« Habiter le seuil », un film en apnée avec les baleines à bosse à La Réunion

Marine Chesnais à la rencontre des baleines à bosse à La Réunion. (Vincent Bruno)

Plonger en apnée avec les baleines à bosse le long des côtes de La Réunion, un rêve devenu réalité pour Marine Chesnais à l'été 2020. Avec le réalisateur Vincent Bruno, la chorégraphe-apnéiste nous embarque dans son périple.

Rencontrer les baleines à bosse en apnée, une création de Marine Chesnais. À l'été 2020, la chorégraphe de profession s'est envolée à La Réunion pour réaliser « Habiter le seuil », un film tourné en apnée qui fait sensation depuis sa première projection au festival de Toronto en avril 2022. Après avoir plongé avec les dauphins en mer rouge quelques années auparavant, l'apnéiste a mis le cap sur l'île tropicale française. Approcher les cétacés n'est autorisé que dans certains endroits dans le monde, dont La Réunion fait partie. Pendant un mois, la Bretonne de 34 ans et le réalisateur Vincent Bruno sont allés dans les profondeurs réunionnaises à leur rencontre.

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Des souvenirs inoubliablesFace à un afflux de touristes en période estivale, l'île de La Réunion est connue pour le whale watching (observation des baleines dans leur milieu naturel). « On a fait le choix de les attendre à un endroit, en espérant qu'elles viennent à nous, raconte Marine Chesnais. Notre souhait s'est réalisé et c'était incroyable. Quand je les ai aperçus pour la première fois, je n'avais pas de mots. » Une relation s'est tout de suite installée avec les cétacés, ce qui leur a permis de prendre des séquences inattendues visibles dans le documentaire d'une vingtaine de minutes.

Pour pouvoir capter des images uniques, la chorégraphe-apnéiste a dû obtenir des dérogations de la part d'un comité scientifique en expliquant les raisons pour lesquelles elle souhaitait plonger pour pouvoir les approcher. « Sur place, le centre chorégraphique Lalanbik et l'association Globice étaient en collaboration avec nous. » Avant d'aller à l'eau avec les cétacés, Chesnais voulait connaître les enjeux sur place avec les acteurs locaux, elle qui s'intéresse à l'éthologie - étude scientifique du comportement des animaux dans leur milieu naturel. L'objectif pour la jeune femme était de montrer la communication et le mode de vie de ses espèces, tout en restant dans le côté artistique. L'hiver austral - de juin à octobre - a permis un tournage dans de bonnes conditions, les baleines se reproduisant le long des côtes réunionnaises à cette période de l'année en raison de la chaude température des eaux.

Après ce périple et cette rencontre unique, Marine Chesnais pense déjà à la suite. « On est aux prémices d'un projet de film sous-marin, précise-t-elle. Cela sera dans des lieux exceptionnels avec des danseurs qui feront des chorégraphies en apnée. Mais je ne peux pas vous en dire plus. » En attendant sa nouvelle création, le public retient son souffle.