Hand - Lidl Starligue - PSG - « Un sourire de mon fils, et la fatigue disparaît », explique Mikkel Hansen (PSG)

L'Equipe.fr
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L'arrière gauche danois du PSG Mikkel Hansen, 33 ans, se confie sur ses débuts, son look et l'expérience que donne la maturité.

« Mon père, Flemming Hansen, était handballeur professionnel (120 sélections en équipe du Danemark), j'ai donc naturellement commencé par... le foot. J'avais 7 ans et je pensais d'abord à suivre mes copains. Mais à partir de 9 ans, le hand est devenu ma passion. Problème : quand je jouais bien, les parents des autres joueurs disaient : ''C'est normal, c'est le fils de Flemmin''. Ça m'a donné l'envie de leur montrer que je pouvais avoir mon propre destin. Il a fallu du temps, cependant, pour sortir de son ombre car j'évolue au même poste et j'ai la même démarche que lui. Pour me distinguer, je n'ai pas économisé mon bras, en m'imposant trente minutes de tirs à la fin des entraînements.

Ma référence, c'était les grands joueurs danois comme Lasse Boesen (159 sélections entre 2000 et 2012), avec qui j'ai joué en équipe nationale. Sa technique me fascinait tellement que je lui ai piqué un geste : une feinte de tir au-dessus de l'adversaire avant de ramener le bras au dernier moment sur le côté du défenseur. J'ai aussi cherché à imiter la souplesse de son poignet. Ça m'a bien servi en 2008, lors des JO de Pékin, quand j'ai marqué le but de la victoire face à la Russie sur un coup franc à la dernière seconde. C'était fluide, mais aussi très puissant. Exactement le geste que je souhaitais. Lucarne.

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J'ai eu plusieurs fois ce sentiment de plénitude où la technique, tant travaillée à l'entraînement, fonctionne parfaitement. La dernière, c'était face à la France en demi-finales du Mondial 2019, où j'ai inscrit 12 buts. Pour arrêter mes tirs, le gardien avait sans doute un plan A, un plan B et un plan C. Et mon bras avait toujours un plan D...

La motivation, tu la trouves aussi grâce à tes adversaires. Si j'avais eu la détente de Daniel Narcisse ou les pénétrations de Nikola Karabatic, j'aurais joué différemment. Alors j'ai dû perfectionner mon style pour me faire remarquer. On me demande parfois si j'ai travaillé mon look pour cela, d'ailleurs. Pour être honnête, je ne m'en souviens pas. Les cheveux, je les ai eus longs quand j'étais adolescent et jusqu'à mes débuts pro. Quand j'ai quitté le Danemark pour m'engager à Barcelone, en 2008, je me suis peut-être pris pour un autre et j'ai tout rasé. Même ma mère ne me reconnaissait pas. Finalement, je les ai laissés repousser, toujours avec un bandeau pour les tenir.

Aujourd'hui, j'ai 33 ans et l'expérience me permet de gérer mes efforts différemment. À 20 ans, tu peux tirer sans arrêt, jour et nuit. Maintenant, je me préserve davantage. Sinon, je devrais dormir avec une poche de glace. Pas besoin de ça alors que mon sommeil est parfois perturbé par mon fils, qui a presque 2 ans. Bizarrement, moins dormir n'a pas trop atteint mes performances. Peut-être que je tiens avec les émotions. Quand, la nuit, il me réveille, c'est dur. Mais le matin, un sourire et la fatigue disparaît. Ce qui me fait moins rire, en revanche, c'est de devoir passer des tests PCR avant chaque match. Au club, nous sommes tous grands et musclés. Mais quand on nous chatouille le fond des narines, on est tous en train de pleurer. On est moins impressionnants à ce moment-là. Mais que nos supporters se rassurent : ça ne dure que cinq minutes. »

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