Grosjean : "Je pense que j'avais encore ma place en F1"

Basile Davoine
·3 min de lecture

Romain, qu'est-ce que ça fait de quitter cette équipe et peut-être la F1 ?

C'est un peu bizarre, c'est une page qui se tourne. Est-ce que c'est le moment où je me voyais quitter la F1 ? Pas vraiment, mais les circonstances sont telles avec le COVID et la crise financière dans les différentes industries, que c'est comme ça et il faut faire avec. J'avais envie de faire encore quelque chose en Formule 1 et je pense que j'avais encore ma place en termes de rapidité, d'expérience et de ce que je suis capable d'apporter à une équipe de Formule 1. Ici ils ont décidé de prendre une direction différente et c'est tout à fait compréhensible vu la situation.

Est-ce que vous avez déjà lancé des pistes ailleurs ?

Oui, c'est sûr, j'ai lancé des pistes. Je travaille sur plusieurs projets mais il n'y a rien de concret pour le moment. C'est très tard dans l'année, et c'est la seule remarque que je pourrais faire : si on avait pu l'apprendre un peu plus tôt, ça nous aurait potentiellement aidés un petit peu, car il y a des championnats qui débutent mi-janvier, donc ce n'est pas simple, en étant quasiment en novembre, de trouver des places. Mais je travaille sur différents projets. Je pense que j'arriverai à quelque chose de bien. C'est sûr, ce sera différent de la Formule 1, mais je vais peut-être retrouver la joie de gagner des courses, de me battre pour des championnats, aux avant-postes, ce que l'on met un petit peu de côté en Formule 1 quand on n'est pas dans les deux meilleures écuries.

Les statistiques - Romain Grosjean

Les statistiques - Romain Grosjean<span class="copyright">Camille De Bastiani</span>
Les statistiques - Romain GrosjeanCamille De Bastiani

Camille De Bastiani

Est-ce que vous n'étiez pas au bout d'un cycle avec Haas ?

Tu renouvelles pour un projet qui a du sens à l'avenir, en termes de performances pures. Et là, d'après mes informations, je pense que ce n'est vraiment pas la direction prise par l'équipe. Et c'est ce que Günther [Steiner] m'a expliqué au téléphone. Quand je lui ai dit que je pensais qu'il allait en garder un des deux, il m'a dit : "Financièrement, je ne peux pas".

La situation est donc un peu grave chez Haas ?

Grave non, je ne pense pas, parce que j'imagine que Haas Automation fonctionne encore très, très bien. Mais je pense que la volonté de Gene [Haas] de mettre de l'argent dans le projet F1 est moins importante qu'avant. C'est la seule chose que je peux expliquer. Si vous regardez sa voiture, il n'y a pas de sponsor. Le financement venait quasiment à 100% de Gene, et j'imagine qu'il ne voulait pas remettre ce qu'il mettait avant, donc il a fallu trouver d'autres solutions.

Avez-vous pu vous entretenir avec Gene Haas ?

Je lui ai envoyé un message pour le remercier pour ces cinq années, car cinq ans dans une équipe ce n'est pas rien. Pour le remercier de m'avoir fait confiance au début. Je lui ai dit que j'étais content de ce que l'on avait accompli. Je pense que sur les trois dernières années il y avait mieux à faire. Je pense qu'il y a des choses qui auraient pu être faites différemment pour que l'équipe prenne vraiment un autre statut, mais ce n'est que mon point de vue. Il m'a répondu qu'il me remerciait à son tour, que j'étais resté en F1 bien plus que la plupart des pilotes, que ce n'était pas rien et que l'on se verrait ce week-end.