Humeur - L'humeur de l'année 2020

L'Equipe.fr
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Il régnait l'autre soir dans l'entreprise une effervescence inhabituelle. On dit « inhabituelle » par contraste avec ces temps de télétravail qui vident l'open-space et où seuls les « pfffrrrouit » des flacons de gel troublent notre quiétude laborieuse. Ce soudain regain d'euphorie, on le devait au bouclage de notre célèbre « Livre de l'année ». Chaque automne, l'ouvrage revient en textes et en images sur les grands moments de l'actualité du millésime. Et même si le sport - d'ordinaire - ne s'arrête jamais, la parution de l'ouvrage marque arbitrairement une pause bienfaitrice en décembre. C'est ainsi que vous pourrez le placer sous le sapin de Noël, une délicate façon de contenter un ami pour une somme somme toute modique.

Une délicate façon de combler un ami

Contemplatif de la ruche grésillante de mes camarades qui voletaient de droite et de gauche, qui peaufinant une légende, qui recadrant une photo, qui ajustant un ton de couleur, celui-ci courant ventre à terre à l'imprimerie, celui-là apportant une dernière touche à une couverture pourtant parfaite, je mis quelque temps à me poser la question : mais bon sang, qu'ont-ils bien pu mettre dans le « Livre de l'année » de l'année ? Les malheureux ! Il ne s'est rien passé ! En tout cas rien de sympathique ni digne d'imprimer pour ravir un lecteur, me surpris-je à penser.

Je me trompais lourdement. Il m'a suffi, pour me convaincre du contraire, de faire défiler dans ma mémoire les riches heures des onze mois écoulés. La mémoire de Kobe, le Dakar dans les dunes saoudiennes, Paris-Nice, Duplantis et sa perche, Paris en finale de la Ligue des champions, Roland-Garros en automne, comme le Tour de France, les Six-Nations en deux temps de jeu, et ce Vendée Globe qui répand sur tous les océans la grandeur du confinement. Et je me suis dit que 2020 n'avait rien à envier aux années précédentes et peut-être même, soyons un peu optimistes, rendra-t-elle jalouse 2021.