Guillaume Martin inquiet sur la problématique de la pratique du cyclisme avec le réchauffement climatique

Guillaume Martin a confié ses inquiétudes sur l'avenir du cyclisme et du sport dans sa globalité face aux enjeux climatiques des années à venir. (S. Mantey/L'Équipe)

Le cycliste de la formation Cofidis Guillaume Martin a raconté pour « Reporterre » les conditions de plus en plus problématiques de la pratique de son sport. Au point de suggérer, par exemple, que le Tour de France ne se dispute plus en juillet à l'avenir.

La Vuelta 2021 et ses « chaleurs hallucinantes », le transport des hommes et du matériel en avion ou tout simplement le rôle des sportifs dans la prise de conscience écologique : Guillaume Martin (Cofidis), qui se veut également philosophe, a confié ses inquiétudes au média « Reporterre ».

« Nous vivons un très gros problème », répond notamment le meilleur grimpeur du Tour d'Espagne 2020 à la question du statut de sportif dans un climat déréglé. « Un moment, je me suis demandé ce que je faisais là (à propos de la Vuelta 2021), à faire des efforts extrêmes sous des températures extrêmes, pendant que les autorités conseillaient à la population de rester cloîtrée chez elle avec les volets fermés. »

Quant aux perspectives, elles ne le réjouissent plus, au point qu'il estime que le calendrier des plus grandes compétitions devrait être revu : « Je ne suis pas certain que le Tour de France puisse continuer de se tenir en juillet. Il en va de la santé des coureurs et des spectateurs. »

En mettant en avant son absence du domicile « 200 à 250 jours », Martin souligne par ailleurs le fait que les coureurs privilégient l'avion en mode de transport entre les courses. Et la prise de conscience du peloton et des équipes reste encore timide, dans un monde où « de nombreux coureurs ont tout arrêté à cause de burn-outs, de dépressions ».

Quant aux modes d'action pour que le monde du sport soit plus écoresponsable, Martin s'en remet au Giec (groupe d'experts sur l'évolution du climat), tout en estimant que « nous avons besoin de divertissement, mais nous pouvons sans doute nous divertir de manière plus raisonnable ». L'occasion aussi de rappeler que les décisions principales se prennent aux plus hauts échelons : « Je n'ai pas le pouvoir décisionnel d'un politique. Il ne faut pas renverser les responsabilités. »

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