Hand - Proligue - Strasbourg - Denis Lathoud (Strasbourg) : « L'histoire de la fusion n'existe plus aujourd'hui »

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L'ancien « Barjot », entraîneur de Strasbourg (Proligue, D2), explique pourquoi le projet de construire un grand club alsacien avec Sélestat est aujourd'hui à l'arrêt. Il y a vingt-cinq ans jour pour jour, Denis Lathoud était l'un des leaders des « Barjots », première équipe de France à décrocher le titre de champion du monde. Aujourd'hui entraîneur, il bataille en Proligue (D2) sur le banc de l'Entente Strasbourg-Schiltigheim, qui avait officialisé il y a un an un ambitieux projet de fusion avec son voisin Sélestat. Mais le dossier, comme plusieurs autres lancés dans de grandes métropoles, est aujourd'hui complètement à l'arrêt. Strasbourg, Lyon, Bordeaux, des projets balayés par la crise « La fusion Strasbourg-Sélestat ne se fera pas comme annoncé pour la saison 2020-2021. Que vous inspire cette situation ?
Aujourd'hui, tout est tronqué à cause du coronavirus. Mon objectif, c'est de construire un projet fort pour emmener Strasbourg en Lidl Starligue, avec ou sans Sélestat. Aujourd'hui, c'est sans. Mais c'est compliqué, cette histoire de fusion. Car nous avons un potentiel plus important (les deux villes comptent respectivement 280 000 et 20 000 habitants), mais Sélestat est plus en avance, beaucoup plus structuré. Et si ça se fait, comme il y a cinquante kilomètres entre les deux villes, est-ce que les gens de Sélestat viendront voir les matches à Strasbourg, et inversement ? Et sous quelle identité ? L'histoire de la fusion, pour moi, elle n'existe plus aujourd'hui. Il semble que le club de Strasbourg soit plus réticent que Sélestat, et que vous-même n'y êtes pas très favorable.
Ce n'est pas que j'y sois défavorable, je me pose simplement la question : comment peut-elle fonctionner ? Cinquante kilomètres de distance, c'est comme fusionner Montpellier et Nîmes. Si Sélestat doit absorber Strasbourg, il faut le dire haut et fort. Et faire un grand club d'Alsace à Sélestat, ce serait en revenir au même point qu'aujourd'hui. Pour moi, le seul projet viable, c'est de jouer au Rhénus (la salle des basketteurs de la SIG) quand on sera en Starligue. Si c'est pour aller jouer à Sélestat, je ne vois pas l'utilité. Ils ont fait du très bon travail depuis trente ans, la construction de leur salle, le public, mais il faut se rendre à l'évidence, c'est au mieux une équipe de haut de tableau de Proligue. À un moment, il faudra faire un choix. Denis Lathoud « Il y a tout pour réussir ici » Mais est-ce que Strasbourg, seul, a la capacité de rejoindre l'élite à moyen terme ?
C'était le projet de départ, lors de mon arrivée. Mais avec le coronavirus, on n'a aucune vision sur l'avenir. On a réduit la voilure, on essaie plus de colmater que de construire. Le club existe depuis une dizaine d'années seulement, le professionnalisme est tout nouveau. On a réussi une saison honorable (12e du classement) par rapport à d'où on était repartis, après un repêchage tardif. Dès l'an prochain, on va essayer de se situer beaucoup plus haut, entre la 7e et la 10e place. Il y a tout pour réussir ici. On a le Rhénus qui va être agrandi à 8000 places, le Pôle Espoirs qui est champion de France, un vivier de joueurs et un réseau de clubs : c'est la troisième région de France en nombre de licenciés. C'est pour cela que je suis venu, il y a un beau projet, mais il faut laisser le temps au temps. » Christian Omeyer : « Les deux clubs sont convaincus que c'est la bonne solution » Président de Sélestat, Christian Omeyer (qui est le frère jumeau de Thierry) se veut tout de même optimiste sur le projet de rapprochement avec Strasbourg : « Le dossier date d'il y a plusieurs années. Les deux clubs sont convaincus que c'est la bonne solution. C'est le cas pour nous depuis longtemps ; Strasbourg est un club tout jeune, qui sortait d'une fusion (entre La Robertsau et Schiltigheim), il y avait encore du monde à convaincre chez eux. Comme on est en année électorale, on attendait les municipales pour faire avancer les choses car un tel projet ne peut voir le jour que s'il y a validation des élus des deux villes, on a donc mis le projet en stand-by. Avec le report des élections et l'annulation de la fin de saison, on s'est dit que ce serait trop court pour 2020-2021, on repousse donc d'un an. On y croit toujours, sinon on dirait qu'on abandonne. »

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