Humeur - Danger public

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

Il est naturel de commencer à trouver le temps long quand une pandémie mondiale passe le cap du premier anniversaire, mais on pense aussi que tout va trop vite et ce n'est pas non plus agréable. Alors que fleurissent les études qui évoquent la baisse d'intérêt du public envers le foot, on se demande bien comment s'attacher à un feuilleton où les acteurs changent sans cesse de rôle.

On s'est habitué aux deux mercatos par an, l'un pour rattraper les erreurs de l'autre et ainsi de suite, on s'est accoutumé aux envies de plus-value après quatre buts marqués, on a compris que des « head of football » fraîchement recrutés pouvaient licencier des entraîneurs après trois défaites même s'ils étaient « l'incarnation du projet à long terme », mais on s'est dit que tout allait trop loin quand on a vu Thomas Tuchel sur le banc de Chelsea. Viré par le Paris-SG le 24 décembre, le technicien n'a pas eu le temps de perdre trois cheveux de plus qu'il avait rebondi chez les Blues, où il peut rapidement croiser son ancien club en Ligue des champions.

Quand le passé est bien plus beau que le présent

Ce ne serait pas la meilleure nouvelle pour la cohérence de la compétition, mais ce n'est pas la plus grande menace qui plane sur elle. Déjà réservée aux plus riches, elle ne leur suffit pourtant pas et ils n'ont jamais autant parlé de ligue fermée, à tel point qu'on ne sait plus quelle serait la meilleure solution : sauver la C1 sous sa forme actuelle, ou céder aux caprices des grands pour qu'ils s'amusent entre eux et laissent les autres s'affronter dans des championnats qui gagneraient de l'intérêt sportif en répartissant mieux l'argent.

Une chose est sûre, dans ce monde incertain : il reste des supporters et ce sont les seuls qui ne peuvent pas changer de club. C'est une douleur quand le passé est bien plus beau que le présent, et à Nantes ou à Marseille, ils courent plus ou moins maladroitement après une glorieuse histoire. Ils ont l'impression que leur club leur tourne le dos, et les dirigeants qui rêvent de révolution marketée devraient plutôt veiller à ce que ce sentiment ne se répande pas partout. Un jour, il faudra bien trouver le moyen de remplir les stades à nouveau.