Grégoire Barrère sauve la journée des Bleus au « gymnase »

Grégoire Barrère affrontera jeudi le Suédois Mikael Ymer. Ils sont à 1-1 au bilan de leurs face-à-face. (Thomas Proisy/Presse Sports)

Des trois Français programmés sur le court annexe du Moselle Open, mercredi, un seul a gagné : Grégoire Barrère, auteur de sa meilleure perf de l'année contre l'Allemand Oscar Otte (7-6, 7-5).

Encadré par six panneaux de basket, privé d'arbitrage électronique, doté d'une seule tribune et équipé d'un filet monté sur roulettes, le court annexe du Moselle Open a pourtant très belle allure. C'est dans ce grand gymnase posé dans un coin des Arènes de Metz et nommé « Court 1 » que trois Français étaient programmés, mercredi, pour leur premier tour.

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Le tableau de Metz

Adrian Mannarino (47e) a essuyé les plâtres, car au début de son match contre le Suédois Mikael Ymer (100e), à midi, les spectateurs entraient et sortaient comme dans un moulin, pendant les jeux et même pendant les points. Avant que la sécurité ne se mette en place pour réguler la circulation et limiter les claquements de porte, le gaucher français a disputé une première manche à rallonge et à dix-huit balles de break contre Ymer.

Il a sans doute remporté le point du tournoi, pour sauver une balle de 7-5, en enchaînant un combo amortie-contre amortie avec un lob superbe, d'une pichenette réalisée dos au filet qui a lobé à son tour son adversaire, puis en concluant avec un smash réussi sur un smash retourné et flottant, frappé du fond du court par le Suédois. Dans la foulée, paradoxalement, tout a foutu le camp. Mannarino a perdu le set, sa sérénité et son tennis (7-5, 6-0 en 1h46).

Furness tout près de l'exploit

Evan Furness (208e) devait avoir un peu la tête ailleurs, à l'heure de la digestion, au moment de lui succéder dans le gymnase, et de disputer, à vingt-quatre ans, le tout premier match de sa carrière sur le circuit principal. Issu des qualifications et sans doute tendu par l'événement, le Breton venait d'oublier son téléphone en salle de gym, pendant son échauffement, mais c'est comme s'il avait aussi laissé son jeu au vestiaire. Il a perdu blanc les trois premiers jeux du match en sept minutes chrono. Douze points qui s'envolèrent en un clignement d'yeux, contre Alexander Bublik, 44e ATP et titré à Montpellier cette année.

Loin de se décomposer pour autant, Furness a ensuite livré une superbe bataille au fantasque Kazakh, réussissant par moments des séries de retours assez faramineux face à un tel serveur. Mené 4-2 au premier set, il l'emporta 7-5. Mené 4-1 au deuxième, il recolla à 4-4, en vain. Et dans la dernière manche, il alla jusqu'à mener 4-2, avant de déposer les armes au tie-break, devant une tribune pleine de spectateurs ravis par le show (5-7, 6-4, 7-6 [5] en 2h31).

Perf sur perf pour Barrère

Lancé peu avant 18 heures, Grégoire Barrère (167e) a joué devant moins de monde, car le public avait préféré migrer vers le Central, pour le choc entre les deux ex top 10 Richard Gasquet et Dominic Thiem (6-3, 7-6 pour l'Autrichien). Ça n'a pas empêché Barrère, lui-même ex 80e joueur mondial et âgé de 28 ans, de remporter la meilleure victoire de sa saison, face à Oscar Otte (52e). Le tout en étant mené 5-3 ans les deux manches (7-6 [3], 7-5 en 1h26). Issu des qualifications et tombeur, lundi, au dernier tour préliminaire, du Hongrois Marton Fucsovic (91e), Barrère vient de décrocher coup sur coup ses deux meilleures « perfs » de l'année.

Jeudi, il défiera, pour une place en quarts de finale, Mikael Ymer, le tombeur de Mannarino. Les deux hommes auront la chance de s'expliquer à nouveau dans le gymnase.