Hugo Lloris ne portera pas le brassard arc-en-ciel lors de la Coupe du monde au Qatar

Hugo Lloris. (B. Papon/L'Équipe)

INFO L'ÉQUIPE. Faute d'avoir obtenu l'accord de la FIFA, et sauf peu probable évolution du côté de l'instance internationale, la FFF a décidé que son capitaine Hugo Lloris n'arborerait pas le brassard inclusif que souhaitaient mettre en place plusieurs sélections.

À deux reprises, la Fédération française de football (FFF) a écrit à la FIFA pour lui demander si elle était autorisée à faire porter au capitaine des Bleus le brassard arc-en-ciel « One Love » imaginé pour défendre la cause des personnes LGBT + mais aussi des autres minorités. Une demande restée lettre morte qui a convaincu la FFF de ne pas faire porter le brassard arc-en-ciel à Hugo Lloris pour le match face à l'Australie, mardi (20 heures).

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Le gardien des Bleus et Noël Le Graët s'étaient déjà montrés très réservés sur le sujet, il y a quelques jours. « On va en discuter. Mais j'aime autant qu'il ne le fasse pas, affirmait le président de la FFF dans nos colonnes. On va jouer dans un pays que l'on doit respecter. » Une position suivie par le portier de Tottenham : « Sur le sujet, bien sûr, j'ai mon opinion personnelle. Et ça rejoint un petit peu celle du président Noël Le Graët. Lorsqu'on est en France, lorsqu'on accueille des étrangers, on a souvent l'envie qu'ils se prêtent à nos règles, qu'ils respectent notre culture, et j'en ferai de même quand j'irai au Qatar, tout simplement. Après, je peux être d'accord ou non avec leurs idées, mais je dois montrer du respect par rapport à ça. »

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Une position qui avait suscité de vives critiques dans la communauté LGBT +, par exemple par la voix de Yoann Lemaire, président de l'association Foot Ensemble, évoquant des propos « lamentables ».

Si un changement de cap de la Fifa, qui modifierait sans doute la décision de la FFF, est à cette heure peu probable, le sujet sera peut-être évoqué ce vendredi soir au cours d'une rencontre prévue entre Noël Le Graët et Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Parmi les 10 sélections qui envisageaient d'arborer le brassard « One love » (l'Angleterre, la France, l'Allemagne, le Danemark, la Suisse, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, le pays de Galles et la Belgique), toutes n'ont pas prévu de réagir de la même manière au silence de la FIFA. Ainsi, Harry Kane devrait arborer le symbole pour son match contre l'Iran, lundi. « Je pense qu'il y a une possibilité que nous soyons mis à l'amende. Et si c'est le cas, nous la paierons, a annoncé à Sky News Mark Bullingham, le directeur général de la Fédération anglaise. Nous pensons qu'il est vraiment important de montrer nos valeurs. Et c'est ce que nous ferons. » Position identique, exprimée à Doha ce vendredi par le président de la fédération allemande, Bernd Neuendorf, qui a a assuré qu'il avait toujours défendu l'idée de ce brassard qui relève d'une question de droits humains : « Je serais tout à fait prêt à accepter une amende ».

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