Hand - C1 (H) - Opération Dragao pour le PSG en Ligue des Champions

L'Equipe.fr
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À la traîne avec déjà trois défaites en quatre rencontres de Ligue des Champions, le PSG joue gros ce soir au FC Porto (18 h 45), l'étoile montante du handball européen. Malgré un budget plutôt modeste pour la Ligue des champions (environ 2,5 millions d'euros), le FC Porto est certainement le club qui a connu la plus belle progression sur la scène européenne ces trois dernières années, avec quelques succès retentissants, comme à Kiel ou à Montpellier la saison passée. En attendant l'énorme combat promis aux Parisiens, on vous explique pourquoi le FC Porto est si performant. Une politique de jeunes parfaitement rodée Suivant le modèle du football, à la pointe en termes de scooting dans les années 2000, le FC Porto a su tisser un réseau qui lui permet d'attirer les meilleurs talents portugais et d'ailleurs. Cette politique de recrutement repose sur le savoir d'un seul homme, José Magalhaes, entraîneur de l'équipe de 1997 à 2001 et directeur général de la sanction handball depuis.

Ami intime d'Antero Enrique, l'ancien directeur sportif du PSG, cet homme de l'ombre, à la réputation sulfureuse en matière de contrat, fuit les sollicitations médiatiques comme la peste. Ce qui n'empêche pas cet ancien prof de gym d'oeuvrer avec ses talents de visionnaire, en allant chercher à Cuba les jeunes en devenir, comme Duarte ou Borges (aujourd'hui à Montpellier), ou aujourd'hui le gardien Quintanha, Iturizza ou Salina, tous naturalisés. « Même s'il reste volontairement discret, c'est lui le vrai boss. Rien ne se décide sans lui, » confirme un agent bien introduit dans le marché portugais. « Il vit pour handball 24 heures sur 24, » ajoute Rui Gamaraes, le spécialiste hand d'O Jogo. lire aussi Calendrier/résultats du Groupe A Si la connexion avec Cuba est moins d'actualité aujourd'hui, le FC Porto poursuit sa politique de détection en signant très tôt tous les jeunes talents de la région avant de les prêter à des clubs satellites comme Gaia ou Povoa. Aujourd'hui, pas moins d'une dizaine de talents de demain attendent leur heure pour rejoindre la maison mère. Porto n'a pas d'équivalent dans la maîtrise du 7 contre 6 La marque de fabrique de Porto, c'est aussi son jeu à 7 contre 6 (sans gardien), qui fait des dégâts aux quatre coins de l'Europe. Pourtant, lorsque Magnus Andersson débarque au club en 2018, il n'était pas grand fan de cette option tactique. « J'ai été l'un des premiers entraîneurs à m'élever contre cette règle qui pour moi, bouleverse les traditions du jeu, avoue-t-il aujourd'hui. Magnus Andersson, entraîneur du FC Porto « Même si cela peut parfois paraître ennuyeux dans le jeu, nous sommes peut-être aujourd'hui l'une des meilleures équipes au monde à jouer 7 contre 6. » « Au début, je l'utilisais 10 ou 15 minutes quand nous rencontrions des problèmes dans le jeu. Mais je me suis vite rendu compte que nous avons de très bons joueurs techniques pour la jouer. C'est une bonne arme contre des équipes face à qui on rencontre des problèmes en attaque. Même si cela peut parfois paraître ennuyeux dans le jeu, nous sommes peut-être aujourd'hui l'une des meilleures équipes au monde à jouer 7 contre 6. » En tout cas, voilà les Parisiens prévenus. « Cela donne toujours des matches un peu particuliers, enchaîne Mathieu Grébille, qui en avait fait les frais avec Montpellier la saison passée. Mais c'est à double tranchant. Si tu arrives à les bloquer, cela peut aussi se retourner contre eux. » Une équipe jeune totalement décomplexée « Quand je suis arrivé en 2018, nous avions le rêve de devenir un grand club mais sans imaginer que les choses iraient si vite, lance Magnus Andersson. Le club, les joueurs, tout le monde a grandi très vite. Nous avons une part de chance mais je pense que le point de départ, c'est la victoire contre Magdebourg (34-27, le 25/11/2018, 3e tour de la Coupe EHF). Après cette victoire, quelque chose a changé dans l'équipe. Les joueurs ont pris confiance et ont commencé à progresser. » lire aussi Le PSG attend Luc Steins en renfort Sous la houlette de l'ancien demi-centre de la dream team suédoise, qui dominait sans partage dans les années 1990-2000, le FC Porto va s'inviter à la table des grands, en participant au Final Four 2019 de la Coupe EHF, avant d'accrocher plusieurs géants européens à son tableau de chasse. « En trois ans, il a fait de Porto l'un des meilleurs clubs de Ligue des champions », affirme Thierry Anti, qui entraînait son grand rival, le Sporting Portugal, la saison passée. « Depuis deux ans, nous avons d'excellents résultats, confirme Andersson. On sait qu'on peut battre n'importe qui. On l'a prouvé dans le passé en battant Kiel, Kielce ou Montpellier. C'est drôle de bosser avec une équipe jeune car sa confiance est très grande. Peu importe si c'est Niko Karabatic ou Mikkel Hansen en face. Ils jouent sans pression. » Porto, la colonne vertébrale de l'équipe nationale La force de Porto réside surtout dans son collectif car ses joueurs évoluent ensemble depuis des années. En club comme en sélection nationale. Lors du dernier rassemblement, onze internationaux portugais provenaient du FC Porto. Sûrs de leur force depuis le dernier championnat d'Europe, où ils avaient douché les Bleus dès le tour préliminaire (25-28), avant de terminer à la sixième place. « Le sélectionneur portugais n'est pas stupide et voit ce que nous produisons, ajoute Andersson. Et il ne dispose pas comme nous de beaucoup de temps pour s'entraîner l'équipe. » lire aussi L'actualité du handball Lors de ce fameux match à Trondheim, où Paulo Pereira se décida à jouer la 7 contre 6 contre les Bleus, sept joueurs de Porto étaient ainsi présents sur le parquet... C'est cette équipe à forte coloration bleue et blanche que les Bleus retrouveront lors du tournoi de qualification olympique, du 12 au 14 mars 2021 à Montpellier.