Gymnastique - Top 12 - Victoires d'Avoine et Antibes au Top 12

L'Equipe.fr
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Si les jeunes femmes d'Avoine ont remporté leur premier titre national à Haguenau samedi, les hommes d'Antibes ont décroché le 32e à Montceau-les-Mines ce dimanche. Ah, que serait le sport sans ses anecdotes ! Pour le coup, après s'être « mis sur son 31 », on aurait pu se demander ce que l'Olympique Antibes Juan-les-Pins (OAJLP) aurait pu imaginer pour ce 32e titre national par équipe, décroché ce dimanche à Montceau-les-Mines. Facile ! Il suffit de plonger (loin) pour se rappeler le premier sacre national du club de gymnastique azuréen, obtenu à Auch (dans le Gers, département... 32). Parmi les heureux élus, on découvrait alors Jean-François Blanquino, dit Nano, désormais juge international et qui officiait en tant qu'entraîneur du club ce week-end. Avec Philippe Carmona... qui a débuté la gym à Auch, avant de poursuivre sa carrière sur la Côte d'Azur. Voilà, le lien est tissé mais ne suffira sans doute pas à expliquer une compétition, la première en France depuis plus d'un an, particulièrement acharnée.

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La fédération française de gymnastique (FFG) avait donc accepté de maintenir ces finales du Top 12, épreuve par club d'ordinaire échelonnée sur la saison mais qui, du fait de la pandémie liée au Covid-19, s'est retrouvée réduite à une joute finale sur un lieu donné. Les hommes ont ainsi fermé le bal en Bourgogne ce dimanche, et la victoire antiboise n'avait rien d'une évidence. Notamment parce que son héros, Samir Aït-Saïd, médaillé de bronze mondial aux anneaux en 2019, avait annoncé jeudi à ses jeunes équipiers qu'il allait « snober » cette finale. « Il était frustré, mais les gars l'ont compris », sourit Philippe Carmona. À 31 ans, Aït-Saïd a passé la nuit de samedi à dimanche à la maternité, sa compagne étant sur le point de donner naissance à leur premier enfant. Philippe Carmona « On a alors vu du contrôle, du talent et de l'envie. Les jeunes ont réussi à être plus précis qu'à l'entraînement, à montrer leur tempérament de compétiteur » Mais l'absence du grand frère n'avait donc rien de rédhibitoire pour conquérir un cinquième titre collégial d'affilée. « Ça a quand même été le plus dur de ces dernières années, et on l'a obtenu de justesse », souffle Philippe Carmona. Parce qu'au-delà d'Aït-Saïd, il a fallu conjuguer avec d'autres absences ou blessures. Comme cette épaule en vrac de Loris Frasca, l'un des trois qualifiés français pour les Jeux olympiques de Tokyo (avec Aït-Saïd et le Lyonnais Cyril Tommasone), sur le concours général... Et qui a débuté son rodéo dimanche par une chute à la barre fixe. Même chose pour son aîné, Kevin Antoniotti, quasi-kiné. Ils auront réussi à décomplexer cette équipe jeune, malgré tout, qui a alors enchaîné les jolies performances pour coiffer avec moins d'un point d'avance Noisy-le-Grand. « Après une entame pas terrible (2 chutes à la fixe donc), qui a jeté un coup de froid sur le groupe, les gars se sont remobilisés, apprécie Philippe Carmona. On a alors vu du contrôle, du talent et de l'envie. Les jeunes ont réussi à être plus précis qu'à l'entraînement, à montrer leur tempérament de compétiteur. » Avoine conjure le sort Antibes s'est donc imposé comme Avoine la veille chez les jeunes femmes, réunies à Haguenau. Pour les protégées de Gina et Marc Chirilcenco, c'est une première qui se savoure d'autant plus que le club tourne depuis des années autour de la victoire. Médaillées d'argent ces trois dernières saisons, elles ont cette fois brillé absolument. Et s'imposent sur les tenantes du titre (Meaux), avec près de dix points d'avance. « Dire que la dernière fois, ça se joue à un dixième de point alors que l'on commet cinq chutes à la poutre... » Marc Chirilcenco et sa femme ont du mal à digérer cet exploit.

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Pourtant, ils l'ont programmé depuis des années. Souvent, ils ont bénéficié de générations magnifiques. Là, ils ont même réussi à composer avec la blessure de Claire Pontlevoy, qui a certes récupéré les bases aux barres asymétriques mais conserve six bonnes semaines de rééducation. Avoine a pu s'appuyer sur Carolann Héduit, qualifiée pour les prochains Championnats d'Europe individuels à Bâle (Suisse, 21-25 avril). Même si son total de 52,75 points reste modeste, il doit être relativisé. À 17 ans, et après une très sérieuse blessure (opération d'une fracture de fatigue de la cheville), Carolann Héduit a chuté en sortie des barres asymétriques (double salto avant), son agrès de prédilection et le premier au menu de son samedi. Elle a aussi simplifié son saut qui, en Suisse, devrait être une double vrille de belle facture. Mais, pour son club formateur, l'essentiel était ailleurs, et résidait dans l'équilibre d'une escouade qu'elle forme notamment avec Kaylia Nemour (13 ans), qui a réussi un magnifique mouvement aux barres (14,50 pts), malgré une liaison oubliée qui lui permettrait de vite rejoindre les meilleures mondiales sur cet exercice. Et puisqu'un bonheur arrive rarement seul, on signalera que deux gymnastes du club d'Avoine ont profité des circonstances particulières pour affirmer leur talent et valider les 48,50 points nécessaires pour envisager disputer les Championnats de France individuels (5-6 juin), Léa Franceries et Maéva Guery. Les classements HOMMES :
1. Antibes, 309,50 pts ; 2. Noisy-le-Grand, 308,75 ; 3. Vallauris, 304,55 ; 4. La Madeleine, 302,70 ; 5. Monaco, 295,65...

FEMMES :
1. Avoine, 207,30 pts ; 2. Meaux, 198,35 ; 3. Haguenau, 196,05 ; 4. Saint-Etienne, 192,45 ; 5. Combs, 184,55.