Hugo Lloris, capitaine infranchissable

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ÉQUIPE DE FRANCE – Critiqué avant le début du Mondial, Hugo Lloris est pourtant, avec N’Golo Kanté, le meilleur Français en Russie. Le capitaine répond présent.

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“On avait dit avant la compétition que si la France voulait réaliser de grandes choses. C’est le cas jusqu’à présent, mais le bilan, on le fera à la fin. Il faut savourer parce que c’est une grande victoire mais il reste encore un match, certainement le plus important de notre carrière”, a confié Hugo Lloris après la qualification des Bleus pour la finale du Mondial face à la Belgique (1-0). Un discours posé, mais ambitieux. Depuis le début de la Coupe du monde, la capitaine de l’équipe de France est fidèle à lui-même sur et en dehors du terrain.

Face à l’Australie (2-1), face au Pérou (1-0), face à l’Uruguay (2-0) et face à la Belgique (1-0), Lloris a sauvé les siens par des parades d’exceptions. Soit sur quatre de ses cinq matchs disputés (il était remplaçant pour le match face au Danemark, ndlr). Son horizontal sur le coup de tête de Caceres face à la Celeste restera pour longtemps gravée dans les mémoires. Son envolée devant la frappe de son partenaire à Tottenham, Alderweireld, face aux Diables Rouge aussi. Excellent lors de l’Euro 2016, Lloris est une nouvelle fois impeccable en compétition avec l’équipe de France. Si ses relances aux pieds (surtout le droit) sont parfois douteuses, le portier tricolore est colossal sur sa ligne. Il est également bien plus autoritaire dans sa surface. Ses sorties aériennes et ses dégagements aux poings sont plus sûrs. Il donne de la voix, rassure, conseille. Il est plus expressif sur le terrain vis-à-vis de ses camarades.

On a de cesse de le répéter mais ce groupe vit bien. C’est un fait, un constat. Hugo Lloris conscient du potentiel de cette équipe avait mis en garde ses jeunes partenaires avant le début du tournoi sur la difficulté de disputer un Mondial. “Je pense que l’équipe est très jeune, mais ça n’enlève en rien le talent, le potentiel. Ils amènent leur fraîcheur, leur folie. Maintenant, rien ne remplace la compétition. Le talent est important, mais il faut aussi de l’ambition et du mental. Le mental, on pourra le juger pendant la compétition”, le message est passé. Car si l’équipe de France est en finale, c’est avant tout grâce à sa grande force psychologique.

Autre exemple de son intelligence et de son rôle dans le groupe avec le cas Paul Pogba. Un capitaine doit savoir fédérer. Forcément du haut de ses 31 ans, Hugo Lloris est en décalage avec cette jeune génération incarnée par Mbappé (19 ans), Dembélé (21 ans) ou Mendy (23 ans). Par conséquent, il n’a pas hésité à appeler Pogba, vrai lien entre les générations dans ce groupe, à prendre plus de responsabilités. “Il sort d’une très bonne saison avec Manchester (United) même si on peut toujours en débattre. Il a cette envie de briller avec les Bleus. Être un leader, c’est ce qu’on attend de lui”, avait-il lancé à Nice avant le match face à l’Italie. Depuis le milieu des Bleus se comporte en vrai patron.

Avec 103 sélections au compteur, Lloris laissera une trace indélébile dans l’histoire du football français. Pour lui, pas question de tomber dans l’euphorie. “C’est fantastique mais le plus dur reste à faire. Il faut en profiter mais il ne faut pas céder à l’euphorie. Une finale, c’est ce qu’il y a de plus difficile. On échange bien et les jeunes sont réceptifs au sujet”, a-t-il affirmé. Pas de doute, les Bleus sont concentrés et ne veulent pas revivre le traumatisme de l’Euro 2016. Reculer pour mieux sauter.

G.C., à Saint-Pétersbourg

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