Le Graët à la tête de la FFF, des sorties médiatiques délicates

Le Graët à la tête de la FFF, des sorties médiatiques délicates

Depuis sa prise de fonctions en 2011, Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, a accumulé les sorties médiatiques polémiques. Extraits.

2013 : les agents hors la loi, « pas un drame »Mercredi 11 septembre 2013, dans l'émission « Cash Investigation » de France 2, le président de la Fédération française de football s'attire les foudres du SNAS, le Syndicat national des agents sportifs, suite, notamment, à ses déclarations sur Christophe Hutteau. L'agent, qui revendique 41 joueurs sous contrat, dont Valbuena, n'en mentionne aucun dans sa fiche transmise à la FFF. Réaction du patron devant Elise Lucet : « Ce n'est pas important, important, franchement. C'est obligatoire qu'ils envoient leur liste, mais s'ils ne le font pas, ce n'est pas un drame. Je défends aussi les agents qui se comportent bien, et ce monsieur se comporte très bien. Je n'ai jamais entendu parler de lui sur un incident, nulle part. »

2016 : « rien à foutre » des JOAlors que Paris et Los Angeles sont les deux villes en course pour l'organisation des Jeux Olympiques 2024, Noël Le Graët se décharge du sujet de manière très directe : « Les JO, je n'en ai rien à foutre », balaye-t-il, selon des propos rapportés par Le Parisien lors d'une discussion entre le boss de la Fédé et Jérôme Champagne, alors candidat français à la présidence de la FIFA. « NLG », lui, soutient la candidature de Gianni Infantino.

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2019 : homophobie et racisme, deux poids, deux mesures ?Au début de la saison 2019-2020, plusieurs matches de Ligue 1 sont brièvement interrompus pour cause de chants homophobes en tribunes. Noël Le Graët réagit surFranceinfo, établissant une certaine distance entre l'homophobie et le racisme dans les stades. « Je n'arrêterais pas les matches (pour des chants homophobes). Je ne veux pas être pris en otage sur l'homophobie. J'arrêterais un match pour des cris racistes, ça c'est clair [...] Je suis navré de choquer les beaux esprits, mais des banderoles comme LFP, enc... ne sont pas homophobes. La vraie homophobie n'est pas là. Il faut être sérieux. » Roxana Maracineanu, ministre des Sports à l'époque, lui rétorquera que cette « différenciation entre homophobie et racisme est erronée ».

2020 : la minimisation du racisme dans le footSur BFM, le président de la FFF réagit aux échauffourées qui ont terni la fin du Classique entre le PSG et l'OM (0-1), et aux propos prétendument racistes qu'aurait tenus le Marseillais Alvaro Gonzalez envers le Parisien Neymar. « Quand un Black marque un but, tout le stade est debout. Le phénomène raciste dans le sport, et dans le football en particulier, n'existe pas ou peu. »

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Juin 2022 : la parenthèse MbappéEn juin, dans le JDD, Le Graët révèle que Kylian Mbappé avait songé à mettre son aventure en Bleu entre parenthèses, déplorant un manque de soutien de la 3F après l'élimination contre la Suisse à l'Euro 2021 : « Il trouvait que la Fédération ne l'avait pas défendu après son penalty raté et les critiques sur les réseaux. Il ne voulait plus jouer en équipe de France. » Sauf que « NLG » s'est trompé de cible, à en croire Mbappé, qui lui a répondu de la sorte sur Twitter : « Oui enfin je lui ai surtout bien expliqué que c'était par rapport au racisme et non au penalty. Mais lui considérait qu'il n'y avait pas eu de racisme... »

Octobre, novembre et décembre 2022 : l'épineux cas du QatarDans l'émission « Complément d'enquête » de France 2, Le Graët est invité à réagir quant aux logements insalubres réservés aux travailleurs sur les chantiers des stades au Qatar. Sur les images filmées en caméra cachée, on y voit effectivement des chambres en piteux état. Pas pour le patron de la Fédé, pour lequel « ce n'est pas insoluble ça, c'est des coups de peinture. Il y a encore le temps de réparer ça. »

En novembre, avant le match de la phase de groupes de la Coupe du monde contre le Danemark (2-1), le président de la FFF s'exprime sur les liens qui unissent la France et le Qatar. « Les rapports entre les deux pays sont satisfaisants. Le Qatar n'est pas un pays ennemi, c'est un pays ami », argumente-t-il sur Franceinfo, glissant au passage un tacle à ceux qui ont osé critiquer le pays organisateur du Mondial : « Je n'aurais pas aimé qu'on critique mon pays. »

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En décembre, il n'est plus question que les capitaines portent le brassard « One Love » à la Coupe du monde. Noël Le Graët est soulagé : il a lutté pour que le bout de tissu ne soit pas arboré. « Les choses sont claires : quand je suis à la FIFA, je suis à la FIFA. J'ai été l'un des leaders pour qu'il n'y ait pas ce brassard », confesse-t-il dans un entretien au Figaro.

2023 : « rien à secouer » de l'avenir de ZidaneNoël Le Graët méprise Zinédine Zidane, candidat au poste de sélectionneur avant que Didier Deschamps ne soit prolongé, en déclarant, sur les ondes de RMC, n'en avoir « rien à secouer » que le champion du monde 1998 vienne ou non à prendre les rênes de la sélection brésilienne. Il confie également que Zidane n'a pas tenté de le joindre et que de toute façon, il ne l'aurait « même pas pris au téléphone ». Le Graët-Mbappé, acte II : « Zidane c'est la France, on manque pas de respect à la légende comme ça... » réagit sur Twitter le triple buteur de la finale du dernier Mondial.

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