Humeur - Avant/après

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L'humeur du jour.L'actualité très peu exaltante et les lendemains incertains invitent à la nostalgie, qu'encourage la lecture de L'Équipe. Après avoir feuilleté l'édition de dimanche, il est difficile de donner tort aux vieux aigris : c'était mieux avant, quand rien n'empêchait les cyclistes de rouler sans casque sous la neige, au mépris de quelques règles élémentaires de sécurité, et quand le petit Gueugnon pouvait encore gagner la Coupe de la Ligue face au Paris-SG qui n'était pas si grand. Mais était-ce vraiment mieux avant ?Les rediffusions d'étapes du Tour des années 1990 le suggèrent aussi, si on veut bien laisser de côté les scrupules pharmaceutiques : les commentateurs n'avaient pas peur de s'enflammer, la foule n'était pas bridée par la distanciation sociale et la course était mille fois mieux filmée avec moins de caméras, car le réalisateur avait moins de chances de se tromper. Il était obligé de se concentrer sur l'essentiel au lieu de s'attarder sur les lâchés, une sale manie née dans les années 2000, et on n'avait pas besoin de ralentis pour admirer les attaques car on les voyait en direct.Les joueurs se blesseront moins car ils ne pourront plus se toucherOn a donc envie de revenir au temps béni du XXe siècle mais c'est plutôt mal parti, car les scientifiques sont trop occupés à chercher un vaccin et délaissent leurs projets de machine à remonter le temps. Ce n'est pas si grave puisque beaucoup d'esprits éclairés réfléchissent au monde d'après, et ils tirent si brillamment les enseignements de cette crise que ce sera forcément mieux qu'avant. C'est du moins ce qu'on pensait jusqu'à ce qu'on entende le Medef assurer qu'il faudrait travailler plus pour relancer l'économie, mais les signes d'espoir ne manquent pas.Le foot va reprendre sans VAR car les arbitres vidéo ne peuvent plus s'entasser dans leur estafette, l'absence de supporters en tribunes va soulager les préfets qui n'auront plus besoin d'inventer des motifs pour les interdire de circuler, les joueurs se blesseront moins car ils ne pourront plus se toucher et si ça se trouve, tout sera tellement parfait que notre ministre des Sports ne devra plus préciser ses propos après chaque déclaration. Mais il ne faut quand même pas s'emballer.

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