Griezmann, la Costa croisière

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En manque de réussite durant la première partie de saison, Antoine Griezmann a retrouvé des couleurs en 2018. Un retour en forme auquel Diego Costa, arrivé à Madrid lors du mercato hivernal, n’est pas étranger. Focus sur un “dynamic duo” qui risque de faire mal à l’OM.

Rester à l’Atlético avec un doublement de salaire à la clé, ou céder aux sirènes du grand Barça cet été ? C’est peu dire qu’en ce moment, Antoine Griezmann a des problèmes de riche. Le genre de dilemme cornélien auquel tout footballeur aimerait être confronté, et qui, au regard de la saison traversée par l’attaquant français, relève davantage du rêve éveillé que du cas de conscience. Pas sûr qu’en décembre dernier en effet, le club madrilène aurait tenté de retenir sa vedette tricolore avec autant d’énergie.

L’ex de la Real Sociedad sortait alors de plusieurs mois éprouvants, au cours desquels il avait accumulé les fautes de goût. Des envies d’ailleurs exprimées avec un peu trop d’insistance durant l’été, une prolongation de contrat assortie d’une substantielle augmentation de salaire perçue comme le fruit d’un chantage inélégant, une “black face” maladroite, dès performances en berne… En cinq mois, Griezmann les a empilées, au point de troquer son costume d’aimant à sponsors pour celui, moins seyant, de repoussoir à socios. Et puis Diego est arrivé.

Plus vraiment en cour chez les Blues, Costa a dû ronger son frein durant six mois avant de retrouver l’Atlético en janvier. Une bien longue attente, justifiée par l’interdiction de recrutement qui a frappé les Colchoneros en 2017, mais qui a présenté une vertu : ouvrir l’appétit de l’attaquant espagnol. Du pain béni pour Griezmann, qui a trouvé en l’ex de Chelsea le “sidekick” idéal.

Immédiatement installé par Simeone au côté du Français à la pointe d’un 4-4-2 sur mesure, Costa s’est empressé de le délester des tâches les plus ingrates, en plus de lui servir de point d’appui. Exit, donc, le pressing solitaire à la perte du ballon et les courses à vide pour le n°7 des Colchoneros. Depuis bientôt cinq mois, Diego est (aussi) là pour s’occuper des basses besognes. Agressif, généreux dans l’effort, à l’aise dans son rôle de pivot, le natif de Lagarto redonne de l’oxygène à Griezmann à grands coups d’épaules et d’appels en profondeur. Résultat : le Mâconnais se régale, et ses stats enflent autant que l’ego de CR7 après un coup d’œil dans le miroir.

Divine idylle

Buteur à seulement 5 reprises en Liga en première partie de saison, pour un taux de conversion de ses tentatives de 14,3%, Grizzy a réglé la mire en 2018 (taux de 24%), et planté 19 pions toutes compétitions confondues depuis l’arrivée de son compère (pour 6 assists). Un printemps statistique marqué par quelques prestations majuscules – triplé contre Séville en février, quadruplé historique face à Léganès trois jours plus tard -, auquel Costa n’est bien sûr pas étranger.

Le réduire au rang d’âme damnée de l’attaquant français serait néanmoins réducteur, l’Espagnol profitant tout autant de la mobilité et de l’intelligence de jeu de Griezmann pour soigner son bulletin de notes. Résultat : “la Pantera” facture 7 buts et 3 passes décisives en vingt matchs disputés en 2018. Pas mal pour un joueur qui n’avait pas joué la moindre minute au très haut niveau durant les cinq premiers mois de la saison…

Divine, l’idylle qui unit les deux hommes sur le front de l’attaque rojiblanca pourrait pourtant connaître une fin prématurée si Griezmann venait à décider d’aller voir si l’herbe est plus verte en Catalogne. Un cas de figure que Costa préfère ne pas envisager. “Avant, il n’arrêtait pas de m’appeler pour que je revienne à l’Atlético, a-t-il ainsi confié avec un brin d’humour lors d’une conférence de presse en avril dernier. Donc maintenant, il ne va pas me laisser tout seul. Je lui ai dit de ne pas partir. » Reste qu’en dépit de ce touchant appel du pied, le Français n’a jamais semblé aussi proche de la sortie. Il ne resterait alors que trois matchs aux deux acolytes de pour faire étalage de leur remarquable complémentarité. Trois rencontres, dont une finale de gala le 16 mai prochain à Lyon. Espérons pour les Marseillais que le duo rate sa sortie de scène.

 

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