Humeur - Éric « the » DRH

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L'humeur du jour. Je ne parviens jamais à avoir d'avis tranché sur les joueurs de football. Pourtant, je ne me lasse pas d'observer leur zoologie avec une curiosité rigoureuse et ébahie. Je suis ce pingouin de l'aquarium municipal dans cette ville je ne sais plus où. Ses gardiens le laissent déambuler dans les couloirs et il se dandine jusqu'au bassin des requins marteaux pour les étudier en prenant des notes. Tenez, dimanche, j'ai lu dans L'Équipe que le footballeur moyen ne sait pas se faire cuire un oeuf. Heureusement, le frère d'Olivier Giroud se propose de leur expliquer comment s'y prendre. Ma journée de recherche était bien sûr sauvée. Je n'ai pas non plus d'opinion définitive sur Éric Cantona. J'avoue un faible pour l'homme au crâne rasé qui déclenchait des Marseillaises à Old Trafford. Le joueur de football me semblait plus flamboyant que l'acteur, mais je n'ai pas pu voir tous ses films. Arte diffuse la série Dérapages. Cantona y joue un DRH quinquagénaire, chômeur et dépressif forcé de torturer des candidats à un poste. Le synopsis promettait une catharsis à bon prix et j'ai bien aimé. Mais il y a, avec Cantona, ce « syndrome Hannibal Lecter ». Après son rôle dans le Silence des agneaux, sir Anthony Hopkins m'a imposé une période compliquée. Il aurait pu camper le rôle-titre de T'choupi fait des mots fléchés, j'avais toujours la trouille qu'il ne dévore le foie d'un copain à la récré. Avec Canto-DRH, c'est pareil. On ne peut pas oublier le joueur de foot, qui se superpose au comédien. Il déambule devant une cage de hand dans une cour de prison, on attend la reprise de volée. Un codétenu l'humilie dans la douche, mais le high kick vengeur ne vient jamais. À un moment, Canto s'énerve un peu contre un « management inhumain ». Et là, sans vous gâcher le dénouement, je peux dévoiler qu'on a plaisir à retrouver Éric the King.

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