Haltérophilie - Dopage - La lutte antidopage, « un combat plus que difficile » selon le président de la Fédération française

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Entre surprise et fatalisme, Jean-Paul Bulgaridhes, président de la FFHM, a réagi au lendemain des révélations de la chaîne ARD sur les pratiques de dopage et une « culture de la corruption » au sein de la Fédération internationale d'haltérophilie. Navré d'un tel scandale, l'élu attend des explications. « Que pensez-vous des accusations portées contre la Fédération internationale (IWF) ?
En tant que président de la Fédération française, c'est navrant de voir ça. Ça peut peser lourd pour l'avenir de notre discipline aux Jeux Olympiques. Il y a eu beaucoup de travail fait dans ce sens-là. Est-ce que ce sont des règlements de compte ? Parce qu'il y a un pays qui a eu des athlètes dopés et qu'il règle ses comptes ? Je ne sais pas. C'est tombé comme une bombe, il faut un peu plus de recul pour bien analyser la chose. J'attends que l'IWF réponde aux accusations. Après, l'enquête sera faite. Le CIO préoccupé L'enquête d'ARD évoque un système de corruption, est-ce une surprise pour vous ?
Oui c'en est une pour moi, quand on me dit qu'il y a eu détournement d'argent... L'argent est en Suisse, comme dans beaucoup de Fédérations internationales, et il y a un organe de contrôle, KPMG, qui est là et chaque année nous donne les comptes au cours du congrès. Je souhaite avoir les deux versions. Je n'ai pas eu écho personnellement qu'il y avait eu des protections. Si cela avait été le cas, bien entendu que j'aurais réagi, c'est normal. Sur le plan international, aux derniers JO, seules l'IWF et l'IAAF (Fédération internationale d'athlétisme) ont refusé de qualifier les Russes. Et croyez-moi, des pressions il y en a eu après. On a beaucoup de cas, c'est une culture dans certains pays, ce n'est pas propre à notre sport. Jean-Paul Bulgaridhes. « En France, on fait en sorte d'être très clean » Nous sommes aussi à l'ITA, une agence (antidopage) indépendante présidée par l'ancienne ministre Valérie Fourneyron, qui elle, a pouvoir de sanction, contrairement à nous ou la Fédé internationale. Lors du dernier congrès en Thaïlande, où l'équipe du pays était d'ailleurs suspendue pour les Mondiaux, des membres de l'IWF à l'exécutif ont essayé de dire qu'il fallait se retirer de l'ITA pour réintégrer les athlètes de leur pays. C'est un combat plus que difficile... Quelles sont les mesures dont vous parlez qui ont été prises ?
L'ancien directeur médical du Comité international Olympique a aidé l'IWF, ils ont fait beaucoup de prévention. Par exemple, les athlètes contrôlés positifs ont, pendant leur suspension, des contrôles périodiques. Ils n'échappent pas à ça. Avant, il y avait des quotas par équipes pour les grandes compétitions. Les Chinois avaient par exemple beaucoup d'athlètes et présentaient les athlètes (de niveau) C, D ou E et sortaient au dernier moment les athlètes A et B. Et, depuis 2017, tous les athlètes en équipe nationale susceptibles de se qualifier pour les JO doivent envoyer à l'AMA leur localisation de façon à pouvoir être contrôlés inopinément. Selon l'enquête, de nombreux médaillés olympiques et mondiaux n'avaient subi aucun contrôle l'année de leur médaille...
Vous savez, parfois ce n'est pas simple pour les contrôleurs d'aller dans certains pays. Donc après, les chiffres... En ce qui concerne tous les médaillés olympiques et mondiaux, ils ont toujours été contrôlés. Là, vous me parlez des contrôles en amont. Il y en a beaucoup, à peu près 2000 je crois, c'est énorme, ça a un coût, on ne peut pas contrôler tout le monde. Les Français sont contrôlés régulièrement, et nous sommes pour, mais il faut que ce soit pour tout le monde pareil. Pour nous, Français, on est clean, on fait en sorte d'être très clean. »

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