Humeur - Harvey comment ?

L'Equipe.fr
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Alors que la nuit tombait, surgit le grand questionnement. Quel programme pour la soirée ? Désireux d'ouvrir le débat, je proposai au choix, Bullit, extirpé de l'Intégrale Steve McQueen retrouvée sous forme de VHS dans le tiroir d'une commode, ou le film de nos vacances pascales à Bénodet, en 1977, un 16mm récemment numérisé que je me faisais fort de passer en boucle pour en allonger la durée. Il faut dire que j'y tenais un joli rôle, avec à propos et, trouvé-je, un certain charisme, notamment lorsque je me fracassais sur le rocher...

Mon épouse l'emporta de façon élégante en m'allongeant négligemment qu'entre le king of cool et moi, il y avait autant de différences qu'entre sa Tesla et mon haveneau à crevettes.

J'obtempérai, la mine grise... Et m'emparai mécaniquement d'un de ces derniers livres qui irisait ma table basse. Il s'agissait de la récente production de ce bon Bernard Morlino, ami scribe qui apporte à la littérature ce que l'élastique gaufre offre au slip kangourou, un maintien de la fertilité créative en même temps qu'un soutien moral à l'exception française. Afin, l'un comme l'autre, d'en limiter l'effondrement. Or, feuilletant son joli Vintage Automobile Club, voilà-t-y pas que je tombe sur une double page consacrée à l'acteur aux « yeux métalliques ».

« Si tu réparais plutôt la tondeuse ? »

Pas un branleur, McQueen, question cylindres et culbuteurs. De la caisse de sport, je le savais, de la moto aussi. Un dingue de vitesse, de grands espaces et de fureur, qui trouvait là un justificatif à sa vie. Dissimulé -un casque, des lunettes-, mais caché aussi derrière un nom d'emprunt qu'il utilisa pour contrecarrer les contrats d'assurances qu'Hollywood lui faisait signer, il disputa ainsi certaines courses de cross sous le nom de Harvey Mushman...

Sidéré par cette nouvelle, et donc moins con qu'avant lorsque le film se termina, je tentai de faire le hâbleur auprès de la matrone, façon vroum-vroum.

Son « Si tu réparais plutôt la tondeuse ? » me laissa pantois.