Gymnastique - ChF - Championnats de France : sans Mélanie De Jesus Dos Santos, la course est ouverte pour le titre national

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Quadruple championne d'Europe, Mélanie De Jesus Dos Santos ne remet pas son titre de championne de France en jeu, ce samedi à Mouilleron-le-Captif. À 49 jours des Jeux, l'épreuve recèle quand même de jolis défis.

Les Championnats de France débutent ce samedi à Mouilleron-le-Captif (Vendée) avec le concours général, et s'achèveront dimanche par les finales aux appareils. On n'y croisera pas Mélanie De Jesus Dos Santos, la quadruple championne d'Europe et tenante du titre national n'ayant en effet pas coché l'épreuve à son calendrier.

À 49 jours des Jeux olympiques, d'autres athlètes majeurs manqueront aussi à l'appel, à l'image d'Aline Friess, meilleure Bleue lors des Mondiaux de 2019 (5e par équipe, 11e en individuel), opérée d'un genou à l'automne dernier et qui a signé un retour probant lors d'un récent tournoi en Ukraine (victoire par équipe, en individuel et au sol). Elle préfère se concentrer sur l'ultime test le 11 juin à l'Insep qui permettra de finaliser la composition de l'équipe de France olympique.

Héduit, Devillard et Boyer en action
En leur absence, les regards devraient se tourner vers Carolann Héduit, que l'on avait quittée avec un genou en capilotade lors de sa finale au sol des Championnats d'Europe à Bâle, ou vers Célia Serber, prometteuse en Ukraine aux côtés d'Aline Friess. On n'oubliera pas d'observer Coline Devillard et Marine Boyer, respectivement médaillée d'or au saut et d'argent à la poutre le week-end dernier lors de la Coupe du monde à Varna (Bulgarie).

Championne d'Europe 2017 au saut, encore médaillée d'argent en 2019, Coline Devillard serait un atout à cet agrès si elle n'avait eu à composer avec de nombreuses blessures. « J'ai hâte de m'aligner sur les quatre agrès aux Championnats de France, insiste la jeune femme, consciente pourtant qu'il sera compliqué d'intégrer le quatuor olympique pour Tokyo. À Varna, c'était une reprise, j'étais stressée. Mais j'étais prête au saut. J'avais un peu de pression mais j'ai réussi, et ça fait plaisir de revenir avec une médaille d'or. » Pour autant, elle ne se risquera pas en Vendée à sa double vrille, en raison de la fatigue accumulée pendant le voyage.

Quant à Marine Boyer, on l'attend particulièrement à la poutre. Double médaillée européenne à cet agrès, quatrième des Jeux de Rio, elle s'y impose comme l'une des spécialistes mondiales. « Son niveau physique et mental s'améliore, relève Nellu Pop, l'un de ses entraîneurs à l'Insep. En qualifications de la Coupe du monde, elle sort une note de difficultés de 5,9 points, ce qui était un des objectifs. » À cause d'un déséquilibre sur une série de trois éléments en finale, cette valeur de base avait perdu 3 dixièmes (5,6). « Mais toutes ces expériences vont lui donner des informations pour la préparation des JO, où elle sera prête pour aller chercher une médaille », promet le technicien.

Une course ouverte chez les hommes
Chez les hommes, ces Championnats de France s'annoncent denses. Qualifié pour les Jeux à titre individuel, Loris Frasca va remettre son titre en jeu. Il sera notamment face à celui qui l'avait précédé sur les tablettes, Julien Gobaux, qui avait déclaré forfait pour la Bulgarie en raison d'un problème au coude. Ces deux-là devront se méfier d'Antoine Borello, Paul Degouy et Mathias Philippe.

Au-delà du concours général, Frasca essaiera surtout de gommer ses deux dernières déceptions au saut, son agrès fétiche, en finale européenne (8e) et en qualifications de la Coupe du monde à Varna (9e). Même chose pour Cyril Tommasone aux arçons, qui a chuté lors de sa finale en Bulgarie, après avoir chuté en qualifications européennes.

« J'étais plutôt content des qualifications à Varna, souligne le Lyonnais de 33 ans. Je réussis mon mouvement à 6,5 points (de difficulté) même s'il y a beaucoup de fautes sur le dernier élément. En revanche, en finale, je m'arrache le pouce et, par réflexe, j'enlève la main et dois faire comme je peux pour rester sur le cheval. Mais, en termes de sensations, ça va beaucoup mieux. » Dernier titulaire d'un quota olympique nominatif, le médaillé de bronze mondial des anneaux, Samir Aït-Saïd, ne disputera pas l'épreuve.