Hockey - Mondial (H) - Mondial (H) : les Bleus lésés par la Fédération internationale

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L'équipe de France a perdu une place au classement de la Fédération internationale, ce qui peut la pénaliser pour les prochaines compétitions, à cause des Championnats du monde 2020... qui ont tous été annulés.Dans un monde idéal, l'équipe de France affronterait l'Autriche, ce dimanche 3 mai à la Hala Tivoli de Ljubljana (Slovénie) au dernier jour du Championnat du monde de Division 1A (2e niveau mondial), avec sans doute en jeu la remontée en élite. La compétition n'aura jamais lieu, emportée par le coronavirus comme l'ensemble des Mondiaux masculins du millésime 2020.Mais, de manière assez invraisemblable, elle a été prise en compte dans le nouveau classement annuel établi par la Fédération internationale (IIHF), qui sert notamment de base au processus de qualification olympique et au calendrier des Mondiaux. Et la France est l'un des rares pays à voir sa position bouger chez les hommes, tombant du 13e au 14e rang.Chez les femmes, les Bleues restent 10es, mais elles sont pénalisées indirectement : lors de leur tournoi de qualification olympique (TQO), au printemps 2021, elles devront affronter la redoutable Suède au lieu de l'Allemagne, plus abordable.Mécaniquement, la France va continuer à descendre dans le classementLes conséquences immédiates sont moindres pour les garçons car les TQO ont été fixés d'après le classement 2019 (lire encadré). Mais elles pèseront davantage à long terme. Comme l'a calculé le site spécialisé Hockey Archives, les Bleus vont mécaniquement continuer à descendre dans le classement en 2021. Car ils passeront encore une saison au deuxième niveau mondial et marqueront donc moins de points que l'Italie et le Kazakhstan, qui évoluent en Mondial élite et qui vont les dépasser. Comme si la relégation subie l'an passé comptait double...Résultat, si elle retrouvait l'élite en 2022, la France hériterait à nouveau du calendrier le plus difficile (avec sept matches en dix jours). Surtout, elle sera handicapée dans la course aux JO 2026, pour lesquels les équipes les mieux placées au « ranking » seront directement qualifiées ou bien auront l'avantage de jouer leur TQO à domicile.« On est déçus, on a le sentiment que cela ne correspond pas à la réalité sportive », déplore Christine Duchamp, la directrice technique nationale. Sentant venir le danger, la Fédération française (FFHG) a immédiatement milité pour une saison blanche. Mais la Fédération internationale a pris le parti d'appliquer un règlement prévu en cas de force majeure : accorder à chaque pays le nombre de points correspondant à sa tête de série dans sa compétition.Cette disposition avait notamment été invoquée lorsque le Japon avait déclaré forfait au Mondial 2011 après la catastrophe de Fukushima. Son application est beaucoup plus suspecte dans le cas actuel, où tous les Championnats du monde masculins ont été annulés et, chez les femmes, seuls ceux de Division 2B et de Division 3, soit les 5e et 6e niveaux, ont été disputés...Mais les Français ne feront pas de scandale. Le sélectionneur des Bleus, Philippe Bozon, se veut philosophe : « Ce n'est pas très juste, mais quand tout s'arrête, c'est compliqué, quelles sont les bonnes décisions ? » Luc Tardif, le président de la FFHG, a participé au vote du conseil de la Fédération internationale, dont il est le trésorier. Il assure dans un clin d'oeil à Jean-Michel Aulas qu'il n'intentera « pas de recours » contre cette décision.Toute l'actualité du hockey« Le calcul ne nous est pas favorable. Il ne fallait pas descendre... Mais ce n'est pas essentiel, on a trois ans pour se replacer », lance le dirigeant. Fin politique, Tardif sait surtout qu'il aura d'autres combats à mener bientôt, sur les TQO notamment, pour lesquels il sera utile de conserver de bonnes relations avec la Fédération internationale.

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