Guillaume Gille : « Je sens l'équipe de France prête à démarrer pied au plancher »

Après le succès contre l'Égypte ce samedi soir à Orléans (33-32), en clôture de la préparation, le sélectionneur des Bleus Guillaume Gille se dit rassuré en vue du Mondial qui débute le 11 janvier en Pologne

« Après ces deux matches de préparation, contre les Pays-Bas (43-32) mercredi et ce samedi contre l'Égypte (33-32), pensez-vous que l'équipe de France est prête pour le Mondial qui débute le 11 en Pologne contre la Pologne ?
Après deux matches, elle l'est plus qu'elle ne l'était il y a dix jours. On sait qu'on est dans une période de travail, d'essais sur plein de domaines et que rien ne vaut le sel de la compétition. Quand on imagine le contraste dans lequel on va être plongés après avoir bénéficié de la ferveur du public dans cette salle magnifique, il va falloir se préparer mentalement dans un tout autre style, toute autre hostilité du côté des tribunes.

L'équipe a fait du bon boulot, on peut être satisfait de notre préparation. On a malgré tout quelques petits soucis et alertes sur certains postes, ce qui nous a fait un peu modifier nos plans de départ. C'est le lot des équipes de devoir se recomposer au gré des aléas qu'on rencontre. On sent que cette préparation a laissé des traces. Mais je sens l'équipe prête à démarrer pied au plancher cette compétition.

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Avec les forfaits de Kyllian Villeminot (genou droit) et de Benoît Kounkoud (pied gauche), votre groupe est désormais de dix-huit joueurs. Donc c'est ce groupe qui part lundi pour le Mondial ?
Avec les incertitudes que je viens d'évoquer, on se doit aussi d'être prudent avant d'annoncer quoi que ce soit, on va faire le point entre aujourd'hui (samedi) et demain (dimanche). Mais il y a de fortes chances que ce groupe qui n'a pas été modifié suite à la blessure de Benoît soit le groupe qui décolle. Mais encore une fois, c'est la vérité de 20 heures, peut-être que dans une demi-heure, quatre heures, les choses évolueront. On est prêts à ça.

Pourquoi n'avoir rappelé personne suite à ces deux forfaits ?
Justement par nécessité de resserrer le groupe et de se concentrer sur une ossature de joueurs qui vont avoir à porter les responsabilités de l'équipe. Prendre du temps avec de nouveaux joueurs aurait été un peu contre-productif.

Une hiérarchie des 16 (joueurs qu'on peut aligner sur la feuille de match) est-elle déjà établie puisque Romain Lagarde et Charles Bolzinger ?
Oh une hiérarchie... C'est l'avantage qu'on a sur ce genre de compétition on va pouvoir utiliser dix-huit joueurs à chaque match. Clairement dans les choix de temps de jeu, de responsabilité donnée, c'est aussi une forme de hiérarchie qui se dessine. Mais de là à en faire quelque chose de gravé dans le marbre, on connaît trop bien les compétitions et leur déroulé pour savoir que les choses peuvent évoluer très vite. Ce qui est important pour moi, c'est d'emmener dix-huit garçons, si on part à dix-huit, focus et prêts à être utilisés à n'importe quel moment.

L'équipe de France est-elle là où vous voulez qu'elle soit avant le départ en Pologne, lundi ?
Franchement, qui pouvait imaginer ce qu'il s'est passé cette semaine en termes de déroulé de match, de problématiques vécues au sein du groupe, de petits bobos. C'est à chaque fois quelque chose que l'on vit, on est toujours en train de s'adapter. Ce que je sais c'est qu'en l'état actuel de notre effectif, de notre préparation, je suis content du travail qu'on a pu fournir.

Au-delà de ça, la seule vérité c'est celle du Mondial, de la compétition où tout est remis à zéro. On peut faire la plus belle des préparations et se planter en début de compétition. L'intéressant pour nous c'était de progresser, de rafraîchir le disque dur équipe de France auprès de tout le monde, de rassembler l'équipe autour du projet Championnat du monde. Et puis maintenant, allons-y. Allons vivre de grands moments en Pologne et en Suède.

Vincent Gérard a joué une heure dans les buts, c'était prévu ou c'est parce qu'il était chaud bouillant en première période (12 arrêts sur les 18 au total) ?
Là aussi entre les plans prévus et ceux réalisés, il y a souvent beaucoup d'écart. Ce qui est certain c'est que c'est aussi important de saluer la prestation de notre portier numéro 1 et de le voir à ce niveau-là. Délivrer une performance très solide, on aura besoin de ça. C'est aussi ce qu'on cherchait autour de ces matches-là : retrouver un poste de gardien et Vincent (Gérard) avec le maximum de confiance et de certitude.

Charles Bolzinger n'aura pas joué une minute sur les deux matches, ce n'est pas dérangeant en cas de besoin au Mondial, derrière Gérard et Desbonnet ?
Un match amical de ce niveau-là, ce n'est pas l'école des fans. On verra bien comment les choses se passent. Ça donne une tendance mais ça ne ferme rien. On verra sur place.

Mais physiquement Charles Bolzinger (ischio) est apte ?
S'il ne l'était pas, il n'aurait pas été sur la feuille. On n'est pas là pour faire des cadeaux à qui que ce soit. »

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