Humeur - La beauté du geste

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

Certains jours, voire beaucoup, on est fatigué d'entendre maugréer les footballeurs, ces « millionnaires en shorts » qui ne savent pas aligner trois phrases et tombent à chaque petit contact en se roulant au sol. Ces accusations sont fausses, évidemment : ils portent des shorts quand ils font du sport ou quand il fait chaud mais, le reste du temps, ils mettent des pantalons comme tout le monde. Souvent, ils s'expriment de manière parfaitement intelligible. Et, parfois, ils corrigent l'arbitre qui leur accorde un coup franc pour lui signaler qu'il n'y avait pas faute.

Cela n'arrive pas très souvent, certes, et les commentateurs étaient un peu déstabilisés, ce week-end, devant cette action d'Atalanta-Torino. On y voit Andrea Belotti filer au but, puis tomber au contact de Romero, à l'entrée de la surface. Le Torino est mené 3-0, le coup franc est idéalement placé, mais Belotti, de l'index, fait signe à l'arbitre qu'il n'y a rien, puis vient lui signaler : « Je suis tombé tout seul. »

La vie est plus belle quand le VAR n'intervient pas
L'arbitre, qui avait déjà sorti le carton jaune, le range dans sa poche, Belotti rend le ballon à l'Atalanta et le match se poursuit dans un état d'esprit parfait. Un peu plus tard, quand le même Belotti est retenu dans la surface et obtient un penalty logique, personne ne bronche, en face. A la fin, le Torino reviendra à 3-3.

Logiquement loué au-delà des frontières italiennes, ce geste a le mérite de nous rappeler que l'expression « fair-play » était, à une époque, utilisée seule, sans l'ajout de l'adjectif « financier ». On n'est pas sûr, d'ailleurs, que le fair-play financier soit fair-play, mais c'est un autre débat. Cette action rappelle, aussi, combien la vie est plus belle quand le VAR n'intervient pas. D'ailleurs, quand on revoit les images, on se demande pourquoi Belotti agite aussi vite l'index en suppliant presque : « Non, non ! » Est-ce pour signifier qu'il n'y a rien ? Ou est-ce parce qu'il ne veut pas que le VAR entre en scène et valide, inévitablement si l'on en croit la jurisprudence, l'inexistant coup-franc ? En un geste, Belotti a donc annulé deux erreurs et, en plus, tout le monde a gagné au moins trois minutes. Chapeau.