Humeur - Frustration

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L'humeur du jour.

C'est aussi prévisible et inéluctable qu'un bon vieux rhume des foins : au mois de juin, on se plaint des yeux qui grattent, du nez qui éternue, et du tennis qui nous agace. Le tableau était pourtant alléchant, cette année, car ce Roland-Garros devait être le tournoi du retour à la vie, avec du public et sans l'éternelle polémique des loges vides, traditionnellement abandonnées par des VIP qui préfèrent se restaurer au lieu de compter les points, à l'abri du cagnard sous leur panama.

Comme il est encore trop tôt pour ce genre d'agapes, les sièges disponibles ne sont occupés que par des gens qui ont envie de voir du sport, ce dont on se félicitait, mais on avait oublié le couvre-feu qui coïncide avec la programmation de la meilleure affiche en nocturne. Diffusée sur une chaîne payante, car il faut bien vivre à défaut d'être vraiment visible, elle a donc lieu à huis clos et c'est ballot, mais il ne faut pas accorder une trop grande importance au public.

Les pires BDE d'écoles de commerce
Après avoir passé les derniers mois à entendre Benoît Paire assurer qu'il perdait parce que personne ne pouvait le regarder, on a constaté cette semaine qu'il perdait aussi quand les tribunes étaient garnies. Certains de ses supporters se sont pourtant donné du mal, avec des chants qui rappelaient les pires BDE d'écoles de commerce. Cela avait légitimement de quoi nous rendre nostalgiques des loges vides, mais la fête n'a pas duré car Paire a échoué très vite et tous les autres Français aussi, preuve que les habitudes résistent bien à ce contexte particulier.

D'autres routines sont également coriaces : de la même manière que la présence du VAR n'empêche pas les footballeurs de continuer à faire croire qu'ils ont terriblement mal au tibia gauche alors qu'on a effleuré leur cheville droite, certains tennismen réclament toujours sèchement une serviette après un point, alors qu'il n'y a plus personne pour la leur amener à cause du protocole sanitaire. Ils se sentent un peu perdus quand ils s'en aperçoivent, comme ceux qui espéraient de l'ambiance en night session ou Roger Federer en deuxième semaine. Chacun ses frustrations, et vivement l'année prochaine.