Honda attendra Álex Márquez au tournant quand les GP commenceront

Léna Buffa
motorsport.com

À deux mois du possible début de la saison MotoGP, qui serait alors retardée de quatre mois et demi, les acteurs du championnat sont entrés dans une nouvelle phase. Le confinement le plus strict a désormais été levé, permettant aux usines de reprendre leur activité et aux pilotes de se plonger dans un entraînement qu'ils ont longtemps attendu, en extérieur et même en piste.

Du côté du marché des transferts aussi, le MotoGP sort de sa léthargie et les choses avancent sérieusement. À l'instar d'une F1 qui n'a pas attendu le début de ses Grands Prix pour faire bouger ses pions les plus prestigieux, les meilleurs guidons à pourvoir en MotoGP font l'objet de discussions de plus en plus approfondies et même de négociations avancées. Dans bien des cas, les directeurs d'équipe ont prévenu : les accords devront être scellés avant le début de la compétition.

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Ce qui peut être perçu comme un signe de compréhension à l'égard des débutants de 2020, possiblement pénalisés par un championnat chamboulé, retardé et réduit, ne semble toutefois pas à l'ordre du jour chez Honda. Marc Márquez en avait appelé à un gel des contrats actuels, cependant sa voix n'a pas été entendue au sein de son équipe, à commencer par le principal intéressé, son frère Álex, qui a rapidement fait savoir qu'il avait l'intention de démontrer en piste qu'il méritait de conserver son guidon pour la saison prochaine, bien qu'il ait admis être "un peu inquiet" à l'idée de ne pas réussir à faire ses preuves. Visiblement, il est en tout cas sur la même longueur d'ondes que son patron, car Alberto Puig a fermement prévenu qu'il allait lui falloir être au rendez-vous quand les Grands Prix débuteront.

"Ça n'a pas été un début facile pour Álex", concède le team manager Repsol Honda, en évoquant les essais hivernaux auprès du site officiel du MotoGP, bien qu'il ait vu son nouveau pilote "étonnamment rapide en Malaisie". Les difficultés rencontrées pendant les essais de l'intersaison ont toutefois permis à l'équipe de comprendre dans quelle direction mener le rookie. "Je suis assez sûr que, quand nous commencerons, nous pourrons lui donner un autre type de moto, que nous avons déjà à l'esprit, et je pense qu'il sera meilleur", souligne Puig. "Je ne dis pas que ce sera facile, mais il partira d'un point où, au moins, il sera plus à l'aise sur la moto, et à partir de là il faudra qu'il développe son potentiel et on verra où il en arrive."

"Il faudra qu'à chaque course il se batte comme s'il s'agissait de la fin du monde", prévient le patron de l'équipe. "Chaque jour est le dernier, il faut se battre comme un fou. C'est comme ça dans ce cas-ci, et en plus il a un contrat d'un an. Nous lui avons donné cette opportunité, car à ce moment-là nous avons pensé que c'était correct, maintenant il faut que nous attendions de reprendre la piste et de voir ce qu'il peut faire."

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Une saison réduite et condensée telle que celle qui se profile pourrait quelque peu déconcerter les pilotes et, par crainte d'une blessure hautement dommageable, les brider dans leur attaque. Mais Alberto Puig ne veut pas d'un timoré. "Je pense que tout le monde comprend que l'on ne fait pas d'erreurs si l'on est calme, mais que l'on ne peut pas non plus s'attendre à gagner un championnat en se cachant derrière. Il faut donc qu'il soit au rendez-vous. Il faut qu'il prenne des risques, qu'il soit intelligent pour ne pas tomber, et il faut qu'il soit le plus rapide."

"Sur certaines pistes où la moto n'est pas au point, il faut l'aider grâce à son talent. Il y a des pistes sur lesquelles la moto est super bonne et il faut alors utiliser cet avantage, mais pour gagner un championnat, même s'il est court, il faut gagner des courses", conclut Alberto Puig.

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