Hervé André-Benoît, créateur du Fise de Montpellier : les sports d'actions, « les sports du 21e siècle »

Hervé André-Benoît, créateur du Fise. (Hurricane/Fise)

Il y a 25 ans, Hervé André-Benoît était étudiant quand il a créé le Fise (600 000 spectateurs sur cinq jours, 14 disciplines, 2 000 riders). Dans ce 3e épisode de notre série, ce fan de planche à voile et de wakeboard, toujours rider à 48 ans, revient sur l'évolution des sports d'actions.

« En quoi le Fise a été clé pour l'intégration des sports d'action aux JO comme le BMX freestyle park ?
À 100 %. On a beaucoup travaillé avec l'UCI (l'Union cycliste internationale) pour créer le circuit de Coupe du monde. Quand une délégation du CIO est arrivée au Fise de 2017 pour observer la discipline sur l'événement, on nous a dit 'désolé, ce sera impossible'. Mais quand ils ont vu cette énergie, cet engouement, cette jeunesse, en repartant, ils ont compris. Et puis la discipline était validée pour entrer aux JO à Tokyo. On a aussi développé le Fise à Hiroshima, au Japon. Le travail a été fait dans tous les sens de notre part. On peut revendiquer que le Fise a fait une grande partie du travail pour que le BMX (freestyle park) rentre aux JO. Et on va continuer à oeuvrer pour que plus d'athlètes soient sélectionnés en BMX, dans de nouvelles disciplines. Peut-être la trottinette, pratiqué par 40 % des riders sur les parks ou le parkour, soutenu par la Fédération de gym. C'est une réalité du terrain. Si aujourd'hui les JO représentent les sports les plus populaires, ces disciplines doivent y être. Surtout si la vision est d'être modernisée et d'être en phase avec la réalité. Nos sports prennent une place de plus en plus importante. Paris 2024 ne s'y est pas trompé.

Vous avez déjà dit que vous vouliez concurrencer le football dans 25 ans. Cela paraît illusoire, mais comment vous voyez ces sports dans 10 ans ?
Bien sûr que ça paraît illusoire. Mais s'il y a 25 ans, quand j'ai monté le Fise en tant qu'étudiant, on m'avait dit que j'arriverais à amener des disciplines aux JO, faire un événement avec 600 000 spectateurs, 2 000 riders... C'est l'ADN de nos sports : il ne faut pas trop réfléchir, il faut y aller. Notre force, c'est qu'on ne représente pas une discipline, une fédération. Aujourd'hui, le Fise, c'est 7 Coupes du monde, avec ses fans, ses athlètes, ses cultures musicales, ses styles vestimentaires différents. Quand je dis qu'on pourrait essayer de concurrencer le football, c'est parce qu'aujourd'hui, les jeunes, à partir de 3 ans, se mettent par exemple sur une trottinette et évoluent derrière dans divers sports d'action. On a aussi cette dynamique avec les sports d'hiver (le ski et snowboard freestyle et freride). Globalement, les action sport ont une place importante et on le voit sur les réseaux sociaux. Ce sont les sports du 21e siècle. Les parks fleurissent tous les mois dans la France. Après, les médias traditionnels de sport et généralistes traitent très peu nos disciplines, mais je pense que ce sont eux qui sont en décalage avec la réalité et pas nous en décalage avec nos ambitions.

À quel point les mentalités ont changé envers ces sports par rapport à il y a 25 ans ?
En 1996, 1997, quand je commençais à chercher des partenaires, on nous prenait pour des tatoués fumeurs de pétards. Aujourd'hui, cette image est bien loin. Ce sont des athlètes complets, qui s'entraînent tout autant que des tennismans ou des footballeurs. Sur une finale du BMX park, devant 15 000 spectateurs qui hurlent, pour moi, les riders sont les gladiateurs du 21e siècle.

Quelle est votre plus grande fierté avec le Fise ?
(Il réfléchit). Voir ces centaines de milliers de spectateurs avec le sourire, ces riders qui se checkent ensemble, la proximité entre les deux. Cette vision de cohésion sociale aussi, car c'est tout type de public qui s'assoit sur les berges, tout est gratuit et ils en prennent pleins les yeux. Notre plus grande fierté chez Hurricane, c'est cette magie qu'on arrive à créer. C'est d'arriver à trouver la bonne recette et elle nous appartient. La fierté, c'est cette magie qui transpire cette passion pour nos sports, les codes de nos sports et ce mélange entre débutants, amateurs, professionnels, qui se retrouvent sur les mêmes parks. Un univers qu'on retrouve dans aucun des autres sports et je pense dans aucun autre événement. Pendant cinq jours, on a l'impression que tout s'arrête autour et que Montpellier devient la capitale mondiale des action sport. »

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