirats, c'est plus rare. Dernière partie de cette plongée au plus près de Julien Quesne et de Grégory Havret à la recherche de son chipping (un peu) perdu. À une centaine de kilomètres de Dubai, le déjeuner s'achève pour Grégory Havret et Julien Quesne. Tous deux viennent de boucler une partie d'entraînement sur le Yas Links à Abu Dhabi. Deux jours qu'ils sont sur place, eux aussi à la recherche de bonnes sensations avant l'entame de la saison. Bien sûr, Benoît Ducoulombier, leur entraîneur, les accompagne. À peine le café englouti, retour au practice pour Quesne. Le perfectionniste est en action et ne se satisfait pas de contacts de balle qu'il estime mauvais. Après un nouveau swing sans grande saveur, le druide sort l'artillerie lourde pour redonner confiance à son élève. «J'aimerais que tu laisses vivre un peu plus ce club à la descente.» Baguette à la main, le Druide mime le geste qu'il recherche. «Laisse le tomber ce club, laisse le faire.» «J'ai l'impression d'aller à la pêche quand je fais ça», marmonne Quesne en s'exécutant. Le coach fait mine de n'avoir rien entendu et enchaîne. «T'occupe, sois bon ici : à l'impact.»Le contact qui suit est plus franc. «Bien, c'est mieux. Mais n'aie pas peur. Ton club à mi-chemin est parfait. Je veux que tu te concentres sur l'impact, le reste je n'en ai rien à foutre...» Nouveau contact encore plus solide «Voilà, très bien...» La voix de Ducoulombier est douce mais ferme, ses gestes précis. Ses mains virevoltent, miment les trajectoires devant ses lunettes noires à grosses montures.«Après, je ne vais pas non plus commenter chaque balle que tu vas taper, on ne s'en sortira pas. Je veux que tu fasses très bien les choses que tu fais déjà bien, sans les compliquer, c'est tout.» Une balle parfaite jaillit. «Voilà ! Ça, c'est 12/10 Julien, 12/10 !» Juste derrière le duo, des gamins du club tapent eux aussi des balles sans prêter la moindre attention aux deux Français. Grégory Havret arrive. Une petite séance pour vérifier rapidement que tout est dans le bon sens avec son nouveau copilote Sébastien Clément. Puis le duo file vers le chipping green, suivi par Benoît Ducoulombier.Le mec normalPantalon bleu roi, polo blanc, chaussures assorties, comme d'habitude Gregory Havret n'a pas de fausse note vestimentaire. Par contre son chipping n'est pas à son goût. Alors on ouvre le capot autour du green d'entraînement. Le Druide se mue en mécanicien et aligne quatre balles à quelques centimètres les unes des autres.«Le but du jeu est que tu tapes trois chips en te concentrant uniquement sur le contact. Je veux que tu prennes le minimum de temps entre chaque coup. On ne regarde même pas où elles vont, mais je veux que tu améliores le contact de balle en balle et que tu lâches prise. C'est seulement sur la dernière balle qu'on visera précisément.»Havret s'exécute sans broncher. L'objectif est clair : remettre le triple vainqueur sur le Tour dans le mode jeu. Les séries s'enchaînent, les contacts redeviennent plus francs, les balles touchent de plus en plus les trous. «Mets encore plus d'instinct, je trouve que tout est trop scolaire. Je n'ai pas envie de chipoter tout le temps sur la partie technique qui est perfectible, c'est sûr. Le plus important c'est le jeu. Amuse-toi, crée des coups différents à chaque fois.»Peu à peu Havret retrouve une bonne régularité. Et d'un coup, le Druide s'illumine : «Voiiiiiilaaaa ! Là je crois qu'on y est. Tu es bien moins statique. Je ne sais pas comment t'expliquer mais au niveau de l'ambiance, de la musique, pour moi là, tu es normal. Tu es le mec standard avec une bonne technique.» Et Havret de répondre du tac au tac le sourire aux lèvres : «Je suis un mec normal quoi».Le Bordelais d'adoption le sait, il vient de trouver une clé précieuse pour les semaines qui arrivent : «C'est sûr, cette période est propice pour rentrer un petit peu plus dans la profondeur des choses. On cherche à ingurgiter des paramètres techniques précis dans ce genre de stages. Les deux jours qu'on a passés au Yas Links vont m'être très utiles pour les semaines et les mois qui s'annoncent.»Le soleil descend rapidement, mais il reste encore un peu de temps pour un ultime défi. Une pétanque au chipping, à quatre avec Julien Quesne et Sébastien Clément en renfort. Pour la petite histoire, ce n'est pas le coach qui l'emportera. Normal, il a donné ses meilleures clés.

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages