Humeur - Géant de papier

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

C'est une étonnante énigme que je suis parvenu à résoudre, avant l'heure du croissant mais après celle du caniche. En fouillant dans mes dossiers alors que je cherchais le classeur « Patrimoine et retraite heureuse », je suis retombé sur une photo dédicacée par Yvette Horner, artiste ultime qui se situe juste derrière Jean-Jacques Lafon dans mon panthéon musical, quoique loin devant Billy Swan.

Il y a quelques années, j'avais en effet demandé à un membre de l'association des « Pianos à bretelles et cuissards réunis », s'il pouvait m'obtenir une signature de la star alors qu'il partait l'interviewer. Ce qu'il fit. Par plaisir égotique, je vous lis le texte délicatement déposé par la dame aux doigts vibrionnants : « Pour Rémy en souvenir, et vive l'accordéon ». Mots pesés, suivis d'un paraphe et de quelques notes. Une double croche si mes souvenirs de pipeauteur tiennent encore la route.

Un foie de veau en papillote

Car c'était un temps où je me piquais de musette et de paso-doble. Manquant hélas plus d'oreille que d'envie, mes progrès enfourchèrent rapidement l'âne qui recule. Malgré une professeure moldave qui m'inculqua trois rudiments de l'école russe, le néant chromatique devint comme un frère de sang.

Hier pourtant, je fus heureux de retrouver mon Yvette. Sur le cliché, je la revis offrir son bouquet à un vélocipédiste triomphant. Lequel posa sur la joue de la belle le tribut que les récipiendaires émaciés devaient alors à celle qui les félicitaient.

Mais qui était cet homme ? Et pourquoi ce geste ? Seul indice, le logo cousu sur le maillot : un « Helyett-Leroux » surmontait un « Hutchinson » brodé dans une élégante police de caractères. Wikipédia en main, il me fallut vingt secondes pour trouver la réponse. Il s'agissait sans doute d'André Darrigade, vainqueur de cinq étapes du Tour 1958. Heureux de ma sagacité, je pus alors me tourner vers Madame Maigret, et, plastronnant tel un renard, lui demandai de me préparer un foie de veau en papillote, « Pour ce midi, oui, et fissa ! »